Suffrage universel

Publié le 2 Juin 2020

Faire le choix

de limiter le choix des autres,

n’est pas un choix,

mais une violence.

 

 

Remarque liminaire. Nous traversons une période où nos libertés furent contraintes massivement par l’enfermement de chacun pour vaincre une épidémie qui ne se marquera probablement pas ou peu sur les courbes générales des différents pays où elle fut la plus virulente, lorsqu’on fera le bilan annuel de la mortalité. Pour réussir cet enfermement, on a appliqué des méthodes d’il y a deux siècles, utilisant l’outil de la peur, de l’intimidation, de la coercition et de la propagande. (cf La fabrication du consentement de Chomsky et Herman.)

Celles et ceux qui se pencheront, demain, sur cette période incohérente, soulèveront ce constat assez effrayant : par la peur, on peut transformer l’être humain en mouton craintif qui restreint de lui-même, quasi spontanément, ses choix et ceux des autres, ce champ des possibles.

Nos « bourreaux » furent, quant à eux, des gens ordinaire, terriblement à notre propre image, c’est ce qui fit probablement leur plébiscite. Il n’y a pas de quoi être fier.

La maçonnerie fut, dans son ensemble, au minimum aphone, au maximum au diapason de cette hystérie collective, ceci explique sans doute cela. Non pas que son rôle soit de prendre position, il est autre.

Constats assez triviaux somme toute.

 

 

Mais ne soyons pas pessimiste et regardons notre histoire, il y a de belles pages.

Cet article complète l’article « 1894, le jeton des jours heureux ».

 

Nous sommes en Belgique en 1891. Le suffrage universel n'est pas acquis, loin de là, alors qu'il est d'application en France depuis 1848.

La question sociale était brûlante, les grandes grèves sanglantes de 1886 où la troupe a tiré, les bloody sunday, étaient dans tous les esprits, l'agitation sociale était permanente. La revendication principale est le suffrage universel.

 

Le 30 mars 1891, l’assemblée générale (le Convent) du Grand Orient de Belgique (GOB) eut lieu.

Ce Convent fut consacré à une seule question, et quelle question : le suffrage universel pur et simple pour tous nos concitoyens (on y discute aussi de la position de la femme).

Je vous mets en annexe le scan du compte-rendu de ce Convent. C’est un très beau document.

(NB: Le "F:. J... (Union et Progrès) repris dans le document est Paul Janson, alors président de la loge "Les Vrais Amis de l'Union et du Progrès réunis" de Bruxelles. Son fils, Paul-Émile Janson, fut 1er ministre, sa fille Marie Janson-Spaak fut la première femme parlementaire belge en 1921, donc avant que les femmes puissent voter, et son-petit fils était Paul-Henri Spaak, un des pères de l'Europe.)

 

Notons que le GOB était la seule obédience maçonnique des grades symboliques existant dans le pays à cette époque, il comptait une vingtaine de Loges. (Il s'agissait souvent de loges de moyenne à grande taille: par exemple, les "Amis Philanthropes" comptait environ 500 membres, et les "Vrais Amis de l'Union et du Progrès réunis" n'était pas loin de ce chiffre, l'une et l'autre de Bruxelles. C'était, il est vrai, les plus importantes.)

Le Grand Maître était alors Ernest Reisse (1890-92). C’était un courtier et un homme politique qui fit partie du Conseil de la Province du Brabant dont il assuma également la présidence.

 

 

Charles Buls. Fontaine qui se situe rue du Marché aux herbes au coeur de Bruxelles. Photo wikicommon.

 

La Ligue de l’enseignement et de l'éducation permanente.

 

Reisse fit partie, comme de nombreux autres Grands Maîtres du GOB de cette époque, de la Ligue de l’enseignement (Joseph Van Schoor, Pierre Van Humbeeck, Auguste Couvreur, Henri Bergé, Eugène Goblet d’Alviella, Charles-Auguste Houzeau de Lehaie).

