Les débuts en maçonnerie belge à Namur
Publié le 15 Septembre 2024
Chapitrage
4. Quelques personnalités de la loge
5. Mouvements vers le Grand Orient de Belgique
6. Au Grand Orient de Belgique
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Intro
Pour avoir entendu tellement de bêtises concernant cette période de la loge La Bonne Amitié de Namur, par des pseudo-historiens dont l'amour du papier glacé tient lieu de science ou de "je sais tout" qui ne savent rien, mais mis à l'honneur, que dis-je au panthéon, à notre époque dystopique, je pense nécessaire d'examiner cette période, celle de la révolution belge et des quelques années qui suivent.
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1. La période révolutionnaire
L'indépendance belge fut une période délicate pour les loges belges. Une partie d’entre elles ne reprendra pas les travaux (10 sur 27), et dix seulement formeront le Grand Orient de Belgique.[1] Les loges balançaient entre deux pôles. De façon caricaturale, lors de la révolution de 1830, à Bruxelles, l’importante loge orangiste « L’Espérance », où le fils aîné de Guillaume 1er avait été initié, le futur roi Guillaume II, va petit à petit s’éteindre jusqu’à disparaître (et renaître très partiellement dans « Les Amis du Progrès »), tandis que « Les Amis Philanthropes », avec la loge des « Vrais Amis de l’Union », qui prit l’initiative des premiers contacts avec le nouveau Roi, Léopold 1er, furent aux avant-postes dans la création d’un nouveau centre, le Grand Orient de Belgique, en 1833.
La loge namuroise « La Bonne Amitié » est un bon exemple des difficultés engendrées par cette époque. L’examen des tracés de son « Comité supérieur » montre un gap entre 1830 et 1837. La situation n’apparaissait donc pas brillante. Lors de la réunion du 19 septembre 1859, on voulut apurer les dettes de certains frères de l’atelier qu’ils avaient contractées durant cette période : « … des arriérés dus par eux au 30 juillet 1830 et attendu que postérieurement à cette dernière époque la L∴ n’a plus eu que des ten∴ irrégulières et qu’elle a même été pour ainsi dire en sommeil, une diminution sera faite ... »
Nous allons essayer d’examiner cette période de manière plus détaillée.
La loge comportait en son sein des solides soutiens du régime orangiste [2], avec le prince Charles-Alexandre de Gavre, Joseph Walter ou Philippe-Casimir Marchot et son fils Victor. L’orangisme de cette époque est complexe, changeant, il s’appuie, selon Stengers sur trois piliers : la famille Orange-Nassau, le royaume des Pays-Bas et une séparation administrative, judiciaire, militaire forte entre le nord et le sud, somme toute une confédération. Certains préconisaient que les relations entre les deux parties devraient se limiter à une relation économique, comme deux associés dans une même entreprise. Une majorité des orangistes n’en étaient pas moins patriotes, on veut généralement être belge, mais ne croyaient pas le pays viable sur le plan économique. Ceci explique pourquoi des villes comme Gand surtout, ou Verviers, Anvers et Liège, eurent des noyaux orangistes très affirmés dans les milieux industriels. [3]
Dans la loge, s’y trouvaient aussi des opposants à l’orangisme. Les frères Théophile Fallon (33e au rite primitif, élu au Congrès national de 1830, il fut le premier président de la Cour des comptes) et Émile Isidore Fallon (33e au rite primitif, élu au Congrès national de 1830, il fut le président de la Chambre des Représentants de 1839 à 1842) ; Lyon-Coupienne, qui fut bourgmestre de Dinant de 1830 à 1836, et Léopold Zoude (frère de Victor Zoude-Mazure), élu au Congrès national ; ou le chirurgien Jean-François Alexis qui va s’illustrer lors de la journée du 1er octobre 1830 à Namur et qui sera initié peu après, le 10 janvier 1831 (ceci montre une forme de rupture des membres encore actifs avec ceux fidèles à l’ancien régime).
Ce fut l’Église qui fit sans doute la différence entre les deux tendances, elle était résolument anti-orangiste.
Le lieutenant-général Joseph Van Geen commandait à ce moment les troupes casernées à Namur. Il était né à Gand en 1775 et avait épousé la cause du roi Guillaume. Il décéda à Rijswijk en Hollande, en 1846. Il fit ses armes dans l’armée française où il combattit surtout en Espagne. À la fin de l’Empire, il avait atteint le grade de colonel et avait reçu en 1813 la Légion d’Honneur. Ensuite, il s’était engagé dans l’armée des Pays-Bas au grade de général-major. Il va s’illustrer dans les combats aux Indes Orientales néerlandaises, ayant eu de nombreux belges sous son commandement.[5] À peine rentré au pays, il prit le commandement des troupes casernées à la citadelle de Namur en 1829. Il se ré-affilia à la loge namuroise (il en avait été membre en 1814). Il devint d’ailleurs à ce moment le président du Chapitre Rose-Croix. Les attaques du 1er octobre 1830 par les révolutionnaires, furent menées notamment par le chirurgien Jean-François Alexis, âgé de 34 ans. Il sera membre de la loge l’année suivante. Après d’âpres combats, la porte de Saint-Nicolas tomba, ce qui permit à des hommes en armes venant de l’extérieur d’entrer et de soutenir les révolutionnaires. C’est alors que le général Van Geen ordonna le retrait des troupes de la Ville de Namur vers la citadelle sous la condition que 7000 pains lui soient remis (la citadelle n’avait pas de provision !).[6] Il y eut assez bien de tués de part et d’autre ; on peut penser que c’est par des comportements entre francs-maçons qu’une plus grande effusion de sang put être évitée. En effet, bien que l’accord ne fut pas respecté et les pains non livrés, il ne bombarda pas la Ville sous ses pieds et signa finalement le 2 octobre une convention de capitulation qui mettait fin aux hostilités, surtout face à deux problèmes : le manque de nourriture et une désertion massive qui avaient réduit ses troupes à peau de chagrin (de 4000 hommes, ses troupes s’était réduite à 250). Il pouvait se retirer avec armes et bagages sans violence à l’endroit de son choix. C’était une étonnante aubaine pour les belgicistes, si l’on compare la situation avec la citadelle d’Anvers, tenue jusqu’en 1832 par le général Chassé et ses troupes hollandaises, également un ancien officier de Napoléon et membre de la loge anversoise « Les Amis Sincères du Roi et de la Patrie » (loge militaire écossaise créée du temps de Guillaume 1er) dont il était vénérable d’honneur. La Ville fut sévèrement bombardée le 27 octobre 1830 et le jeune gouvernement dut à nouveau faire venir les troupes françaises après la campagne des Dix-Jours d’août 1831 pour en venir à bout. Le siège dura du 15 novembre au 23 décembre 1832. Le coût économique et politique fut très lourd pour le jeune pays.
