Rite écossais Primitif, quelques considérations (2)

Publié le 30 Mai 2023

10 articles explorent ce Rite et ses rituels. Celui-ci est le second de présentation générale. Les autres, centrés sur les grades, se suivent à au moins un mois d'intervalle. Bonne lecture.

Le Rite Écossais Primitif (1), dit de Namur, présentation.

Le Rite Écossais Primitif (2), dit de Namur, présentation.

Le Rite Écossais Primitif (3). Étude des trois premiers grades.

Rite Écossais Primitif (4). Maître Parfait (4e grade).

Rite écossais primitif (5). Les grades de la maçonnerie ancienne et renouvelée (5e au 22e)

Rite écossais primitif (6). La Maçonnerie de la « Haute Science » (23e au 28-29e grade)

Rite écossais primitif (7). Grand Élu de la Vérité, 29e grade.

Rite écossais primitif (8). Novice-Chevalier de l'Intérieur, 30e-31e grades.

Rite écossais primitif (9). Préfet de l'Intérieur, 32e grade

Rite écossais primitif (10). Commandeur de l'Intérieur, 33e grade.

 

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Courrier au GODF de demande d'affiliation du 24 juin 1808.

Courrier du 24 juin 1808 de demande d'affiliation de la loge la Bonne Amitié de Namur au Grand Orient de France (BnF).

 

 

Un Rite identifiable depuis 1808 ?

(1808 est l'année d'agrégation de la loge namuroise au Grand Orient de France.) 

 

Le terme et donc le « rite écossais primitif » (dit de Namur) est-il identifiable depuis 1808 (ou même peut-être avant) ?

Quels sont les éléments qui nous permettent de l’avancer ?

 

1. Dans le premier volume de sa magistrale compilation : « Les Annales chronologiques, littéraires et historiques de la maçonnerie des Pays-Bas », (en 5 volumes publiés entre 1822 et 1826, couvrant les années 1814 à 1822.[1]), Auguste de Wargny (il est contemporain de ce qu'il écrit) affirme que la loge « La Bonne Amitié » « professait exclusivement le rite dit écoss primitif […]. Le Grand Orient de France ne l'avait d'ailleurs jamais reconnu que sous ce seul rite et jamais sous celui dit moderne ou anc ref ».[2] Or, la loge namuroise fut officiellement agrégé au GODF en 1808.

 

2. Quels sont les grades pratiqués à Namur à l’époque (1808-1810) ? On peut relever sur les différents documents, outre les trois grades symboliques, ceux de :

 

  • Commandeur de l'Intérieur (signatures sur la demande d'affiliation de 1808 et autres documents, dossier de la loge La Bonne Amitié à la BnF, et en bas du règlement daté de 1809)

  • Préfet de l'Intérieur (signatures en 1810 BnF)

  • Chevalier de l'Intérieur = palier (signatures sur la demande d'affiliation de 1808 et autres documents, (dossier Bonne Amitié BnF, et Règlement 1808, et en bas Règlement 1809 et art 465 dudit règl.) = nec plus ultra

  • Grand Écossais de St André = palier (Règlement 1808 et Règlement 1809, et art 465)

  • Chevalier de l'Aigle noir (signature en bas du Règlement 1809)

  • Sublime écossais (signature dossier BnF) (1810)

  • Rose croix = palier (signatures et règlements)

  • Noachite = (signature dossier BnF) (1810)

  • Chevalier Orient = palier (Règlement 1809, art 152)

  • Maître Écossais = palier (Règlement 1809, art 153)

  • Écossais (signature dossier BnF) (1810 ?)

  • Maître Élu = palier (Règlement 1809, art 153)

 

Nous voyons ainsi s'esquisser à travers divers documents d’époque ce Rite Ecossais Primitif de Namur. La mise en série des deux systèmes (Rose-Croix & Ordre Intérieur de Stricte Observance) semble acquise avec le règlement de 1809. Quand cela a-t-il été effectivement réalisé, nous ne le savons pas, mais l’ « ancien » règlement, dont copie datée de 1808 (manifestement d’ancien régime puisqu'on y fait mention de la Grande Loge et non d'un Grand Orient, art. 4) montre que la loge pratiquait un système Rose-Croix et un système Stricte Observance (l'Intérieur). Étaient-ils, au XVIIIe siècle, déjà placés en série ou étaient-ils toujours en parallèle ? Il me semble, selon le cas (la provenance du membre militaire*), que les deux formules devaient être pratiquées:

 

Pour bien comprendre ce règlement d'ancien régime, dont une copie est envoyé au GOdF en 1808 lors de la demande d'affiliation, il faut se souvenir que la Grande Loge provinciale des Pays-Bas autrichiens du marquis de Gages ne reconnaissait, comme nec plus ultra, que le Rose-Croix (et donc pas les grades templiers). Il fallait donc que la Loge jongle de son règlement avec cette autorité sous laquelle elle s'était placée en 1777.

art. 4: ... enfin pour le bien de l'Ordre et de la subordination que les frères sachent que toute la puissance et l'autorité résident dans le Souverain Chapitre de Rose-Croix, et le Maître en Chaire, qui ne reconnaissent d'autres supérieurs que la Grande Loge sous les auspices de laquelle on travaille."

art. 29: " La taxe pour tous les grades supérieurs à celui de Maître jusqu'au Rose-Croix inclusivement sera fixée par le Souverain Chapitre, qui reste aussi chargé de celles des Grades de Grand-Écossais de Saint André, et de l'Intérieur qui est le nec plus ultra de la Maçonnerie, s'il se trouve des Roses-Croix qui sont décorés de ces deux derniers grades, et au cas contraire elle appartiendra exclusivement aux FF:. de ces deux derniers grades." [3]

 

*Rappelons que la place de Namur était à cette époque occupée par des militaires sous l'autorité des Sept Provinces Unies, en d'autres termes des militaires protestants venant de divers pays, Écosse, Angleterre, Allemagne, Suisse et des Sept Provinces Unies. La loge de Namur se répartissait, quasi à part égale, entre membres locaux catholiques assez stables et militaires protestants, qui venaient et quittaient la loge selon les casernements.