La Ligue de l’enseignement fut un élément très structurant de la maçonnerie belge.

Il s’agit d’une vieille dame, toujours vivace, de plus de 150 ans. Ses statuts furent déposés le 16 février 1865 par ses deux promoteurs, fort jeunes à moment. Le plus jeune, Charles Buls , 28 ans, deviendra député et surtout bourgmestre de Bruxelles durant une petite vingtaine d’année. L’autre, de 10 ans son aîné, Auguste Couvreur, un gantois du milieu de la filature, devint député et président de cette Ligue. L’un et l’autre faisaient partie de loges bruxelloises, l'un des "Vrais Amis de l'Union et du Progrès réunis" et l'autre des "Amis Philanthropes".

Son propos est la défense de l’école officielle (organisée par les Pouvoirs publics) et la laïcité naissante en Belgique précisément au sein de ces écoles : « la propagation et le perfectionnement de l’éducation et de l’instruction en Belgique » revendiquant notamment l’obligation scolaire, sa gratuité et son indépendance vis-à-vis des aspects ecclésiastiques.

Elle créera une caisse, le "Denier des Écoles" qui viendra en aide financièrement, soit pour l'ouverture d'écoles, soit pour leur soutien lorsque l'Autorité locale s'y refusait. L' "École modèle", ouverte en octobre 1875, création directe de la Ligue de l'enseignement, reçut le soutien financier du Denier des Écoles.

Rappelons que l’obligation scolaire est une idée très liée au suffrage universel. Ceux qui allaient voter devaient posséder un minimum d’éducation. Ce fut utilisé comme argument par beaucoup pour retarder l'adoption du suffrage universel. En Belgique, ces deux éléments de progrès avancèrent de concert. L’obligation scolaire intervint juste avant l’entrée en guerre, en 1914, et le suffrage universel sans condition juste après la fin de cette guerre, en 1919. (Tout cela est très tardif par rapport à d’autres pays, comme la France.)

 

Un trio se conjugue, dans la mesure où on trouve souvent les mêmes personnes dans les trois organisations : la Franc-maçonnerie – la Ligue de l’enseignement (très décentralisée) – et les Ligues de la Libre pensée (sociétés rationalistes), fondées en 1863 par un autre Grand Maître du Grand Orient, Henri Bergé (1875-77 & 1881-83 & 1896-98), professeur de chimie à l’Université libre de Bruxelles. À cela s'ajoutent des liens forts de ces 3 organisations avec l'Université libre de Bruxelles.

 

Une des réussites majeures de cette jeune Ligue de l’enseignement fut la mise en place d’un enseignement pour jeunes filles dans un but d’émancipation, sous l’impulsion d’Isabelle Gatti de Gamond, la première femme belge franc-maçonne. Le premier lycée/athénée de ce type à Bruxelles, sans cours de religion, porte aujourd’hui son nom. Il fut ouvert l'année qui précède la création de la Ligue, en 1864. Les écoles de ce type furent vigoureusement combattues par l'épiscopat qui usa parfois d'excommunications. (Pirotte-Bourgeois) La renommée des Athénées et Lycées de la ville de Bruxelles doit beaucoup à cette époque, qui, par ailleurs, étaient les pourvoyeurs principaux d'étudiants à l'Université libre de Bruxelles (un des moteurs de ces Ligues).

 

Tout ceci se fait sur fond de guerre scolaire, d’une rivalité sans merci entre les deux pôles.

« Aucune question sans doute n’illustre mieux l’importance, dans la vie politique belge, des controverses idéologiques, ni ne met davantage en évidence le poids du passé que celle qui, depuis près de deux siècles, rebondit de gouvernement en gouvernement à propos de l’école. On peut admirer dans cette permanence la fidélité aux principes, ou regretter que les querelles du passé continuent à hypothéquer les solutions de l’avenir. Il faut bien constater que, en Belgique comme en France du reste, tout ce qui touche à l’école demeure affecté d’un fort coefficient passionnel . » (Lory, introduction; repris par Perceval)

 

Pierre Van Humbeeck. Jeton commémoratif de son installation comme Grand Maître du GOB.