Manifestement les oppositions devaient être fortes. Le fils Marchot, Philippe Victor, un avocat membre de la loge, était un ardent orangiste. Était-il encore membre de la loge ? Selon Fernand Clement, il aurait démissionné en 1824, Beckers le remplaça à la charge de secrétaire. Une ‘démission’ complète semble peu probable, il y a dû y avoir un arrangement. Selon Clement, la source du problème viendrait de sa défense acharnée en faveur de la réforme drastique des hauts grades, réduits à deux, proposée par le prince Frédéric d’Orange, Grand Maître du Grand Orient des Pays-Bas, dès 1818-9, et ce contre l’avis manifestement largement majoritaire des membres de la loge, dont celui de son père qui aurait d’ailleurs rédigé la protestation officielle, au nom du rite primitif, du 25 avril 1819, signée par de Gavre. [7][8]
En effet, dans les tracés du Comité supérieur du 1 mai 1826, on lit que le « F∴ Trésorier est autorisé à remettre 10 francs au F∴ Marchot fils pour le tome 4 des Annales maçonniques ». Dans le tracé de ce Comité supérieur du 2 juin 1861, un extrait du tracé de la tenue du 5 mai 1828 de la loge est repris : « Il [ndr : Arnould, vénérable maître de l’époque] rend d’abord compte de la démarche qu’il a faite concurremment avec le fr∴ Beckers chez V Marchot, ci-devant membre de ce R∴ At∴ au sujet des cahiers maç∴ dont il était détenteur. Il donne lecture d’une lettre très amicale de ce fr ∴ par laquelle il fait hommage au fr∴ Arnould de tous les cahiers inclus le 33. » Ceci montre que Marchot fils (1797-1854), avocat reconnu du barreau de Namur, bien qu’il ne soit probablement plus actif au sein de la loge, semblait cependant toujours membre de celle-ci (membre honoraire ?). Il était par ailleurs membre du bureau de l’Athénée de Namur et conseiller communal de 1842 à 1854. Il avait créé le journal « Le Namurois » le premier septembre 1829, à caractère libéral proposant un anti-cléricalisme appuyé. Ce journal défendait avec force les opinons orangistes, sans cependant verser dans la polémique à outrance. Il cessa de paraître après le 1er octobre 1830, date du soulèvement des Namurois.[9] Marchot fils, alors, s’associera à d’autres journaux, dont « L’Éclaireur », violemment anti-clérical de 1832 à 1846, devenu petit à petit l’organe du libéralisme namurois, ainsi que La Revue de Namur à partir de 1846, dont il était propriétaire, journal qui deviendra le moniteur de l’association libérale, et dont les thématiques anticléricales sont sans ambages. Lorsque le roi Guillaume 1er mourra en 1849, il sortit un numéro encadré de noir qui célébrait ce roi qui avait « fait, pendant seize ans, le bonheur de leur pays ».[10] La liberté de la presse n’était pas un vain mot à cette époque. Il dirigea ce journal jusqu’à sa mort en 1854, lequel sera alors repris par Lucien Namèche. En 1834, la sûreté publique écrivit au procureur du roi à Namur : « L’avocat Marchot, de votre ville, prend une part active aux complots des orangistes qui s’agitent dans différentes parties du royaume ».[11]
2. Vivotage
Les démissions et les abandons furent nombreux à la loge namuroise durant cette période, cependant rapidement les colonnes désertées par les officiers hollandais et les membres les plus orangistes, furent remplacées par des officiers de l’armée belge (il ne faut pas oublier que Namur était toujours une place forte militaire). Clement rapporte ces mots du vénérable maître Théophile Fallon, lors de la tenue du 6 juin 1831 : « tout le plaisir de la loge en voyant chaque jour augmenter le nombre de ses enfants ».[12] Et c’est très net au niveau du registre des noms (archives de la loge), 9 nouveaux membres en 1831.
En examinant ce registre, on peut effectivement déceler des traces d’activité maçonnique durant ces années troublées. Louis Briard, entrepreneur de messagerie à Namur, fut initié le 31 mars 1831 et passa au grade de maître le 4 juillet de cette année-là, en même temps que Vanlangenhoven, officier, et Jean-François Alexis, médecin ; Martin Kepenne, officier, fut reçu le 6 juin 1831.
Notons que Louis Briard continua à être actif, puisqu’en 1838, il atteindra le 22e degré (Rose-Croix). Il fut durant de nombreuses années, 1er surveillant de la loge.
Antoine Joseph Grooters, avocat à Namur, fut central dans la relance de la loge en 1836 ; il devint Rose-Croix le 27 mars 1823 et fut élevé au 33e degré le 12 avril 1833, ce qui montre une activité, sans doute faible, durant ces années.
Fernand Clement explique que la loge suspendit momentanément ses travaux en 1831 parce que le nombre d’officiers étaient devenus trop important et qu’ils allaient emporter la majorité des suffrages si une élection avait lieu.[12] Peut-être une manœuvre analogue à celle de Liège était en cours, à savoir obtenir une majorité belgiciste franche au sein de la loge (voir l’exemple de Liège ci-après). L’explication m’apparaît, sinon suspecte, du moins incomplète, car il me semble que les événements eux-mêmes permettent d’expliquer simplement la raison d'une "suspension" momentanée des travaux. La campagne des 10 jours débuta le 1er août 1831 ; l’armée belge, déjà mobilisée, fut mise en déroute par les armées hollandaises et sans l’intervention de l’armée française, la Belgique serait redevenue orange.
Une année plus tard, Joseph Walter, dans un courrier daté du 20 novembre 1832, répondit au « T∴Ill∴F∴ Defrenne, 1er Surveillant de la G∴ L∴ d’Adm∴ à l’Or∴ de Bruxelles », d’un courrier confié à Philippe Victor Marchot dont on connaît les positions orangistes très affirmées : « Le T∴ C∴ F∴ Marchot m’a fait remettre de votre part le 17 du courant, une pl∴ de convocation adressée à la R∴ L∴ de La Bonne amitié, à l’or∴ de Namur, pour une réunion que vous avez fixée au 21 suivant. La L∴ n’étant point actuellement en activité, il est de toute impossibilité que les FFF∴ de la Bonne amitié puissent s’occuper de cet objet dans un aussi bref délai. Je vous prie, en ma qualité de Vén∴ à vie de ce R∴ Atel∴, … et pour la conservation de ses droits, de bien vouloir mentionner la présente pl∴ au tracé des opérations de la réunion que vous avez convoquée.
Agréez, T∴ Ill∴ F∴, l’assurance de mes salutations les plus frat ∴ P∴L∴N∴M∴aV∴C∴e∴ A∴T∴L∴H∴Q∴V∴S∴D∴ ».[13]
Cette réunion avait pour but de réunir les députés des loges de façon à essayer de concrétiser la transformation de la Grande Loge d’administration méridionale en un Grand Orient. Peu furent présents, on décida de différer les décisions, les événements d’Anvers étaient alors au cœur des préoccupations.[14] Il fallut en effet à nouveau faire appel à l’armée française pour réduire la citadelle toujours tenue par les Hollandais. Le siège dura du 15 novembre au 23 décembre 1832. C’est lors de la réunion du 16 janvier 1833 que les nouveaux statuts furent votés, date que l’on retient comme fondatrice du Grand Orient de Belgique ; les députés de 5 loges seulement y furent présents (et pas ceux de la Bonne Amitié).
Est-ce l’indice d’une loge à l’arrêt, comme Clement l’avance ? Peut-être. Mais il s’agit ici d’une convocation à la Grande Loge d’administration méridionale du Grand Orient des Pays-Bas, ce qui, en 1832, n’est pas banal, en vue, il est vrai, de la constitution d’un nouveau centre maçonnique. Joseph Defrenne, véritable moteur de cette reconstruction, était par ailleurs membre des « hauts grades » namurois et donc connaissait particulièrement bien Joseph Walter. Celui-ci venait d’être limogé de son poste d’inspecteur général de l’enseignement supérieur pour orangisme, mais conservait fragilement sa fonction à l’Université de Liège ; et à l’inverse, le Vénérable de la loge namuroise, Théophile Fallon, était devenu un représentant important du peuple (membre du congrès), et est ou va être pressenti Grand Maître de la nouvelle obédience ; toujours selon Clement [12], à cette époque, le nombre d’officiers (belgicistes) dans la loge dépassait celui des civils (belgicistes et orangistes) ; cela donne plus l’impression d’une excuse prudente pour ne pas y être, sans pour autant rompre. La loge serait donc dans le groupe des « attentistes ».