 

3. En tout cas, dans le règlement de 1809, concernant la section consacrée au Comité supérieur (archives de la loge), nous trouvons en effet :

Art 465 : Le Comité supérieur est composé :

1e des trois lumières

2e de l'ex-vénérable

3e des Chevaliers de l'Intérieur

4e des Grands Écossais de Saint-André

5e des Rose-Croix

 

Art 466 : Outre les attributions précitées, il est chargé spécialement de la haute Police de la Loge, c'est le défenseur des règlemens, il veille à leurs exécutions, il a seul le droit de les interpréter, il prononce sur les Compétences, et fait des arrêtés réglementaires dans les cas imprévus.

 

4. Dans les archives d’une autre vieille loge, les « A.P.I. », se trouvent plusieurs feuillets imprimés pour un « Hymne à la Bonne Amitié » réalisé par le R F Marchot pour être exécuté le 23 novembre 1812 et portant la mention « Rit primitif ».[4] C’est la première mention imprimée du terme « rit primitif » que je connaisse. Ceci est également important pour la datation des rituels manuscrits attribués à « Marchot », qui portent également la mention « Rit primitif » (voir plus loin).

 

5. Une autre mention d'époque du terme « Rite Ecossais Primitif » a été retrouvée dans les « Archives de Moscou » déposées au CEDOM (Bruxelles) : dans un petit fascicule « A tous ceux à qui l'asile de la concorde, le temple de la vertu, le foyer de la Lum furent ouverts. », publié par la loge « Les Amis Philanthropes » de Bruxelles, traitant du R.E.A.A., daté du 29 janvier 1815 [5] :

 

« Les At Belges suivent quatre Rits différens, savoir: le Rit Écoss Primitif et le Rit Écoss Ancien et Accepté ; le Rit Écoss Philosophique, et le Rit Français, ou Moderne. »

 

Nous sommes début 1815 : nous nous situons après l'abdication de l'Empereur mais avant les Cent Jours. Il semble donc assez évident que le terme Rite Écossais Primitif était entré depuis quelque temps dans les connaissances maçonniques de l'époque.

 

6. Avec une précision déroutante, Jean-Émile Daruty, dans son opus paru en 1879-80, à sa rubrique concernant spécifiquement Namur, (il réalise une entrée distincte concernant le rite primitif de Narbonne), avait écrit : « Le 14 septembre 1808, le Rite écossais Primitif et le Supr Cons de France ont décidé l'échange entre eux d'une correspondance fraternelle ».[6] On retrouve trace de ceci dans l’Abrégé historique écrit par Jean-Baptiste Pyron, c’est la source déclarée de Daruty, et publié en 1814 : « A la même époque du 14 septembre 1808, le Suprême Conseil de France et le Rite Primitif ont établi entre eux une ‘correspondance réciproque de leur estime mutuelle, et de l’union qu’ils s’empresseraient de consolider par tous les moyens qui seraient en leur pouvoir’ ».[7]

 

Sur l'événement lui-même, la chronologie apparaît correcte. Il se place peu de temps après la demande d’affiliation de la loge auprès du GODF (la demande d’affiliation est le 18 juin 1808). Dans la mesure où cette demande (voir plus haut), semblait concerner aussi un chapitre ‘templier’ compte tenu de la forme des signatures sur la demande d’ ‘affiliation’, il semble logique que ce fut la chambre dédiée aux grades qui suivent celui de Rose-Croix qui en fut chargé, c’est-à-dire le Suprême Conseil indivi du GODF.

La demande d’agrégation de la loge au GODF, selon le terme utilisé par l’obédience, a été traitée le 19 juillet et accordée par la Grande Chambre Symbolique le 6 octobre 1808. Les dates se répondent parfaitement et de Gavre se trouve à Paris à ce moment ; il peut donc traiter directement avec les différentes chambres du GODF.

 

Faut-il faire confiance à Daruty, qui est un historien précis, et qui dû faire la part des choses entre le rite primitif de Namur et celui de Narbonne dont il traite ailleurs (pp 263-4) ? En effet, le Rite Primitif des Philadelphes (de Narbonne) avait été agrégé au GOdF en mars 1806. Sur l’événement lui-même, s’agissant de Namur, il ne semble donc pas y avoir confusion, ni pour Daruty, ni pour Pyron.

 

7. Mais sur le terme ‘primitif’, il pourrait y avoir une confusion, peut-être entretenue par le prince de Gavre lui-même ? En effet dans son discours « historique » prononcé au Grand Chapitre de Namur le 1er juillet 1818, il fait plus qu'une allusion à Narbonne :

« Dans le moment de la terreur en France, une ferme qui jadis avait appartenu aux Templiers, et qui était passée à l'Ordre de Malte, fut vendue, près de Narbonne, à un particulier de cette contrée.