 

La guerre scolaire

 

*La guerre scolaire débute avec l’indépendance belge où l’enseignement catholique retrouve une place à côté de l’enseignement public, seul admis sous le régime des Pays-Bas unis.

Ceci est parfaitement illustré, d’un côté par la création de l’Université catholique de Malines (qui deviendra de Louvain quelques années plus tard), le 4 novembre 1834, et 15 jours après (le 20 novembre 1834), de l’autre côté, une création maçonnique, l’Université libre de Belgique (qui deviendra de Bruxelles quelque temps après). Ces deux Universités rivalisèrent en injures, disputes, coups tordus, influences et actes politiques, mais aussi compétitions et émulations pendant plus d’un siècle (de Brouwer et Lagasse).

 

*Puis nous avons la loi Nothomb du 23 septembre 1843 sur l’enseignement (qui ressemble dans ses éléments généraux à la loi Guizot de 1833 en France), suivi de la convention d’Anvers par Arrêté Royal de 1854.

 

Extrait du livre sur l’histoire de la loge 'La Bonne Amitié' (à paraître) :

« La Convention d’Anvers de 1854 fait suite à une négociation ardue entre les évêques et le nouveau gouvernement libéral qui entendait limiter la pression politique sur la question de l’enseignement et surtout de l’enseignement public. En résumé, les cours de religion, ainsi que les manuels pour ces cours sont exclusivement du ressort diocésain. De plus, « Dans les autres cours, il ne sera fait usage d’aucun livre qui serait contraire à l’instruction religieuse », en d’autres termes l’évêché a un droit de regard et de veto sur l’ensemble des livres scolaires. D’autres dispositions comme les prières au début et en fin de cours sont prises ou un droit de regard par le délégué désigné par le diocèse sur la désignation des enseignements : « la nécessité de mettre l'instruction en harmonie avec les principes de la morale chrétienne ».

 

Cette convention d’Anvers va déclencher une lutte acharnée des loges pour son abrogation, dont celle de Namur ("La Bonne Amitié"). Lorsqu'on regarde ce qui se passait à Namur, c'était une lutte pour le contrôle du pouvoir organisateur de l'Athénée de Namur et la mise en place des idées de la Ligue de l'Enseignement, lutte où la loge locale apparaissait le centre de coordination de tous les efforts. On est vraiment dans la période politique de la franc-maçonnerie belge. (voir également Miroir)

N'oublions pas que l'année 1854 est l'année de l'abrogation de l'article 135 des statuts et règlements du GOB qui interdisait la discussion politique au sein des loges:

« Dans la Maçonnerie, où l'abrogation de l'article 135 du règlement du Grand Orient donne une forte impulsion aux travaux touchant à l'amélioration matérielle et morale des classes populaires, la question de l'obligation scolaire suscite de nombreuses discussions qui aboutissent à la rédaction, en 1860, des fameux 'Mémoire des loges belges sur l'instruction obligatoire et projet de loi. » Lory, p 447.

 

*Avec la victoire des libéraux aux élections de 1878, viendra la loi Van Humbeeck du 1 juillet 1879. (Pierre Van Humbeeck était devenu ministre de l'instruction publique, ministère qui fut créé à cette occasion pour la première fois; avant cela, il avait été Grand Maître du GOB de 1869-71.) La tendance était inversée de façon assez radicale. Cette loi provoqua une guerre scolaire ouverte.

Manifestation à Bruxelles contre la nouvelle loi scolaire de 1884.