Car c’est bien la conclusion qu’en apporte Marie-Rose Thielemans : Si « 14 loges avaient fait savoir qu’elles avaient cessé ou suspendu leurs travaux dont la Bonne Amitié », elle ajoute son interprétation : « En fait quatorze loges se ralliaient au Grand Orient de Belgique mais aussi au nouveau régime politique, quatorze étaient attentistes et deux se déclaraient franchement orangistes ».[15]
Nous avons confirmation d’une situation maçonnique difficile dans toute la nouvelle Belgique et pas seulement à Namur, par cet appel collectif de maçons bruxellois du 16 octobre 1832, soit quelques jours avant le courrier précité : « Pénétrés de ce devoir, les Frères soussignés ont cherché à se réunir afin d’aviser aux moyens de préserver le Temple d’une ruine imminente ; ils se sont devinés et tous ont été d’accord d’employer leurs forces à raviver le feu sacré de nos autels. Ils ont regardé autour d’eux mais quel spectacle s’est offert à leurs yeux ! Les Temples sont déserts, l’envie s’est élevée contre nous ; Malines, Louvain, Namur, Termonde, Verviers ont vu la sainte lumière s’évanouir dans le Temple de la vérité. Liège, Gand, Anvers voient leurs Ateliers abandonnés, tandis que les repaires de l’erreur s’élèvent non loin d’ici, […] Très Chers Frères, il est midi plein ! Reprenez vos travaux. »[16]
Où l’on voit Marchot fils encore intervenir, cf courrier repris plus haut auquel Joseph Walter répond : est-il vraiment démissionnaire de la loge ? Évidemment non.
Il est actif, on possède d'ailleurs un courrier qui lui est adressé de demande d'augmentation de salaire au grade de maître, de 1833, bien que cela ne semble pas concerner la Bonne Amitié (pas de Devaux à cette époque). (Son père, Philippe Marchot est décédé en 1827.)
D’ailleurs un courrier du 22 mai 1833, adressé par la loge tournaisienne « Les Frères Réunis » à la loge La Bonne Amitié (en tant que telle), montre que des frères de Namur furent attentifs, sinon actifs, dans les discussions préparatoires à la création du Grand Orient de Belgique. Ce courrier fait en effet état de courriers antérieurs en sens inverse (de Namur vers Tournai), qui relataient les discussions concernant la création d’un Grand Orient de Belgique, accompagnés de pièces y afférentes : (je cite le courrier de la loge tournaisienne qui est opposée à la création du Grand Orient) « nous avons reçu et soumis à l’examen de notre at∴ les diverses pièces que vous nous faites la faveur de nous adresser avec votre planche en date du 20 du 1er mois 5833 ; nous y avons remarqué que le tracé des travaux du 23e jour du 12e mois de l’an de la vraie L∴ 5832 porte qu’une adhésion unanime avait été donnée aux soidisants statuts de constitution du gr∴ or∴ de la Belgique ; et nous croyons d’abord devoir protester contre cette unanimité, alors qu’il nous a été déclaré antérieurement par notre député qu’il n’y avait point adhéré, et que l’eut-il fait, les pouvoirs que nous lui avions délivrés ne pouvaient, d’après ses instructions particulières, s’étendre à adopter des statuts qui nous paraissent contraires aux reglemens généraux de l’ordre et à son indépendance. » (le 23 février est la date d’installation officielle du Grand Orient de Belgique ; un député des Frères Réunis fut présent à la réunion constitutive du 16 janvier).
C’est donc que la loge namuroise, apparemment plus ou moins active, était attentive à cette création.[17] Cette nouvelle obédience n’eut pas une naissance facile puisque des loges liégeoises créèrent une obédience concurrente, la Fédération maçonnique belge, d’autres restèrent au Grand Orient des Pays-Bas et beaucoup disparurent. Les événements de Liège sont probablement une bonne illustration de ce qui s’étaient passés à Namur à cette époque. En 1833, les maçons de La Parfaite Intelligence et l’Étoile réunies se déchirèrent, les locaux furent revendiqués par chaque partie, cependant le groupe majoritaire, orangiste, refusa d’adhérer à la nouvelle obédience. On y initia de nombreux militaires espérant renverser l’équilibre. Certainement qu’une opposition grandissante à Goswin de Stassart, grand maître du nouveau Grand Orient, comme celle de la loge des Amis de la Parfaite Intelligence de Huy (voir plus loin), fit partie du contentieux. Finalement, en 1836-7, les deux groupes se réconcilièrent sur le projet de former une Fédération maçonnique indépendante du Grand Orient, laquelle est officiellement constituée le 23 mars 1836. Elle se maintiendra jusqu’en 1854, année de l’abrogation par le Grand Orient de son article 135 (voir plus loin), qui fut l’occasion pour ces loges de rejoindre le Grand Orient.[18]
En 1834, les officiers quittèrent la loge pour former une loge militaire à Namur, « Les Défenseurs de Léopold et de la Patrie », dont la liste des membres est conservée au CEDOM. À la lecture de la demande d’inscription au tableau de l’ordre du Grand Orient de Belgique du 27 mai 1834, il ne fait pas de doute que cette création de loge sonne une fin d’époque pour la Bonne Amitié : les signataires de la demande déclarent en effet que « … sommes convenu d’élever un Temp∴ maç∴ attendu que la L∴ de Namur sous le titre distinctif de la Bonne Amitié, avait entièrement cessé ses Trav∴ ».[19]
3. La Loge reprend vigueur
Selon Clement, sur base d’une correspondance avec Théodore Verhaegen, la loge semble reprendre un peu de vigueur à partir de 1835.[20]
Le procès-verbal de la réunion datée du 7 mai 1836 nous apprend en effet une situation assez délicate.
« A la Gl∴ du G∴ Arch∴ de l’Un∴ sous les auspices des vertus Maç∴
Le 7e J∴ du 3e mois 5836, les anciens f∴ f∴ de la Bonne amitié mère L∴ du rit ecoss∴ primitif etablie à l’O∴ de Namur se sont réunis à l’effet d’aviser aux moyens de continuer les sub∴ Tr∴.
Les f∴f∴ qui assistèrent à cette réunion sont :
1° Alexis, médecin principal dans l’armée Belge
2° Beckers, juge de paix à Namur
3° H Bemelmans, avocat à Namur
4° Louis Briard, entrepreneur de messageries à Namur
5° Ct De Francquen, juge de paix à Fosse
6° Kegeljan, négociant à Namur
7° Grooters, avocat à Namur
8° Oostermans, négociant à Jambes.
Les f∴f∴ Piéton maître des postes aux chevaux et Victor Zoude, maître de forges tous deux domiciliés à Namur devaient aussi y assister mais ils furent tous deux empêchés., étaient empêchés.