Vous savez tous, mes FF que les grandes fermes qui ont appartenu à un ordre religieux

avaient une petite chapelle, qui ordinairement était dans une tour. L'acquéreur en démolissant cette tour, trouva sous un double plancher une foule de vieux documents écrits sur parchemin. Ne pouvant déchiffrer ces anciens caractères, il les porta à Narbonne à un individu qu'on lui dit d'être assez instruit pour pouvoir les lire. Cet homme les prit pour les examiner. C'était un de nos FF.

Quel ne fut pas sa surprise en découvrant dans ces papiers, qu'il croyait n'être que des titres, les notes les plus intéressantes sur l'Ordre du Temple. […] Ce Frère s'occupait à transcrire ces précieux documents historiques, et craignant que la Terreur, qui régnait alors en France, ne vint troubler son travail, il voulut sauver ses premières découvertes. Il les adressa à l'un de nos plus ill F de Paris (le FM Thory au GrM O.M.). Il promettait d'envoyer successivement la suite de ces mémoires. Mais ces premiers fragments furent les seuls qui parvinrent ; le malheureux Fr fut bientôt compté au nombre des victimes de la Révolution, et quelque recherche que l'on fit depuis, on ne put recueillir aucun renseignement ultérieur sur le sort de ces papiers ».[8]

 

Notons que Charles-Alexandre de Gavre connaissait bien Claude-Antoine Thory[9] qui lui a sans doute raconté cette histoire. Un exemple de leur relation : lorsque le neveu de Thory fut initié à la loge Saint-Alexandre du Contrat Social à Paris, le 6 mars 1812, Thory se démit, pour cette occasion, de sa fonction de vénérable maître en faveur de De Gavre qui officiait :

« Le R.f. De Gavre exerçant les fonctions de Ven. a procédé à cette initiation avec la dignité qui lui est personnelle et qu'il a constamment fait régner dans toutes les formalités de la réception. Il a captivé l'attention de tous les membres & par cette manière & par la clarté et la pureté de morale qu'il a mises dans les questions et les instructions.»

 

8. Pour rappel, nous avons les Nova Instituta Secreta contenues dans le livre d'Or de St-Laurent, dont mention lors de l'article précédent de présentation du Rite écossais Primitif. Ceci nous fait remonter, le cas échéant, à la fin du XVIIIe et/ou aux toutes premières années du XIXe siècle.

 

Vous trouverez ici un essai de datation de l'introduction de la Stricte Observance à Namur.

 

Wargny; Annales; Tome 1, p.357.

 

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Le « Rite Primitif » pratiqué par la loge nivelloise « Les Amis Discrets »

 

 

La loge « Les Amis Discrets » à l'Or  de Nivelles (Brabant) demanda au GOdF le 2 avril 1811 un cumul de rite pour le « rit écos » (permis depuis le décret du 13 septembre 1809). La motivation invoquée est la suivante : « On observe que la Loge étant affiliée à plusieurs at voisins qui professent ce rite, il lui semble que la demande proposée est de nature à être prise en considération. ». (BnF Dossier « Amis Discrets », FM2 556). Mais de quel rite écossais s’agissait-il ? Dans la mesure où la loge namuroise (avec celle de Charleroi « Les Vrais Amis de la Vertu », qui disparaîtra avec l'Empire) est la plus proche de Nivelles et que cette loge de Nivelles sera l’une des quatre loges belges qui pratiquera le Rite primitif durant les périodes hollandaise et belge, c'est peut-être bien de ce rite dont il s'agissait ?

 

Ces différents éléments concordent assez pour qu’on puisse affirmer une cohérence dans la construction progressive du rite. Remarquable est le fait que tous les grades de John Cunningham que l'on trouve sur le certificat Roquet de 1768 émanant de « La Bonne Amitié » (connue à l’époque sous le nom de « Parfaite Union de Namur »), se retrouvent quasi dans les mêmes termes, dans le rite, tel qu'il apparaît au début XIXe siècle, y compris le grade de Chevalier de l'Aigle noir !

 

Notons enfin que le Règlement de 1809 confirme la place des surveillants que le mémoire de Maloteau de 1776 avait indiquée : « le 1er surveillant en avant de la colonne du midi, à l'occident. Le 2d Surv en avant de la colonne du nord, à l'occident. » (art. 157). Cette disposition sera reprise telle quelle dans les publications ultérieures du règlement.

 

Et pour en terminer avec ce Règlement, une anecdote. L'habitude actuelle veut que les maîtres de la loge portent une écharpe (bleue), mais sans tablier. ‘Habitude’ souvent critiquée. Il ne s'agit en fait pas d'une ‘habitude’, mais d'une ‘tradition’ oubliée. En effet l'article 21 du règlement de 1809 disposait des décors des maîtres : « Les ff  de l'Atelier qui ont le troisième Grade sont décorés d'un large ruban bleu moiré en écharpe descendant de droite à gauche. » Il n'y a pas d'autre obligation vestimentaire !

 

Si l’on prend la gravure imprimée à l’occasion de l’installation en 1818, de la Grande Loge d’administration méridionale du Grand Orient des Pays-Bas, on verra que c’est un usage généralisé pour l’époque.