 

*Avec la victoire des catholiques aux élections de 1884, la loi Jacobs de 1884 ré-inverse en partie les dispositions. L'administration de l'enseignement mis en place par le ministère précédent restera, même s'il n'y a plus de ministre de l'enseignement, et toute une série d'améliorations pédagogiques seront maintenues, développées et intégreront progressivement également l'enseignement catholique. Cette loi sera suivie de la loi Schollaert de 1895, puis une tentative d’approfondissement avec le «bon scolaire » en 1811. Cette tentative avorta devant la montée en puissance de la « gauche », (sans doute aussi, pour partie, des associations catholiques ouvrières qui précèdent d'ailleurs leurs homologues socialistes. Leclercq-Paulissen), enfin organisée en Belgique et des troubles que cela engendra. Le loi du 19 mai 1914 organisait enfin l'instruction obligatoire. La guerre scolaire ne se terminera qu’après la deuxième guerre mondiale avec le Pacte scolaire de 1958.

 

 

Le suffrage universel.

 

Le régime de vote était censitaire (ceux qui pouvaient payer le cens, ce qui correspond à un seuil d'imposition). Il avait été élargi aux capacitaires en 1883. Les capacitaire étaient ceux qui pouvaient démontrer un niveau d'instruction et/ou de position (médecins, notaires, officiers supérieurs, avocats, ...).

Les années 1890 étaient difficiles pour la maçonnerie belge. Les dissensions en son sein étaient, à cette époque, très réelles, entre les radicaux et les progressistes. Le meilleur exemple est sans doute la scission en deux parties égales de l’importante loge bruxelloise, les « Amis Philanthropes » en février 1894. D’un côté nous aurons Goblet d’Alviella et de l’autre Henri Lafontaine, prix nobel de la paix. Mais aussi, selon la même ligne de fracture, la scission, là très inégalitaire, de l’Université libre de Bruxelles avec l’apparition de l’Université nouvelle (où Henri Lafontaine enseignera), toujours en 1894, suite aux affaires Dwelshauvers et Reclu qui prennent place entre 1892 et 94 (de Brouwer et Lagasse).

 

Pourtant, l’idée du suffrage universel, pur et simple, pour les hommes, avait fait son chemin dans l’esprit d'une majorité et, malgré les résistances, devint, avec ce Convent, une revendication portée par la franc-maçonnerie belge. On y discute également du droit de votes des femmes, de l'obligation et de la gratuité de l'enseignement. Par contre le principe de la proportionnalité n'est pas encore mûr. Il faudra attendre 1899 pour que ce soit réalisé (cf l'article: 1894, le jeton des jours heureux).

C’est en cela que le document repris en annexe est de qualité. Il relate les débats du Convent sur l’objet, ce qui nécessitait une « révision » de la Constitution belge (le terme révision du document veut dire cela). Cette révision demandait une majorité des 3/4 qui transcendait le clivage catholiques-libéraux.

 

Finalement, les catholiques, revenus au pouvoir, négocièrent et obtinrent cette révision en 1894, mais pas sans condition. Le suffrage universel plural était né (selon la position sociale et familiale de l’électeur masculin, il avait droit de 1 à 3 voix). Le suffrage universel pur et simple, en Belgique, devra attendre la fin de la première guerre, en 1919. Et le suffrage universel ne sera acquis aux femmes qu’en 1948, alors qu'il l'était depuis 1919 aux Pays-Bas voisins.

 

®KADOC-KU Leuven, PSC. In "Suffrage", publication du Sénat belge.