La proposition de continuer les travaux de la bonne amitié fut à peine faite qu’elle fut accueillie à l’unanimité et il faut le dire avec un enthousiasme qu’on n’oserait chercher à peindre sans l’affaiblir et qui témoigne hautement avec quelle avidité chacun des FF∴ se livrera de nouveau aux sub∴ tr∴ de l’art Royal. Au moment même, les plus vives acclamations ont prouvé la satisfaction de chacun des f∴ f∴ présens ressentait d’avoir reconstruit l’O∴ de la bonne amitié. »
Il a été ensuite décidé également à l’unanimité que les statuts de la R∴ L∴ de la B∴ A∴ seraient provisoirement obligatoires : cette décision qui replace les f∴f∴ sous leurs anciennes règles et doit imprimer aux tr∴ la régularité qui faisait la marque distinctive de ceux de l’ancienne L∴ est couverte d’une triple batterie maç∴ qui retentit dans toutes les régions.
On procède ensuite à la nomination des off∴ dig∴ de la Resp∴ L∴
Les suff∴ appellent le f∴ Grooters au 1er maillet, le f∴ Beckers au sec∴ le f∴ Piéton au 3e le f∴ Zoude est nommé or∴ le f. De Francquen sec∴ le f∴ Kegeljan maitre des ceremonies et le f∴ Oostermans trésorier.
Chacun des f∴f∴ présens accepte les fonctions qui lui sont déférées et temoigne à l’at∴ la reconnaissance qu’il éprouve des marques de confiance qu’il veut bien lui accorder. La L∴ décide ensuite qu’il serait annoncé aux anciens f∴f∴ de la B∴A∴ qui ne sont pas présens, que la L∴ de la B.A. est constituée et qu’ils seraient priés de déclarer par écrit dans la 15e s’ils veulent continuer à en faire partie, qu’en cas de silence ils seraient considérés comme démissionnaire. Cette tenue remarquable par le zèle que chacun des f∴f∴ y deploye, par l’obéissance absolue que montrent les f∴f∴ en acceptant purement et simplement les différens emplois qui leur sont distribués et plus particulièrement par l’extrême importance des tr∴ sous le rapport de la constitution de l’at∴ de la B∴A∴ a comblé les cœurs de tous les f∴f∴ qui se réunissent immédiatement à un banquet ou ne cesse de régner une aménité parfaite et la plus franche cordialité.
Entr’autres santés d’usage on y a tiré celle de la prosperité de la L∴ de la B∴ Am∴ et on a aussi exprimé le vœu que nos anc∴ f∴f∴ se joignent bientôt à nous et nous entourent de leur lumière et que par l’excellence de nos tr∴ nous devenions de plus en plus agréables au G∴ Arc∴ de l’un∴
La L∴ s’ajourne au 28e jour de ce mois, les tr∴ sont ensuite fermés et les f∴f∴ se retirent en paix.
Chacun des f∴f∴ presens apposent leur signature au bas du présent procès-verbal ».[21]
Manifestement les principaux anciens ne sont pas là. C’est en cela que Clement apparaît à contresens lorsqu’il affirme que la loge fut sauvée par ses hauts grades [22], même si Grooters et Beckers signent sur le registre du Comité supérieur en indiquant leur grade, 33e et 32e respectivement. Cependant, il semble certain que la loge des hauts grades fut active durant cette période (cf. l’élévation de Grooters au 33e degré en 1833), et en ce sens, Clement a raison d’écrire qu’ils ont entretenu la flamme. Il est possible que leurs passés orangistes, et/ou des disputes au sein de la loge, les ont rendus méfiants quant à une reprise vigoureuse des travaux en loge bleue. Cependant le souhait de ceux qui reprennent le flambeau est de les ramener dans la loge, afin de retrouver l’ambiance et la qualité des travaux. C’était un pari sur l’avenir ... et aujourd’hui la loge est toujours vivante !
4. Quelques personnalités de la loge.
Notons que François Beckers et François Kegeljan sont doublement beaux-frères (ils avaient épousé la sœur de l’autre!). Et effectivement, ils sont souvent cités ensemble dans les actes de la loge La Bonne Amitié. Ils étaient des belgicistes convaincus.
« Sur proposition de Kegeljan, Wautlet et Bauchau, le Conseil de régence décida, le 8 juillet 1833, d’ériger un monument public pour perpétuer le souvenir de la journée du 1er octobre 1830 ».[23]
François Kegeljan, au décès en 1886 de son seul arrière petit-enfant, Fernand, va continuer ses actions philanthropiques à travers son unique descendant, Ferdinand, et la belle-fille de celui-ci, Louise Godin qui avait épousé François ‘junior’, également seul descendant de sa génération. Déjà, il s’était intéressé avec son fils à la création de l’hôpital Saint-Camille qui est aujourd’hui l’hôpital régional de référence. Il décéda l’année suivante en 1887. Dans la lancée, Louise Godin continuera les rêves du grand-père, avec son beau-père concernant l’hôpital Saint-Camille qui ouvrira ses portes en 1902, mais surtout créa l’institut-hospice Kegeljan, inauguré en 1889 (aujourd’hui ‘espace Kegeljan’) à Salzinnes, ainsi que la fondation « Louise Godin », dont le but était de s’occuper d’enfants « nécessiteux faibles et rachitiques » de la Ville de Namur. C’était donc une institution au départ pédiatrique ; elle fut de qualité. Le fils unique de Ferdinand Kegeljan, appelé Franz ou François, avait en effet épousé Louise Godin qui donne son nom à la place face à la clinique Sainte-Élisabeth ; elle était la fille de papetiers de Huy. Suffisamment riche l’un et l’autre pour vivre de leurs rentes, lui voyagea et devint un peintre reconnu. Le couple Kegeljan-Godin se fit construire un hôtel particulier rue de Fer. Il donna ses œuvres à la Ville de Namur, lesquels brûlèrent avec l’incendie du ‘nouvel’ Hôtel de ville provoqué par les forces occupantes en 1914. Il retravailla de plus belle et légua une belle collection, toujours à la Ville de Namur. Leur hôtel particulier devint l’hôtel de Ville en 1919, vendu à un prix volontairement bas. Puis le bâtiment sera le premier siège de la présidence du gouvernement wallon, et enfin la Ville en reprit possession. Louise Godin, avec son beau-père, fut une philanthrope, dans le sens plein du mot. La fondation Louise Godin existe toujours et s’occupe d’enfants handicapés.
François-Joseph Piéton fait partie de ces frères enthousiastes. Il s’était affilié à la Bonne Amitié en 1815 ; c’était un membre de la loge remarquable, et pas seulement par sa longévité très active au sein de celle-ci. Maître des postes à chevaux, il avait été l’acquéreur du bien national, « l'abbaye de Gembloux », et fondateur des Facultés agronomiques qui s'y trouvent toujours, tout en étant un des souscripteurs permettant la création de l’Université libre de Bruxelles.[24] Il était de ceux qui ont relancé la loge après la révolution belge. Durant cette période, il était porteur du 27e degré, c’est-à-dire Chevalier de l’Aigle noir, et en 1838, il fut élevé au 33e degré (Commandeur de l’Intérieur). Il fut un responsable de l’« Association libérale » de Namur et lutta contre la ‘convention d’Anvers’, combat où Lucien Namèche s’illustra. Il fut par ailleurs mandataire communal et provincial, ainsi que sénateur. On fêta le 28 janvier 1865, à la loge, son jubilaire, avec discours, cantique et banquet (malheureusement les feuillets de cette tenue ont été déchirés par la fureur rexiste (nazie), il n’en reste que quelques fragments). Il décède cette même année.
Dernier couplet (le cantique entier a été reproduit dans le livre de Clement sur l’histoire de la loge et il se trouve également au CEDOM, ci-après) :
« Que Pieton nous serve d’exemple,
Et quels que soient les coups du sort,
N’abandonnons jamais le Temple,
La désertion, c’est la mort !