 

Dernière indication intéressante, les couleurs portées par cet écossisme pour les trois premiers grades de cette époque étaient bleus (sans bordure rouge), comme l'indiquait déjà Pierre Noël pour le R.E.A.A.[10]

BnF, FM2 556

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Datation des rituels de Philippe Casimir Marchot

 

Philippe Casimir Marchot (1767-1827) est né à Thuin dans le Hainaut actuel. Il devient secrétaire communal en 1794. Proche des idées révolutionnaires, il avait établi dans sa Ville le culte de la raison. Ce qui lui valut quelques ennuis. Puis il sera peu de temps secrétaire du commissaire d'arrondissement du département de Jemappes à Mons. En 1795, il se retrouve chef de bureau à l'administration d'arrondissement à Namur. Quelques années plus tard, sous le consulat, il est à Nivelles comme commissaire du gouvernement auprès du tribunal de 1ère instance, puis sous l'empire, en 1807, avec le titre de procureur impérial (année de son initiation). À partir de 1808, il apparaît comme avocat. Il vivait avec une Namuroise, Anne-Marie Lelièvre, dont il aura 7 enfants, qu'il épousa en 1809. Il décèda à Nivelles.[11]

Il a été initié le 21 mars 1807 à la loge « l’Espérance » à Bruxelles, et on le trouve fondateur la même année de la loge de Nivelles. Il est toujours le vénérable maître de la loge lors de la demande de cumul de rite en 1811. Il l'est encore lorsqu'il demande son agrégation à la loge namuroise en 1812. Il apparaît comme Grand Chancelier du Rite écossais Primitif de Namur à l'occasion de la « Circulaire » de 1818. Il fut président de la loge namuroise en 1823.

 

Il existe à la BnF toute une correspondance qu’il a tenue durant l’année 1819 avec le T:. Ill:. Fr:. Joly, de Paris, qui était membre du Grand Consistoire des Rites (qui devient en 1826 le Grand Collège des Rites).[12] Il écrivait toujours sous la dénomination du Rite écossais Primitif de Namur dont il était le grand chancellier. Cette correspondance illustre à la fois les velléités du prince Frédéric d’Orange de substituer à l’ensemble des hauts-grades, deux grades de sa composition, provoquant un refus farouche de presque toute la maçonnerie des Pays-Bas méridionaux, mais aussi sa marotte concernant la charte de Cologne de 1535 (charte qui fait encore couler de l’encre!), qu’il estimait  authentique.[13] C’est paradoxal car c’est en partie sur la base de cette charte, que le prince Frédéric, Grand-maître du Grand Orient des Pays-Bas, voulait fonder sa réforme des hauts-grades. (Une discussion plus large sur ce point sera proposée dans l'article portant sur la période hollandaise 1815-1830.)

Intéressant également est la relation qu’il fit à Joly (Paris) des tensions que provoqua au sein du Suprême Conseil de Bruxelles, la scission du Suprême Conseil d’Amérique à Paris avec d’un côté celle dite de « Pompeï » et de l’autre celle du « Prado ». Ces tensions provoquèrent apparemment le projet d’une scission au sein du Suprême Conseil à Bruxelles, suscité par sa partie militaire. Mais cela n’aura pas lieu.[14] Un des protagonistes militaires, ami de Marchot, qui travailla pour aplanir les difficultés, fut le colonel, futur général, Pierre Antoine Daywaille (1772-1837), un liégeois d’origine, qui fut le premier président de la loge militaire d’Anvers « Les Amis du Roi et de la Patrie », loge qui pratiquait le REAA sous l’autorité du Suprême Conseil de Bruxelles. Cette loge changea de nom à la révolution belge de 1830 sous le nom de la Persévérance et que l’on retrouve aujourd’hui, après fusion, sous le nom « Les Amis du Commerce et de la Persévérance réunis ». Cet ancien militaire des armées révolutionnaires puis napoléoniennes, chevalier de la légion d’honneur, reprit du service aux Pays-Bas réunis avec le grade de colonel. Il était en 1819 le bras droit du général Chassé, commandant la citadelle d’Anvers. Devenu général-major en 1825, il quitta ce poste pour se retrouver à Namur à la révolution belge et aida celle-ci. Il fut intégré dans l’état-major central du nouveau pays avec le grade de général de division et fut mis à la retraite en 1831, atteint de cécité.

D’autres aspects se retrouvent dans ces courriers, comme ses relations tendues avec JA Crassous, chef du Suprême Conseil de Bruxelles dont il était également membre, mais aussi des éléments concernant le rite de Misraïm qu’il professait.

Notons, et ce n’est pas sans intérêt pour le Rite écossais primitif namurois, sa désignation en 1819, par le Suprême Conseil d’Amérique, de « commissaire extraordinaire près les divers corps constituans, chefs-d’ordre, des Provinces méridionales du Royaume des Pays-Bas » (réponse du 15 octobre 1819 qu’il fit lorsqu’il apprit sa désignation). Ce fut une source de tension avec Joseph Augustin Crassous, chef du Suprême Conseil des Pays-Bas dont le siège était à Bruxelles (futur Suprême Conseil de Belgique).

 

Philippe Casimir Marchot nous intéresse également parce qu’il a retranscrit les rituels du rite primitif.

Il l’aurait fait vers 1812 ? La seule mention à ce sujet est une date imprécise, reprise dans le discours qu'Ernest Duchateau, prononça lors du relèvement des colonnes du Chapitre Rose-Croix namurois en 1922 : « Vers 1812, il écrit, de sa main : la collection complète des Cahiers du Rite Primitif du 4-33 ; Archives du Suprême Conseil. ».[15]

 

 

Voici les autres indices sur lesquels on peut s’appuyer pour estimer la fourchette de dates raisonnables pour la transcription des rituels ?