 

Les conséquences, non prévues, de cette modification, furent très réelles pour la franc-maçonnerie belge. Très présente politiquement avec le vote censitaire (Bartier), elle perdit définitivement cette position dans l’espace politique. Bien entendu, cette modification ne se fit pas sans tension en interne. On peut penser que les germes de la fracture de la maçonnerie belge de décembre 1959, sont plantées à ce moment. (Chr. de Brouwer, Les débuts du Souverain Collège du Rite Écossais pour la Belgique, 2016 ; disponible sur demande.) Elle imposa une mutation qui se fera graduellement, me semble-t-il, à la fois vers une recherche plus traditionnelle de ses origines et mode de fonctionnement, et vers une radicalisation plus prononcée des idées, favorisée non seulement par l’émergence du mouvement ouvrier de plus en plus cohérent et unifié, mais aussi par l’absence de la nécessité de compromis qui étaient auparavant nécessaires lorsque la franc-maçonnerie était plus directement impliquée aux affaires.

 

La période de la franc-maçonnerie politique se terminait.

 

Le document en annexe, d’époque, nous expose, sans fard, les difficultés de l’extériorisation, du débat politique en loge, de la nécessaire liberté de jugement et d’action des francs-maçons qui ont des responsabilités politiques (députés, sénateurs, ministres, etc.) par rapport aux motions maçonniques et des malaises que cela a pu générer.

Le moins qu’on puisse dire, est que ces questions sont toujours parfaitement d’actualité aujourd’hui.

 

 

Mais ce bouillonnement maçonnique permettra une augmentation du champ des possibles, et donc des choix pour celles et ceux qui ont décidé d’y adhérer. Il n’y avait plus une maçonnerie, mais des maçonneries et ce mouvement n’a fait que s’accentuer. La franc-maçonnerie est aujourd’hui extrêmement diverse, plurielle. C’est fort bien ainsi.

 

Grêve au pays noir (Charleroi) en 1886, de Robert Koehler. Deutsches Historisches Museum. Image wikicommon.

 

Références.

  • John Bartier. La franc-maçonnerie et les associations laïques en Belgique. In Histoire de la Laïcité. La renaissance du Livre, 1979, pp 176-200.

  • Jean Leclercq-Paulissen. Les grands combats: l'émancipation politique et la guerre scolaire en Belgique. In Histoire de la Laïcité. La renaissance du Livre, 1979, pp 123-148.

  • Jacques Lory. Libéralisme et instruction primaire 1842-1879. Introduction à l'étude de la lutte scolaire en Belgique. Nauwelaert, Louvain, 1979.

  • Collectif. Histoire de la Ligue de l'Enseignement et de l'Éducation Permanente, 1864-1989. Ligue de l'enseignement, 1990.

  • Marie-Louise Pirotte-Bourgeois. L'accès des jeunes filles à l'athénée. In Libre pensée et pensée libre: combats et débats. Éditions de l'Université libre de Bruxelles, 1996, pp 121-38.

  • André Miroir. Libéralisme, franc-maçonnerie et conflit scolaire. Le retrait de la convention d'Anvers à l'athénée de Namur (1859). In Libre pensée et pensée libre: combats et débats. Éditions de l'Université libre de Bruxelles, 1996, pp 67-86.

  • Witte, Gubin, Nandrin, Deneckere. Nouvelle Histoire de Belgique, 1830-1905. Éditions Complexe, 2005.

  • Christophe de Brouwer, Raphaël Lagasse. Pierre-Joseph Proudhon et l’Université Libre de Bruxelles, un double anniversaire. Éditions de l’UAE, 2013.

  • Roland Perceval. La Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation permanente 1864-2014 : 150 ans de lutte pour la défense de l’enseignement officiel. Cahiers Bruxellois – Brusselse Cahiers, 2015/1 (XLVII), pp 244-61.

  • Sénat belge. Le Suffrage universel pur et simple. 100 ans pour les hommes, 70 ans pour les femmes. 2019. https://www.senate.be/home/sections/geschiedenis_en_erfgoed/AES-SU/art-1_fr.pdf

  • Christophe de Brouwer. La Loge namuroise « La Bonne Amitié » et le Rite Écossais Primitif. À paraître.

 

Convent du Grand Orient de Belgique du 30 mars 1891, uniquement consacré au suffrage universel.

Rédigé par Christophe de Brouwer

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