Que la loge soit notre mère,
Sur les colonnes répétons :
Frère Pieton, tu seras centenaire,
C’est le souhait de tous les Francs-maçons ! »
Pour être complet, nous disposons d’un tableau de la loge au 27 décembre 1837, comportant 27 noms. Mais il est manifestement incomplet, puisque, par exemple les noms d’Alexis (signataire de la reprise des travaux, mais démission actée au Comité supérieur de la loge en 1837), Victor Zoude (fils), maître des forges à Samson (signataire de la demande d’affiliation Grand Orient de Belgique), Ignace Brocal, avocat à Namur (signataire de la demande d’affiliation Grand Orient de Belgique), Pierre Bergeron, professeur à l’Université de Bruxelles, faculté de Philo et Lettres et ancien préfet des études à Namur [25] (député de la loge au Grand Orient de Belgique [26]), ou de Louis Stas, avoué à la Cour d’appel de Bruxelles (député de la loge au Grand Orient de Belgique), n’y figurent pas, ni d’ailleurs ceux de Joseph Walter ou de Marchot fils, mais c’est moins étonnant.
(Notons que ni Bergeron, ni Stas ne figurent dans le registre des noms -archives de la loge-)
Dans ce tableau de 1837, est repris le nom de Jules Darrigade, propriétaire à Namur, fils de Pierre. Il était manifestement favorable à l’indépendance belge. D’autre part, il fréquentait Emma, la fille de François-Joseph Piéton. Dans une annonce nécrologique, Emma est désignée comme la « comtesse douairière Darrigade ». En fait, son époux avait reçu le titre de ‘comte’ pontifical !
Né en 1808, il était avocat. Membre de la loge namuroise, il sera de la partie lors de l'aventure du Chapitre namurois « Caledonian » n°61 de Royal Arch à Namur, avec patente datant de 1845 du « Supreme Grand Royal Arch Chapter of Scotland »[27] ; en 1848, il y porte la charge de « Principal », voir plus loin.[28]
Il épousa donc la fille d'une autre membre de la loge, Maria-Emma Piéton, fille du maître des postes François-Joseph Piéton. Darrigade fut, comme son beau-père, également un des souscripteurs de l'Université libre de Bruxelles.
Le mariage rocambolesque de Jules Darrigade est relaté par John Bartier [29] :
« Ce maçon namurois, 'possesseur d'une fortune considérable' épouse 'une riche héritière, Melle Pieton'. La cérémonie civile terminée, nous apprend L'Observateur, ' l'heureux couple est parti immédiatement pour Paris, à l'effet d'y aller recevoir la bénédiction nuptiale que le clergé namurois avait refusé …' (3 octobre 1842). Là, nouvel échec, les prêtres parisiens se montrant aussi intransigeants que les namurois. Cette mésaventure ne décourage pas les jeunes mariés. Ils gagnent l'Italie, s'unissent religieusement … à Rome et rentrent à Namur, où ils célèbrent leur triomphe en donnant dans leur hôtel où règnent 'le luxe et l'urbanité' un grand bal (Journal de Bruxelles, 22 décembre 1842 et L'Éclaireur cité par L'Indépendance belge, 23 février 1843.) »
C’est comme s’ils avaient fait leur « grand tour » à l’ancienne. Et les Darrigade devait avoir quelques accointances dans la ‘ville éternelle’ puisque, ainsi qu'il est dit, il reçut ensuite le titre de ‘comte pontifical’ !
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5. Mouvements vers le Grand Orient de Belgique
L’étiquette de loge « orangiste » colla longtemps à la peau de l’atelier, en témoigne ce courrier du frère François-Joseph Beckers au frère Théodore Verhaegen du 22 juillet 1836, se plaignant d’un ancien frère de la loge (parti vers la toute récente loge militaire, d’ailleurs reconnue par le Grand Orient de Belgique), un « nommé De Cerf » qui était devenu le vénérable maître de la loge militaire, et qui « s’est permit de tenir en sa Loge les propos que nous formions une loge orangiste, que nous buvions à la santé du prince d’Orange, qu’il nous dénoncerait. » (Curieux propos de De Cerf qui affirmait, deux ans auparavant, que la loge La Bonne Amitié "avait entièrement cessé ses travaux" ?! voir plus haut) Le frère François-Joseph Beckers , juge de paix à Namur, s’inquiétait de savoir si « le Grand Orient a été saisi d’une calomnie semblable », afin de pouvoir apporter une « ample justification ».[30] Ce courrier, non repris et/ou connu de Clement, témoigne d’une loge qui apparaît vivace en juillet 1836, peu de temps avant de demander son intégration au Grand Orient de Belgique, et qui avait encore quelques comptes avec l’orangisme !
En tout état de cause, elle survécut, d’autres n’eurent pas cette ‘chance’. En effet, le 19 août 1836 [31], elle demanda à s’affilier au nouveau Grand Orient de Belgique, par un courrier où 14 frères sont répertoriés :
« Exposent 1° D Blijkaerts controleur des contributions 2° J Brocal avocat 3° L Briard entrepreneur 4° C Beckers juge de paix 5° H Bemelmans avocat 6° Coenraets inspecteur en chef des contributions 7° C De Francquen juge de paix 8° AJ Grooters avocat 9° F Kegeljan négociant 10° A Keyser negociant 11° Lyon-Coupienne rentier 12° V Lyon avocat 13° FJ Piéton maître des postes aux chevaux 14° V Zoude maître de forges, tous composant de L∴ de la Bonne Amitié à l’Or∴ de Namur ;
Que leurs travaux ont été momentanément suspendus par des circonstances tout-à-fait indépendantes de leur volonté et qu’ils désirent aujourd’hui les reprendre. Qu’ils s’empressent de se ranger sous votre bannière et de reconnaître votre pouvoir maç∴ ; à ces causes ils vous supplient d’ordonner que la L∴ de la Bonne Amitié à l’Or∴ de Namur soit replacé à son rang d’ancienneté sur le tableau des LL∴ de l’obédience. » Suivent les quatorze signatures.
Ce qui fut fait et la Bonne Amitié retrouva sa première place au tableau de l’Ordre.[32]
Devant ces données d’apparence contradictoire, je resterais prudent sur les réalités de la vie de la Bonne Amitié à cette époque, où les ‘pro’ et les ‘anti’ orangistes devaient se compter, souvent s’opposer, même au sein de la loge (le courrier De Cerf, un ancien de la Bonne Amitié, l’indique). D’autres exemples de loges où les choses finirent mal avec scission, expulsion de locaux, arrêt des travaux, etc. montrent que ce n’est pas une vue de l’esprit. Plusieurs lignes de fractures semblaient traverser la loge ; celles-ci étaient de nature à rendre chaotique la poursuite des travaux, comme d’ailleurs pour d’autres loges de l’espace belge durant ces temps troublés.
Comme on peut le voir, nous avons des signes, parfois ténus, d’une activité de la loge-chapitre pour chacune des années, sauf l’année 1834, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a rien eu. Elle ne s’est pas mise en sommeil, aucun acte ne peut être relevé dans ce sens ; elle est, selon l’expression de MR Thielemans (voir plus haut)[15], comme d’autres loges, dans une situation ‘attentiste’.
