Saint Andrew Lodge

Publié le 13 Janvier 2015

 

Dans notre petit tour aux États-Unis, je vous propose une étape à la Loge Saint Andrew de Boston. Cette loge a montré durant sa longue vie, envers et contre tout, fait probablement unique aux États-Unis, dès le XVIIIème, une relation favorable aux francs-maçons noirs d'Amérique et à l'Obédience de Prince Hall.

 

Loge singulière, pas très nombreuse dans ses débuts, dont l'histoire se confond avec l'Histoire.

 

Le Massachusetts, et sa capitale Boston, située dans le nord-est des États-Unis, pas très loin de New-York, est un lieu de culture. Son Université -Harvard- est la plus célèbre au monde, son Institut des technologies ne l'est pas moins (MIT : Massachusetts Institute of Technology). Boston fut fondée en 1630 et devint la capitale de la Nouvelle-Angleterre.

 

 

Paul Revere

 

 

La maçonnerie fut précoce, la loge Saint John, dépendante de la Grande Loge des "Moderns" de Londres, fut fondée en 1733, avec ensuite une Grande Loge provinciale des Moderns, dite également Saint-John.

 

 

C'est vingt petites années plus tard, en 1752, que la loge Saint Andrew se créa. Deux ans plus tard elle demanda des patentes de constitution à la Grande Loge d'Écosse. Elle sera donc de style "Ancients". Elle les reçut en 1756. Ses relations avec sa Grande Loge vont être fortes et mutuelles pendant une cinquantaine d'année.

 

En 1769, elle va créer, à la fois un Chapitre où elle placera les grades complémentaires qu'elle pratiquait en son sein, et une Grande Loge provinciale dépendante de la Grande Loge d'Écosse.

 

Ses rapports avec les Moderns furent tendus, ces derniers refusant de les reconnaître et d'avoir des contacts. Rien n'y fit, malgré le fait que la Grande Loge d'Écosse entretenait des relations avec la Grande Loge de Londres des Moderns, tout comme avec celle des Ancients. Et ce n'est pas faute de soutien de sa Grande Loge qui fit ce qu'elle put pour rapprocher les « camps », ce que souhaitait la Saint Andrew.

 

C'est la révolution américaine (1775-83) qui sera déterminante dans le parcours de la Saint Andrew. Elle y pris sa part sans hésitation.

 

Suite à la fusillade de mars 1770 (le "massacre de Boston"), il y eut la "Boston Tea Party" de décembre 1773 où des membres de la St. Andrew prirent part. Ces événements sont préparatoires de la révolution américaine. Elle débute en 1775, et cette année-là, en avril, les insurgés vont assiéger la ville de Boston qui est batie sur une péninsule, en bloquant l'isthme. Les anglais pouvaient ravitailler la ville (environ 15 000 habitants à cette époque) par la mer. Mais finalement, ils l'évacuèrent en mars 1776. Boston ne fut plus inquiétée par la suite.

 

Boston Tea Party

 

Quelques jours avant le début du siège, en mars 1775, la premier noir, Prince Hall, ainsi que 15 autres compagnons, avaient été initiés à Boston par une loge régimentaire anglaise. L'année suivante, en 1776, l'African Lodge n°1 était créée.

 

Le 8 mars 1777, en pleine guerre, la Grande Loge provinciale écossaise (de Boston) se proclama indépendante de sa Grande Loge mère, sous le nom de Massachusetts Grand Lodge. C'est la première à le faire dans les 13 Colonies, les autres suivront.

 

… et sa loge constitutive, la Saint-Andrew, ne la suivra pas et s'isola pour rester fidèle à sa Grande Loge mère écossaise. Ce n'était pas un défaut de patriotisme, bien au contraire, et elle était fortement respectée pour cela. C'était une sorte de devoir de fidélité, en tout cas, c'était ainsi qu'elle l'exprima.

 

 

Ce ne fut qu'en 1809 que la St Andrew proposa sa démission à la Grande Loge d'Écosse qui la lui accorda. Néanmoins, ses locaux, la Green Dragon Tavern (que l'on retrouve sur le bijou de la loge), qui les avait vu naître et qu'ils avaient racheté le 31 mars 1764, resta le lieu de réunion de la Loge, de son Chapitre et de la Grande Loge du Massachusetts, qui fusionna avec celle des Moderns en 1792. Notons que ce fut Moses Michael Hayes (1739-1805), un successeur et chaînon essentiel d'Estienne Morin dans la diffusion du « rite de Perfection » aux États-Unis, qui en fut le Grand Maître de 1788 à 1792.

 

 

 

Joseph Warren

 

L'article précédent traitait d'un graveur, Henry Dawkins. Paul Revere (1734-1818), fils d'un huguenot (Appolos Rivoire) venu à Boston à l'âge de 13 ans, fut un autre graveur, orfèvre et même dentiste (!), c'est probablement ainsi qu'il connut le Dr Joseph Warren (1741-1775, médecin et général-major des insurgés), l'un et l'autre membre de la Saint Andrew. Warren fut le premier Grand Maître de la Grande Loge provinciale écossaise. Il fut tué durant la bataille de Bunker Hill à Boston en 1775, devenu un lieu maçonnique mythique que Lafayette visita (vous retrouverez ces héros dans le récent feuilleton télévisé portant sur la révolution américaine : "Sons of Liberty").

 

Paul Revere eut sa part dans la "Boston Tea Party" comme un des responsables de l'action, et Cécile Revauger évoque sa chevauchée de 1775 pour avertir les troupes insurgées. Le "Midnight Ride" reste un haut fait du début de la révolution américaine. Une statue célèbre cette chevauchée épique. C'est lui qui aurait imprimé la première monnaie américaine en 1778.

 

Sur le plan rituélique, il est difficile de se faire une idée de l'apport de cette loge. Notons cependant que Thomas Smith Webb, l'auteur du « Moniteur », document important du « Rite américain », dit rite de York, était originaire de Boston. Son père, Samuel Webb, était un franc-maçon de Boston. Un Samuel Webb fut admis à la Saint-Andrew en 1769, c'est très probablement le même. Mais cela est une autre histoire.

 

Première monnaie américaine

 

 

Références

 

  • Cecile Revauger. Le fait maçonnique au XVIIIè siècle en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Edimaf, 1990

  • Coil's masonic encyclopedia, 1961.

  • A centennial Memorial. The Lodge of Saint Andrew and the Massachusetts Grand Lodge. Boston, 1870.

  • Thomas Smith Webb. The Freemason's Monitor, or illustrations of Masonry. 1ère édition en 1797.

 

 

 

 

Bijou de la Saint Andrew Lodge, avec son dragon !

Bijou de la Saint Andrew Lodge, avec son dragon !

Rédigé par Christophe

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