 

  • On lit sur le cahier de Novice-Chevalier, une mention de Pierre Darrigade comme Commandeur de l’Intérieur. Or Darrigade faisait état de son grade de Préfet de l'Intérieur en 1810 et nous ne savons pas quand Darrigade fut promu Commandeur de l'Intérieur : 1810-12?

  • Une indication se trouve également dans les tracés du « Comité supérieur » de la loge en date du 2 juin 1861. Cela faisait suite à une réclamation d'un frère estimant que les cahiers de rituels transcrits par Philippe Casimir Marchot lui appartenaient. Le tracé de la tenue du 5 mai 1821 y est repris : « Le Ven annonce que le fr Marchot père a fait don à l'at de 18 cahiers pour les trois grades symb . Le f témoigne sa reconnaissance au fr Marchot. ». Et d'autre part il y a le tracé de la tenue du 5 mai 1828 où il est expliqué que le fr  Désiré Arnould, directeur du mont-de-piété de Namur, vénérable en chaire, accompagné du fr Beckers, est allé voir « P Marchot, ci-devant membre de ce R At au sujet des cahiers maç dont il était détenteur. » pour les récupérer, jusqu'au 33è inclus, et les a déposés chez le secrétaire de la loge. Il s'agit de Philippe Victor Marchot, fils, également membre de la loge. La décision du « Comité supérieur » de 1861 était que ces cahiers appartenaient donc à la loge. Probablement que ce sont eux qui furent déposés au Suprême Conseil de Belgique. (les tracés des tenues jusqu'aux années 1864 ont été perdus.)

  • En toute logique, nous pouvons estimer que Ph. Casimir Marchot, père, cède des cahiers de rituels symboliques ou de grades non utiles parce que son fils Ph. Victor n'en a pas besoin, et il cède ses cahiers personnels des hauts grades à ce dernier, membre de l'atelier.

  • Fernand Clement nous donne peut-être une indication lorsqu'il aborde l’existence de rituels manuscrits étrangers au Rite, se trouvant dans les archives : « … cette collection de rituels retrouvés dans nos archives et dont toutes les copies datent de la même époque 5808 à 5813… ».[16]

  • C'est le 19 mars 1818 que la « Circulaire du Rite écossais Primitif » est publiée avec Marchot, en tant que Grand Chancelier du Rite, dont le nouveau règlement avait été adopté le 10 avril 1817.[17] La copie des cahiers de grades par Ph. Casimir Marchot (manifestement pour son usage personnel, puisqu'il les gardait) devait être raisonnablement antérieure à la « Circulaire » et plus exactement au vote du nouveau règlement. Cette copie "transformée" semble avoir été réalisée, c’est une hypothèse, tout ou partie, sur les cahiers de Darrigade, plus anciens.

  • Enfin, en novembre de l’année 1812, un feuillet avait été imprimé (voir plus haut), contenant un hymne réalisée par le R F Marchot, rose-croix et chevalier Kadosch, affilié à la loge. Ce feuillet mentionne clairement « Rit primitif », tout comme l’en-tête des rituels.[18]

 

On peut donc estimer que les cahiers de rituels « Marchot » ont été transcrits après 1811 et avant 1817. La date de 1812 est donc plausible, sinon probable.

 

Notons que c'est en tenue du 10 juin 1812 que la demande en « agrégation » à la loge namuroise de Ph. Casimir Marchot, alors vénérable maître des « Amis Discrets » de Nivelles, est acceptée, car « attendu que le FC. Marchot a non seulement aidé les FFF de La Bonne Amitié par sa présence et ses avis, mais qu'il a aussi enrichi les archives de La Bonne Amitié d'un ouvrage volumineux écrit de sa main, contenant dans le plus grand détail, tout ce qui est relatif aux grades symboliques de la maçonnerie ».[19]

Archives des A.P.I.

 

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Le « n’importe quoi » des historiens français ?

 

Les documents les plus importants pour cette période se trouvent dans les différents volumes de la magistrale compilation d'Auguste de Wargny : « Les Annales chronologiques, littéraires et historiques de la maçonnerie des Pays-Bas », en 5 volumes publiés entre 1822 et 1826, couvrant les années 1814 à 1822.[20]

Il serait fastidieux de l'examiner en détail.

 

Relevons que Wargny réalise un décompte de 27 loges régulières en activité en « Belgique » en 1814, dont la plus ancienne est celle de Namur.[21] Quelques loges auront disparu, non pas, selon Eckert, à cause du changement de régime, mais faute de ‘combattants’. Parmi celles-ci, il cite « Les Vrais Philanthropes », de Boussu, érigé en 1808 et « Les Amis de la Vertu » à Charleroi, apparu l’année suivante en 1809. D’autres seront restées dans une sorte d’expectative avant de reprendre assez vite leurs travaux.[22]

 

Wargny ajoute que cette loge « professait exclusivement le rite dit écoss∴ primitif […]. Le Grand Orient de France ne l'avait d'ailleurs jamais reconnue que sous ce seul rite et jamais sous celui dit moderne ou anc∴ ref∴ ».[23] Toutes les autres loges pratiquaient à l'origine le rite anc∴ ref∴ (c'est-à-dire le rite moderne) avec parfois des cumuls de rites, soit le R.E.A.A., soit le Rite écossais Philosophique. Wargny estimait d'ailleurs qu'il n'y avait en réalité que deux rites : le rite moderne et le rite écossais comprenant 3 subdivisions (ce qui répond bien à la demande de cumul d'un « rit écossais » faite en 1811 par la loge nivelloise) : le rite Primitif, le rite Philosophique et le rite Ancien et Accepté.