J’avancerais l’hypothèse suivante. La situation était devenue chaotique depuis la mi-1831, suite à la campagne des Dix-Jours. Puis, avec le départ des militaires de la loge en 1834, et du fait que les plus belgicistes étaient à Bruxelles, partis remplir leurs offices politiques (par ex. les frères Fallon), la situation devint critique. Il est possible, en tout cas le courrier de Beckers au Grand Orient concernant les dire de De Cerf semble l’indiquer, qu’il y ait eu quelques réunions composées surtout/exclusivement d’orangistes de la loge, plus vraisemblablement du Chapitre, qui sont sans doute les plus anciens, suivi d’un banquet. Ceci expliquerait le sentiment de Clement qui pense que ce sont les hauts grades du rite primitif qui furent les sauveurs, mais il semble à contre-sens. N’oublions pas non plus les courriers de 1835 avec Théodore Verhaegen, relatés par Clement. Remarquons que, lors de la réunion du 7 mai 1836, on n’y voit que des belgicistes, dont les positions sont très affirmées et bien connues à Namur : Victor Zoude, le chirurgien Jean-François Alexis qui prit part personnellement aux combats du 1 octobre 1830 à Namur (il en avait pris la tête !), François Kegeljan [33], etc. JF. Alexis, Isidore Fallon et F. Kegeljan avaient d’ailleurs été élus au conseil communal de Namur aux élections des 20 et 24 novembre de 1830.[34]
Notons que François Kegeljan, qui apparaît central dans la reprise vigoureuse des travaux de la loge, était à ce moment Préfet de l’Intérieur (32e), et deviendra Commandeur (33e) en 1838 (registre des noms, archives de la loge). Il apparaît donc que des membres de la loge forcèrent le destin, entraînant la Bonne Amitié à imposer la paix entre ses différentes composantes ; un cap était passé ; ensuite la loge demanda son admission au Grand Orient de Belgique. C’est probablement ainsi qu’il faut comprendre « chacun des f∴ f∴ présens ressentait d’avoir reconstruit l’O∴ de la bonne amitié. ». En effet, le courrier de Beckers du 22 juillet nous apprend que De Cerf, un ancien de la Bonne Amitié et à ce moment membre de la loge militaire de Namur (forcément un belgiciste [35]), sans doute au courant du mouvement de la loge vers la nouvelle Obédience, menaçait d’avertir le Grand Orient de Belgique que la Bonne Amitié était une loge orangiste. Il n’était manifestement pas au courant de la réunion du 7 mai, mais probablement d’autres réunions antérieures où certains/tous (?) avaient porté effectivement des santés au prince d’Orange (qui était le Grand Maître du Grand Orient des Pays-Bas). En tout état de cause, François-Joseph Bekers remit les pendules à l’heure au niveau de l’Obédience. La loge fit alors sa demande officielle le 19 août. Elle y est intégrée avec son rang d’ancienneté. Le 21 novembre 1839, la Bonne Amitié est attaquée dans son combat anticlérical, mais pas encore anti-catholique, et peut-être que ce combat ressoude les membres, par le journal « L’Ami de l’Ordre », journal catholique namurois, avec des accents ultramontains, qui publia les noms de 115 de ses membres. Ce fut le journal le plus important du Namurois de cette époque, son tirage était supérieur à ceux de ses concurrents réunis.[36] Il se transféra dans le journal « Vers l’Avenir » en 1918, journal qui existe toujours. Difficile de croire une telle explosion de membres en 3 ans ; c’est que la loge n’était pas si maigre que cela en 1836 ! (cf. plus loin, le courrier du Bus). Ceci permet d’expliquer simplement les pièces dont nous disposons, mais cela reste du domaine de l’hypothèse.
L’abandon du rite primitif quelques dizaines d’années plus tard trouve certainement une de ses causes dans l’anticléricalisme, lorsque celui-ci se doublera d’un anti-catholicisme. Ce n’est pas encore le cas.
Le Grand Orient de Belgique mit du temps pour se constituer. Il y réussira les 16 janvier et 23 février 1833, comme on vient de le voir. Cela se fit dans le désordre. Deux obédiences naquirent, d’une part le Grand Orient de Belgique qui ne fédéra finalement qu’une dizaine de loges, dont certaines auront bien du mal à retrouver un équilibre, comme la « Bonne Amitié » de Namur, et d’autre part une « Fédération maçonnique » regroupant deux, puis trois loges du bassin liégeois. Par ailleurs cinq loges restèrent membres du Grand Orient des Pays-Bas (La Haye), et plus grave, dix loges vont disparaître.[37]
Chose peu connue, après Alexandre Gendebien, qui fut jugé trop révolutionnaire, c’est d’abord à Théophile Fallon, qui était un élu du Congrès national et à ce moment vénérable maître de la loge namuroise, que l’on proposa le premier maillet du nouveau Grand Orient de Belgique. Il déclina et re-déclina durant 13 mois ![38] Là aussi, on comprendrait mal que l’on proposa le premier maillet belge au 'vénérable maître' (président) de la ‘vieille’ loge, qui fut si importante durant le régime précédent, et qui serait à l’agonie. Théophile Fallon resta d’ailleurs actif à Namur puisqu’on le revit le 12 avril 1838, comme second Lieutenant-Grand-Commandeur lors de la cérémonie d’intronisation de Joseph Walter en tant que Grand Commandeur du Rite écossais primitif.
On se tourna alors, en 1835, vers Goswin de Stassart [39], président du sénat et tout nouveau gouverneur du Brabant. Il avait la faveur du Roi. Il avait été affilié à la Bonne Amitié de 1820 à 1824. Il était porteur du 29e grade du rite primitif en 1822, il l’était toujours en 1825 (Grand Élu de la Vérité, un grade Kadosch). Suite à son retrait de la loge, il y resta comme membre d’honneur.
Stassart devint donc le premier Grand Maître du Grand Orient de Belgique, de 1835 jusqu’à sa démission en 1841, causée par les critiques de plus en plus insistantes des loges pour sa position jugée trop conciliante face au mouvement catholique et ses désaccords avec Théodore Verhaegen (le fondateur de l’Université libre de Bruxelles).
