Suprême Conseil dit "militaire" de 1817 en Belgique.

Publié le 20 Octobre 2021

L’apport du Suprême Conseil dit militaire dans la création du Suprême Conseil historique de Belgique en 1817.

 

Au début du mois d'octobre 2019, j'étais à Paris, à la rue Cadet, au siège du "Grand Collège des Rites - Suprême Conseil", pour une journée consacrée à Alexandre François Auguste de Grasse-Tilly (1765-1845) et son apport dans la naissance des Suprêmes Conseils du rite écossais ancien (et) accepté au début du XIXè siècle. Je présentais la partie belge (qui faisait alors partie du Royaume des Pays-Bas), en l’occurrence la naissance, en 1817, de deux Suprêmes Conseils à Bruxelles, dont surtout le Suprême Conseil dit "militaire" parce que lié à Grasse-Tilly. Ces deux Suprêmes Conseils fusionneront fin de cette même année pour donner le Suprême Conseil des Pays-Bas, puis de Belgique "historique", lequel est donc le tronc unique des Suprêmes Conseils/Souverain Collège masculins que nous connaissons aujourd'hui en Belgique.

 

Des documents très intéressants sur cette période nous ont été apportés par les "archives de Moscou" (CEDOM-Bruxelles), d'autres se trouvent à la BnP (à Paris).

C'est cet ensemble qui a permis de construire le propos et de mieux comprendre l'apport du Suprême Conseil dit "militaire" de 1817, qui est une création patentée par Grasse-Tilly.

 

Histoire passionnante que je vous propose à travers la publication (de fin juillet 2021) des actes de cette journée, publiés en deux volumes dans les "Essais Écossais volume n°22".

 

Pour les retro-actes, je vous convie à cet article que vous trouverez sur ce blog: "1817, apparition du Suprême Conseil des Pays-Bas réunis".

 

Cet article est suivi d'une note concernant la création du Souverain Collège du rite écossais, juridiction de hauts grades la plus importante en Belgique et sa filiation sur ce tronc commun.

 

Je vous présente ici l'introduction (début) et la conclusion de cette conférence.

 

Archives de Moscou - Bruxelles - CEDOM.

Un grand merci au CEDOM pour sa collaboration dans ce travail.

 

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Introduction

 

Le Suprême Conseil historique de Belgique procède d’une double filiation. En effet, en 1817, deux Suprêmes Conseils furent créés, qui fusionnèrent fin de cette même année pour donner la juridiction qui dominera les hauts-grades en Belgique jusqu’en 1960, le Suprême Conseil de Belgique, depuis source des différentes juridictions masculines de type R.E.A.A. qui existent aujourd’hui dans le pays. [...]

 

Le schéma français est tiré de Guglielmi & Mollier, L’Écossais 18-19, 2015.

 

 

Conclusions

 

Loin de l’hagiographie qui entoure le Suprême Conseil des « Amis Philanthropes » que l’on considère souvent comme l’unique source du R.E.A.A. en Belgique, l’apport du Suprême Conseil « militaire », créé par le Suprême Conseil d’Amérique à Paris, de Grasse-Tilly, apparaît tout aussi essentiel.

Non seulement, il apporte, et des loges et chapitres à caractère militaire, et des membres actifs au Suprême Conseil des 33e de Bruxelles, mais surtout il stabilise et intègre ce Suprême Conseil des Pays-Bas unis dans le concert des loges de la partie méridionale du pays, grâce aux personnalités qui le composent et qui sont des proches ou même des acteurs du pouvoir central, alors que les principaux membres 33e « Amis Philanthropes » sont, pour beaucoup, des proscrits français que l’on tolère sur le territoire. Même si généralement ils furent plutôt bien accueillis, un nombre important de réfugiés français après Waterloo furent regardés comme suspects, et certains refoulés du pays. Ils faisaient peur au nouveau régime, et se retrouveront surtout en Angleterre, éventuellement en Suisse ou aux États-Unis. Un bel exemple est celui du général Dominique Vandamme, qui couvrit la retraite de l’armée de Grouchy après Waterloo dans sa traversée de Namur. Exilé en 1816, il se réfugia d’abord à Gand. Expulsé, on le retrouve à Philadelphie en 1817. Nous pouvons également citer le général Frédéric-François Guillaume de Vaudoncourt, franc-maçon, qui, averti à temps, réussit à gagner l’Angleterre alors qu’il allait être arrêté sur le sol belge.

Les relations internationales maçonniques se firent naturellement vers ceux qui avaient créé la partie « militaire », le Suprême Conseil d’Amérique de Paris, puis son successeur, le Suprême Conseil de France, et ce, manifestement, sans contestation interne. À l’inverse, le Grand Orient de France apparaissait, lors des premières années du nouveau royaume, comme une gêne aux efforts d’ « amalgamation » de la franc-maçonnerie voulue par le roi et qui fut un échec.

Une histoire manifestement à redécouvrir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Christophe de Brouwer

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