 

Quatre loges vont utiliser le rite namurois : « La Bonne Amitié » à Namur, « Les Amis discrets » de Nivelles en cumul. Puis, après la révolution belge de 1830, nous aurons « Les enfants de la Bonne Amitié » à Dinant (créée en 1838 au Rite écossais Primitif) et enfin « Les Vrais Amis de l'Union et du Progrès » de Bruxelles en cumul, à partir de 1842 [24], ainsi que des maçons à titre individuel de différentes loges.

 

En fait, les francs-maçons de nos contrées à cette époque se connaissaient fort bien, il n'y avait probablement que peu de tension. Si l'on prend les 27 dignitaires de « la Grande Loge d'administration des Provinces méridionales du Grand Orient des Pays-Bas », répertoriés par Joos Barclay, on remarque que la majorité de ceux-ci appartenaient simultanément à plusieurs loges (jusqu’à sept loges) en général bruxelloises, puisque quatre d'entre eux seulement n'ont aucune attache dans la capitale.

Les ateliers où les attaches sont les plus fréquentes sont « L’Espérance » (Bruxelles, 10 fois : c'est la loge du prince héritier Guillaume d’Orange, futur Guillaume II), « Les Vrais Amis de l'Union » (Bruxelles, 7 fois), « Les Amis Philanthropes » (Bruxelles, 6 fois) et « La Bonne Amitié » (Namur, 6 fois, dont 4 Commandeurs de l'Intérieur et 2 Préfets de l'Intérieur).

Le prince de Gavre y est répertorié comme appartenant à la loge « L'Espérance » en tant que Rose-Croix, et à la loge namuroise en tant que Commandeur de l'Intérieur.[25]

 

La « Circulaire et Documens au nombre de cinq, émanés en 1818, du Chef d'Ord∴ du rite Écoss∴ dit Primitif dans les Pays-Bas, siégeant à l'Or∴ de Namur »[26] envoyée aux loges belges de la « Grande Loge d'administration méridionale du Grand Orient de Pays-Bas », nous fournit des explications complémentaires quant au rite namurois. Nous en avons déjà relevé quelques-unes.

 

Des éléments historiques, repris dans la notice historique de Gavre-Walter-Marchot datée du 27 décembre 1818 [27], ont semé la confusion chez les historiens français du XIXe et XXe siècles : il s'agit des termes : « l'Archi-Camp Royal d'Écosse, tenant Grand Campement primitif d'Irlande » et « Loge métropolitaine d'Édimbourg ».

 

Voici, disaient-ils, l'exemple type de la fable maçonnique, et puisqu'il y a fable ici, le reste n'est que fable. Clavel par exemple eut beau jeu de disqualifier, avec arrogance et à tort, le rite :

« En 1818, parurent des circulaires dans lesquelles on annonçait l'organisation d'un rite écossais primitif qui aurait été introduit à Namur, en 1770, par la Grande Loge métropolitaine d'Édimbourg, autorité qui n'a jamais existé. Ce rite, composé de trente trois grades, pour la plupart empruntés du rite de perfection, était cependant d'une création toute récente, et avait, dit-on, pour auteur principal, le frère Marchot, avocat à Nivelles. Sa juridiction ne s'étendait guère au delà des murs de la ville où il avait son siège ».[28]

Et à sa suite les nombreux auteurs français tels que Ragon (qui reprendra le texte quasi à l'identique dans son « Orthodoxie » de 1853), ainsi que Ligou et Naudon, qui se sont plus ou moins répétés, de même que quelques auteurs d’encyclopédies américaines (MacKey ou Waite). Cependant, les auteurs anglo-saxons furent généralement beaucoup plus prudents. Quel crédit faut-il porter à ces « historiens » qui se contentent de se répéter les uns les autres sans autre forme de vérification ?

 

Les termes de ‘Loge métropolitaine d’Édimbourg’, est effectivement peu usité. On les retrouvera cependant avec Jean Mathéus et l'Ordre Royal d'Écosse, ce qui aurait dû mettre la puce à l'oreille! En réalité, Ph. Casimir Marchot, avec ses collègues Serome et Gavre, n'invente rien. Ils répètent ce que la tradition namuroise leur a enseigné, d'autant plus que Serome et Gavre sont contemporains de la loge du XVIIIe siècle, car effectivement ces termes remontent au XVIIIe siècle. On les retrouve sur le certificat Pyman de 1776 qui faisait partie de la collection Crowe, laquelle fut ensuite déposée au musée de la Grande Loge Unie d'Angleterre: "Nous VENERABLE-MAÎTRE de la Loge de St. Jean, sous le titre de la PARFAITE-UNION à l'Orient de Namur (Loge Légitimement constituée par la Métropole Loge d'Edimbourg au grand Orient D'ECOSSE) accompagné de nos chers Freres faisant nombre pour composer une Loge régulière, juste, & parfaite, savoir faisons, ..."   La date est incrémenté de 4004 ans, ce qui est un usage écossais de l'époque.  (La Parfaite Union est l'ancien nom de la Bonne Amitié avant qu'elle ne passe à la Grande Loge des Pays-Bas autrichiens en 1777.) Notons que c'est sur ce diplôme que l'on trouve le "célèbre" cachet de type Kadosh qui, implicitement, certifie l'existence d'une pratique templière maçonnique à Namur dès cette époque, sinon plus tôt.[29] On retrouve cette même mention sur un tableau de la loge de 1776: "Elle tient ses constitutions de la Métropole Loge d'Édimbourg, grand Orient d'Ecosse".[30]

De même, l’allusion à un ‘Early Grand Encampment of Ireland’ [31] reprise dans cette ‘notice’ ne pose aucun problème, cet organisme a bel et bien été fondé au XVIIIe siècle sous cette appellation. Le soucis n’est pas là, il se trouve au niveau des dates. Voir la discussion reprise ailleurs, notamment ici et surtout ici.