6. Au Grand Orient de Belgique
Eugène Defacqz, un avocat, magistrat, membre du Congrès national en 1830, professeur-fondateur de l’Université libre de Bruxelles et parlementaire, après élection, le remplaça comme Grand Maître en 1842, Théodore Verhaegen garda sa position. Defacqz était le neveu de Joseph Jacotot, un exilé français fondateur du Suprême Conseil des Amis Philanthropes, qui avait été à l’origine de l’école polytechnicienne française durant la période napoléonienne. Il rentrera en France avec l'amnistie de 1830. C'était durant ses cours à Louvain au cours de la période hollandaise, qu'il se découvrit « maître ignorant » notamment face à des étudiants de langue flamande. À partir de cette expérience, il développa ses méthodes qui étaient révolutionnaires pour l'époque, sa pédagogie sera célèbre quoique suscitant une forte controverse : « L'instruction est comme la liberté : cela ne se donne pas, cela se prend ». Celle-ci était basée sur le travail personnel de l'étudiant, proclamant l'égalité des intelligences, et proscrivant le « maître explicatif ». Sur sa tombe au Père Lachaise, son credo « Je crois que Dieu a créé l'âme humaine capable de s'instruire seule et sans maître ».[40]
Le Grand Maître du Grand Orient de Belgique, Goswin de Stassart, était un catholique proche de l’épiscopat, qui demanda l’accord préalable de l’internonce Gizzi avant de devenir Grand Maître (des documents en attestent). Après les circulaires de l’archevêque Englebert Sterckx condamnant la franc-maçonnerie belge en 1837, il eut une correspondance suivie avec l’évêque de Liège Van Bommel que l’on peut consulter. Il rencontra également l’archevêque, afin de trouver un terrain d’entente, jurant que la maçonnerie n’était pas anti-catholique, au contraire. Lors de sa démission de sa charge de Grand Maître, son confesseur Williaert, d’écrire immédiatement à Sterckx : « C’est ainsi, Monseigneur, que la persévérance que j’ai mise pendant trois ans à entreprendre cette sommité de la Loge, avec zèle, prudence et modération, a été, grâce à Dieu, couronnée de succès ».[41]
On a une belle illustration de cette opposition des loges à de Stassart dans la réponse de la loge de Huy, Les Amis de la Parfaite Intelligence (API), une loge également mosane, à un courrier de la loge namuroise. La Bonne Amitié lui reprochait, par un courrier daté du 20 avril 1840, d’avoir opté pour la « Fédération maçonnique liégeoise » plutôt que pour le « Grand Orient de Belgique ». Dans sa réponse, les membres de la loge des API mirent notamment en cause de Stassart pour expliquer le choix qu’ils avaient fait : « N’était-ce pas ce même Grand Orient qui poussa, par l’organe de son Grand Maître, ce fameux sauf-qui-peut maçonnique, lorsque des prêtres insensés et fanatiques venaient d’anathématiser la franc-maçonnerie ? Un pareil acte de couardise et de pusillanimité seul eût suffi pour nous empêcher de nous soumettre à un chef d’ordre qui n’avait ni courage, ni fermeté et qui loin de donner l’exemple d’une noble résistance et d’encourager les faibles, dans une crise imminente, déserta ses drapeaux, renia ses croyances et proposa la fuite sans combat comme moyen de salut ».[42]
Ce n’est donc pas seulement l’opposition de Théodore Verhaegen, son représentant, et des loges à ses positions conciliantes pro-catholiques qui sont à l’origine de la démission de Stassart comme Grand-Maître, mais aussi le fait qu’il était un proche du mouvement catholique et que la hiérarchie de l’Église lui demanda de façon insistante sa démission durant 3 ans, ce qu’elle obtint.
Entre-temps, Goswin de Stassart avait perdu en 1838 la présidence du Sénat, et, en 1839, il fut démis de sa charge de gouverneur du Brabant.[43] Ces deux événements, qui furent causés à la fois par le milieu ultramontain et le Roi, firent bondir, en faveur de Stassart, tout ce que la Belgique comptait de Libéraux et/ou de Franc-maçons.[44]
En effet, dans un premier temps, les disputes entre libéraux et catholiques furent mises en veilleuse pour les besoins de l’indépendance. L’Église cherchait avant tout la liberté de l’enseignement que lui offrait la nouvelle Constitution. La création en 1834 de l’Université catholique de Malines (qui deviendra l’Université catholique de Louvain) et de l’Université libre de Bruxelles (création maçonnique) furent une expression importante de cette liberté nouvellement acquise, même si ce sera une cause de forte crispation et de polarisation. Ce n’est que le 28 décembre 1837 que les hostilités furent officiellement déclarées ; en effet, c’est à cette date que l’encyclique de 1832, condamnant une nouvelle fois la Franc-maçonnerie, fut mise en application par la circulaire épiscopale signée par le cardinal Englebert Sterckx et les autres évêques.[45]
À partir de ce moment, les attaques ne faibliront plus, de chaque côté. Stassart, assis entre deux chaises, en fut une des victimes. L’unionisme aura de plus en plus de mal à se maintenir. Ceci est annonciateur du premier gouvernement catholique homogène de 1846 (de Theux-Malou) avec l’interdiction pour les militaires de faire partie de la franc-maçonnerie (et la disparition des loges militaires), puis d’un basculement de régime, lequel s’effectuera en 1847 avec les élections qui marquèrent la victoire des Libéraux contre les Catholiques et la fin définitive de l’ ‘unionisme’.
Les tensions entre des membres de la loge namuroise et le premier Grand Maître du Grand Orient de Belgique furent très réelles : Stassart, fort proche des milieux catholiques, dénonçait déjà en 1825, la loge namuroise comme « un repaire de ces tartuffes libéraux ». Ceux-ci, par la voix de Théophile Fallon, répliquèrent en défense du monopole de l'État sur l'enseignement, qui sera supprimée avec la nouvelle Constitution [46] :
« Point de cagots
De faux dévots
Dans la Franche-Maçonnerie
Que par l'effet de l'Art Royal
Le monde entier soit libéral. »
Ce positionnement « libéral anticlérical » va se maintenir après la révolution belge :
« Je ne serais pas surpris en effet que les libéraux exclusifs ou franc-maçon (c’est tout un) criassent victoire. Ceux de Namur avaient menacé depuis plusieurs semaines de publier la liste des francs-maçons de leur Loge pour prouver leur importance ; ils ont réalisé leur menace ... » (courrier de François du Bus à son frère Édouard, du 19 novembre 1839 [47]) Une liste de 115 maçons namurois fut en effet publiée quelques jours plus tard, le 21 novembre, … mais dans le journal catholique ultramontain namurois, « L’Ami de l’Ordre ».
Le soutien (financier) de membres de la loge [48] et de la loge elle-même [49] à la création et la survie des premiers temps de l’Université libre de Bruxelles, création maçonnique ‘libérale’, fut d’ailleurs réelle.
Mais clairement, sans doute en réaction aux attaques cléricales très frontales, le Grand Orient amorça sa phase politique qui aboutira à la suppression en 1854 de l’article 135 des statuts du Grand Orient, qui interdisait les discussions d’ordre politique et religieuse au sein de l’obédience, mais aussi de l’obédience (voir plus loin).
La loge de Dinant, « Les Enfants de la Bonne Amitié » fut créée par la Bonne Amitié au Rite écossais Primitif en 1838. Elle ne vécut pas fort longtemps, puisqu’elle fut mise en sommeil en 1852.[50]
Autre loge, ici à Namur, fondée en 1838, « Les Amis de L’Union » dont on ne sait rien sinon qu’elle reçut des lettres de constitution du Grand Orient.
Époque troublée où des membres de la loge peuvent être réellement en difficulté financière. Par exemple Édouard Fischer, vérificateur au ministère de la guerre, initié en 1838, on est en ~1840 : « Ce frère a reçu les 4e au 22e sans payer. En remerciement, il a fait dont à la L∴ d’un écrin contenant 12 couverts en argent. Il a promis de laisser sa bibliothèque à la L∴ après sa mort ».
Il sera de l’aventure du Chapitre Caledonian de Royal Arch (registre des noms. Archives de la loge), qui débute quelques années plus tard, en 1845.
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Références
1. Marcel de Schampheleire, Histoire de la Franc-maçonnerie depuis 1830. Un siècle et demi de Grand Orient de Belgique. Tome 1, Grand Orient de Belgique, 1987, pp 36-37.
2. Ce terme ne vise pas un soutien direct à la famille d'Orange-Nassau, mais un consensus avec l'organisation politico-sociale qui avait été mise en place, prolongeant celle de la période française, et par exemple un enseignement monopole d'État : « La dévotion doit être gouvernée, elle ne doit jamais gouverner ». (extrait du discours concernant l'enseignement, à la Chambre, de 1826, par C.A. de Gavre. in J. de Dorlodot, op.cit., p 181.