 

Rappelons ici que, George de Froidcourt (publication de 1938), sur base d'archives qu'il a compulsé au GOdF à son époque, mais actuellement non retrouvées à la BnF ou au GOdF, notait l'élévation de Serome au dernier grade de l'Ordre Intérieur de Stricte Observance namurois, c'est-à-dire celui de Commandeur de l'Intérieur, le 12 décembre 1786 après avoir obtenu celui de Rose-Croix le 6 mai 1782, ce qui tendrait à accréditer une mise en série des deux systèmes (Rose-Croix et Stricte Observance) dès le XVIIIe siècle  (merci à Jacques Huyghebaert de l'avoir rappeler dans les commentaires à cet article).[32]

Ars Quatuor Coronatorum n°20, 1907.

 

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Le temps des historiens commence

 

Le Rite namurois va faire l'objet de conjectures diverses, mais non agressives, dans (l’histoire de) la maçonnerie américaine. Tous les auteurs s'occupant du Rite Écossais Ancien et Accepté vont aborder le problème du Rite namurois, soit en l'instrumentalisant, soit dans un essai descriptif. Parmi ceux-ci, signalons :

 

  • George Oliver. “The historical Landmarks and other evidences of freemasonry, explained in a Series of practical lectures, with copious notes”. 2 volumes, New-York, 1855. Il fait un descriptif assez correct du Rite Primitif de Namur.

  • Robert B Folger. “The Ancient and Accepted Scottish Rite, in thirty three degrees”. 1881. Il réalise une courte description du rite namurois, et discute de l'origine du nombre 33 grades.

  • Francis T Watson. “A history of the Ancient & Accepted Scottish Rite in the United States of America”. 1905. Il discute également de l'origine du nombre 33 grades.

  • Samuel Harrison Baynard. “History of the Supreme Council of the 33rd degree of Ancient Accepted Scottish Rite of Freemasonry”. 1938. C'est surtout une énumération des grades namurois et une courte discussion sur l'origine du nombre 33 grades qu'il propose.

  • GA Newbery et LL Williams. “History of the Supreme Council, 33è”. 1987. Ils citent l'origine des grades namurois et discutent du nombre 33 grades.

 

Il existe d'autres auteurs, mais ce sont probablement ici les principaux. Aucun ne reprend les bêtises des auteurs français.

 

George Oliver. The historical Landmarks and other evidences of freemasonry, explained in a Series of practical lectures, with copious notes. Volume 2, p.66, 1855.

 

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Références

  1. de Wargny, George Auguste Martin (1787-1842), durant la période française, était substitut du Procureur impérial à Bruges où il fréquenta la loge "La Réunion des Amis du Nord" (membre affilié). Ensuite il devint président du tribunal de 1ère instance à Bruxelles. Durant la période hollandaise, il fut le Grand Orateur de la Grande Loge d'administration méridionale du Grand Orient des Pays-Bas. Il était également membre de la loge « L'Espérance » (orateur) à Bruxelles, c'était la loge du futur roi Guillaume II. Après la révolution belge, il fonde une loge "Le Travail" à Bruxelles dont il sera la Vénérable Maître en 1840. La loge cessa ses travaux en 1848. (cf notamment F. Goethals. Dictionnaire généalogique et héraldique des familles nobles du royaume de Belgique, tome 4, 1849-52. & http://www.mvmm.org/c/docs/travail.html#w)

  2. De Wargny. Les Annales chronologiques, littéraires et historiques de la maçonnerie des Pays-Bas. Tome 1, p 357.

  3. BnF, FM2, 556 Namur.

  4. Je tiens à remercier ici Mr A. D. pour m’avoir montré ce document fort intéressant (archives de sa loge).

  5. Christophe de Brouwer. 1817, apparition du Suprême Conseil des Pays-Bas réunis. Colloque sur les 200 ans de présence du R.·.E.·.A.·.A.·. en Belgique et son apparition au Grand-Duché de Luxembourg en 1839 », organisé par le « Suprême Conseil Grand Collège du R.·.E.·.A.·.A.·. du Luxembourg », à Mondorf-les-Bains, le 18 novembre 2017. http://sifodierisinvenies.overblog.com/2017/12/1817-apparition-du-supreme-conseil-des-pays-bas-reunis.html

  6. J.E. Daruty. Recherches sur le Rite Écossais Ancien et Accepté. 1879-80. Réédition Télètes, 2002, pp 268-269.

  7. Jean-Baptiste Pyron. Abrégé historique de l’organisation en France des 33e. degrés du Rit Écoss∴ Ancien et Accepté. Paris, 1814, p76.

  8. Jean de Dorlodot. Le dernier prince de Gavre 1759-1832. Éditions Ceuterik, 1957, p139.

  9. Jacques Tuchendler. Histoire abrégée de la R ∴ L ∴ Saint Alexandre d'Écosse de l'ancien régime à la restauration. Renaissance Traditionnelle. n°138-140, 2004, p 153.

  10. Pierre Noël. Guide des maçons écossais à Édimbourg 58∴ A l'Orient. 2006.

  11. Maurice-A Arnould. Les Francs-maçons nivellois et carolorégiens sous l'Empire (1807-1813), in Visages de la franc-maçonnerie belge du XVIIIè au XXè siècle. Sous la direction de H Hasquin. Éditions de l'Université de Bruxelles, 1983, pp 151-152.

  12. BnF. FM1.Archives centrales. Namur, Rite écossais primitif. 1819.

  13. James Burns. Sketch of the history of the knights templars. Edimbourgh, 1840. PC Marchot y fait l’exposition de la charte de Cologne de 1535 : pp 47-60.

  14. Michel Brodsky. L’autre Suprême Conseil. Les deux premiers Suprêmes Conseils des Pays-Bas. Acta Macionica n°6, 5996, pp 351-87.

  15. Fascicule de 14 pages publié à l'occasion du relèvement des colonnes : « 9 juillet 1922. Relèvement des Col∴ du Souv∴ Chap∴ en la Vall∴ de Namur. » Ernest Duchateau, premier Très Sage du nouveau Chapitre, avait été Vénérable de la loge namuroise, il était à ce moment 31e au Suprême Conseil de Bruxelles.

  16. F Clement. Contribution à l'Histoire de la R.L. La Bonne Amitié à l'Orient de Namur. Bulletin du GOB, 1924, p 194.

  17. F Clement, op.cit. P 200.

  18. Dont il est question plus haut.

  19. F Clement. op.cit. P 194.

  20. De Wargny (1782-1849), président du tribunal de 1ère instance à Malines, était le Grand Orateur de la Grande Loge d'administration méridionale du Grand Orient des Pays-Bas. Il était membre des loges « L'Espérance » à Bruxelles et « La Concorde » à Mons. (cf. Joos Barclay)

  21. Il fut considéré, jusqu'en 1898, que la loge de Mons, actuellement au premier rang des loges du Grand Orient de Belgique, à la place de la « Bonne Amitié », devait être rangée sous la date de sa création. Cette loge, « La Concorde » de Mons, avait en effet été créée par le Grand Orient de France le 12 septembre 1800, à partir de frères ayant appartenu (en nombre décroissant) aux anciennes loges montoises disparues, « La Parfaite Harmonie » (23 ff.), puis « La Parfaite Union » (21 ff.) et enfin de frères extérieurs aux deux premières (4) ;(voir le 1er tableau connu de la loge, 1800, BnF FM2 556). Cette loge changea son nom en « Parfaite Union » en 1838, nom sous laquelle nous la connaissons aujourd'hui.

  22. Ed Em Eckert. La Franc-Maçonnerie dans sa véritable signification. Tome II, Lardinois Éditeur, Liège, 1854 pp 389-90.

  23. De Wargny. Annales …, op cit, tome 1, p 357.

  24. Liber, Philippe. Les Vrais Amis de l’Union et du Progrès réunis. Éditions du Grand Orient de Belgique, 2007, p 122.

  25. Barclay. Vrijmetselarij in de Hollanse Période : Grande Loge d'Administration des Provinces Méridionales des Pays-Bas. Doelstelling, structuren en werking. Travail de Maîtrise en Histoire. Vrij Universiteit Brussel, 2008, pp 40-43.

  26. Wargny, Annales ..., Tome III, op cit, pp 488 et suivantes.

  27. Notice de la « Circulaire » parue dans les « Annales » de Wargny : , op cit, Tome III, pp 499-501.

  28. Bègue-Clavel. Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie et des sociétés secrètes anciennes et modernes. Pagnere-Paris, 1844, p 220.

  29. Christophe de Brouwer. Les 250 ans du Rite Écossais Primitif, dit de Namur. En deux parties. Renaissance Traditionnelle, 172 &173-174, 2013-2014.

  30.  Le terme de "Grande Loge d'Édinbourg", plutôt que celui de "Grande Loge d'Écosse", se retrouve dans de nombreux endroits, comme dans le David Murray Lyon, History of the Lodge of Edinburgh, 1873,  p 275.

  31. S Foster. The Early Grand Encampments of Ireland and Scotland and in England. Lodge of Research CC Transactions (Ireland). Vol XVIII, 1982.

  32. G de Froidcourt. La Franc-maçonnerie à Namur avant 1830. In XXXIe session. Congrès de Namur. Fédération archéologique et historique de Belgique, 1938, p 381.

Uniforme du "Old Regiment" (ou, ici, Houston's regiment), portant une loge régimentaire "Union", mère de la loge namuroise "La Parfaite Union - Bonne Amitié" de Namur. (Dans le Fergusson.)

 

 

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Rédigé par Christophe de Brouwer

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J
Si la date du 12 décembre 1786 pour la réception de Charles-Henri Sérôme au grade de Commandeur de l’Intérieur est exacte, cela indique que ce grade de la Stricte Observance Templière, dont le rituel nous est parvenu, avait été pratiqué à Namur plus de 20 années avant 1808, lorsque la loge de La Bonne Amitié de Namur fut agrégée au Grand Orient de France. I
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J
Merci Christophe pour ce partage de connaissances qui fait que le Rit Ecossais Primitif de Namur est de mieux en mieux connu.
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