3. Jean Stengers. Les racines de la Belgique. Tome I, Éditions Racine, 2000, pp 215-226.
4. Tableaux de la loge de 1822 et 1823. CEDOM ; tableau de la loge de 1825 (collection de la loge « La Bonne Amitié »).
5. Eugène Cruyplants. Histoire de la participation des Belges aux campagnes des Indes orientales néerlandaises sous le gouvernement des Pays-Bas (1815 – 1830). Édition Spineux, Bruxelles, 1883.
6. Felix Rousseau. Namur, Ville mosane. Éditions La Renaissance du Livre. 1958, pp 129-31.
7. Fernand Clement. Contribution à l’étude des hauts grades de la Franc-Maçonnerie et particulièrement à l’Histoire du Rite Écossais Ancien et Accepté en Belgique. Éditions du Suprême Conseil de Belgique, 1937, p 132.
8. Fernand Clement. Contribution à l’histoire de la R∴L∴ « La Bonne Amitié » à l’Orient de Namur. Bulletin du Grand Orient de Belgique, 1924, p 232.
9. Marie-Louise Warnotte. Étude sur la presse à Namur 1794-1914. Éditions Nauwelaerts, 1965, pp 131-3.
10. Idem, p 173.
11. Collectif. La vie à Namur en 1830. Crédit Communal, 1980 (exposition à la Maison de la culture à Namur), pièces n°11 et n°55.
12. Fernand Clement. Histoire de la Franc-Maçonnerie belge au XIXe siècle. 1e partie : 1800 à 1850. Imprimerie du Suprême Conseil, 1948, p 108.
13. Archives de Moscou. CEDOM, Farde Goblet d’Alviella, Amis Philanthropes.
14. Marcel De Schampheleire. Histoire de la Franc-maçonnerie belge depuis 1830. Tome I. Éditions du Grand Orient de Belgique, 1987, p 30.
15. Marie-Rose Thielemans. Goswin, baron de Stassart (1780-1854). Académie Royale de Belgique, pp 372-3.
16. Els Witte, V Borné. Documents relatifs .. Op. Cit., 31-2.
17. CEDOM. Archives de Moscou. Farde Goblet d’Alviella, Amis Philanthropes.
18. Collectif. Liège. Loges et Chapitres du XVIIIe au XXe siècle. Édition Chapitre Charles Magnette de la PIER, 1985. p 152-3.
19. CEDOM. Archives de Moscou. N° 4 0100.
20. Fernand Clement, Contribution à l'histoire de la R ∴ L ∴ La Bonne Amitié à l'Orient de Namur. Bulletin du Grand Orient de Belgique, 1924, p 240.
21. Archives de Moscou. CEDOM, Farde Goblet d’Alviella, Amis Philanthropes.
22. Fernand Clement, Contribution à l'histoire de la R ∴ L ∴ La Bonne Amitié à l'Orient de Namur. Bulletin du Grand Orient de Belgique, 1924, pp 239-40.
23. Ernest Fivet. Le pays de Namur et la Révolution de 1830. Imprimerie Lambert-De Roisin, Namur, 1930, p181.
24. Léon VanderKinderen. 1834-1884. L'Université de Bruxelles. Impr Weissembruch. 1884.
25. Idem, p 148.
26. Archives CEDOM, farde Goblet d’Alviella. Listes des loges avec députés. Il y en a trois pour Namur : Beckers, Bergeron, Stas. Leurs pouvoirs expirèrent le 22 août 1839.
27. Laws of the Supreme Grand Royal Arch Chapter of Scotland. 1869.
28. Fernand Clement, déjà cité, p 255.
29. John Bartier. Laïcité et franc-maçonnerie. Ed. Université de Bruxelles, 1982, p100.
30. Els Witte, avec la collaboration de Fernand Borné. Documents relatifs à la Franc-maçonnerie belge du XIXe siècle, 1830-1855. Éditions Nauwelaerts, 1973, p 62.
31. Elle n’est pas la seule loge à rejoindre tardivement le Grand Orient de Belgique. Les Amis Réunis de Tournai y fut intégré le 10 mai 1836, en prenant rang à la deuxième place du tableau de l’Ordre. Pragman Jiri, sous la direction de. Visages de la Franc-Maçonnerie à Tournai. Memogrames, 2006, p 57.
32. Archives de Moscou. CEDOM, Farde Goblet d’Alviella, Amis Philanthropes.
33. Ernest Fivet. Le Pays de Namur et la Révolution de 1830. Récit des événements. Seconde édition. Imprimerie Lambert-De Roison, 1930.
34. Collectif. La vie à Namur en 1830. Crédit Communal, 1980 (exposition à la Maison de la culture à Namur).
35. Le terme ‘belgiciste’ est un néologisme ; utilisé dans ce contexte-ci, il vise les personnes favorables à l’indépendance de la Belgique.
36. Marc Ronvaux. Une histoire du Namurois. Tome 3 : L’époque contemporaine. Éditions Martagon, 2016, pp 81-2.
37. Marcel De Schampheleire.. Histoire de la Franc-maçonnerie belge depuis 1830. Un siècle et demi de Grand Orient de Belgique. Tome 1. Grand Orient de Belgique, 1986, pp 34-7.
38. Fernand Clement. Histoire de la Franc-Maçonnerie belge au XIXe siècle. 1e partie : 1800 à 1850. Imprimerie du Suprême Conseil, 1948, p104.
39. Marie-Rose Thielemans. Goswin, baron de Stassart, 1780-1857. Académie Royale de Belgique, 2008, p 374.
40. Christophe de Brouwer. Le crieur de la Marne: Pierre Louis Prieur. Si Fodieris Invenies, 3 août 2014. http://sifodierisinvenies.overblog.com/2014/08/le-crieur-de-la-marne-pierre-louis-prieur.html
41. Marcel De Schampheleire. Histoire de la franc-maçonnerie … Op. cit., p 99-100.
42. Adrien Lhomme. Si ma Loge m’était contée … Cercle d’études Joseph Lebeau, 2009, p 369.
43. Voir à ce sujet, la dépêche du 13 janvier 1838, du diplomate Rechberg à Metternich. Il tente d’expliquer la position, tant de l’épiscopat, que du ministre de Theux du parti catholique. Els Witte, avec la collaboration de Fernand Borné. Op. cit., pp 99-100.
44. Par exemple la planche de Charles Buydens à de Stassart, Namur le 6e jour du 5e mois 5839. Els Witte, avec la collaboration de Fernand Borné. Op. cit, p 268.
45. Marie-Rose Thielemans. idem, pp 385-95.
46. Marie-Rose Thielemans. idem, pp 267 & 365-66.
47. Els Witte, avec la collaboration de Fernand Borné. Op. cit., pp 279-80.
48. On trouvera de nombreux membres de la Loge namuroise parmi les fondateurs (souscripteurs) de l’Université Libre de Bruxelles. Léon Vander Kinderen. 1834-1884. L'Université de Bruxelles. Impr. Weissembruch. 1884, annexe 1 ‘Fondateurs’, pp I-XLIV.
49. Lettre du frère Buydens à Verhaegen, du 3 novembre 1838. Els Witte, avec la collaboration de Fernand Borné. Op. cit, pp 173-5.
50. Fernand Clement. Contribution à l'histoire de la R ∴ L ∴ La Bonne Amitié , op cit, p 251-3.
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On estime généralement que la représentation de la Muette de Portici au théâtre de La Monnaie à Bruxelles, le 25 août 1830, suivie d'un début d'émeute, fut l'amorce de la Révolution belge.