Rite Écossais Primitif (6). La Maçonnerie de la « Haute Science » (23e au 28-29e degrés)

Publié le 13 Septembre 2023

Ce qu’on pourrait appeler la maçonnerie philosophique, ou, dans ce cas-ci, de façon plus explicative, les grades préparatoires à l’Ordre intérieur -de Stricte Observance templière- (du 30e au 33e), va jusqu’au 29e grade. Le Rite Écossais Primitif (REP) les appelle les grades de la « Haute Science ». Le dernier grade (29e) sera traité spécifiquement dans le prochain article.

 

Sauf les deux grades d’entrée, de facture assez classique, le Sublime Écossais (23e) et le Chevalier du Soleil (24e), les cinq autres sont des grades à caractère « templier ».

Ils précèdent et préparent à l'Ordre Intérieur. Trois sortent du lot : le Grand Écossais de Saint-André (25e); le Sublime Prince du Royal Secret ou Chevalier de Saint-André, Gardien fidèle du Tabernacle Sacré (26e); et le Grand Élu de la Vérité (29e ).

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Chevalier du Soleil. Paris, musée de la Franc-maçonnerie (Archives russes), Num. Inv. D2.SN01

 

Sublime Écossais (23e)

Ce grade, 23e de la série namuroise, correspond à la « Jérusalem céleste », donc de la seconde partie de l’Apocalypse selon Jean. Il partage son nom et globalement son contenu notamment avec la « Maçonnerie des hommes » (début des années 1780) ou celui de la série de Brno (années 1770), que l’on trouve l’un et l’autre sur le site de Latomia.

Au REAA, ce grade se trouve en 19e position sous le nom de Grand pontife ou Sublime Écossais.

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Chevalier du Soleil (24e)

Ce très beau grade, 24e de la série, est un grade qui fut très répandu et dont les rituels sont relativement convergents. Pierre Mollier en a fait une étude assez exhaustive.[1] Le rituel de Namur n’appelle pas de commentaire particulier. Il se trouve à la 28e place du REAA sous le nom de Prince adepte, Chevalier du Soleil.

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Rituels de Dresde 1774 : Grand Écossais

Grand Écossais de Saint-André (25e)

Le Grand Écossais de Saint-André (25e) propose un rituel assez court, (il est disponible sur Latomia et retranscrit ici).

1ère surprise. Il existe, dans un fonds privé, un manuscrit du grade d’ « Ecossais de Saint-André », suivi d’une « Reception du Noviciat, Introduction à l’Intérieur », terme qui fait penser à l’ordre Intérieur namurois. D’ailleurs dans ce rituel particulier, il est clairement précisé que « Le Vble d’une Loge Ecossaise doit être Commandeur de l’Intérieur, et les 1r et second Surv:. doivent être chevaliers de l’Intérieur, dans une Loge Ecossaise de St. André. » Ces rituels furent mis à jour et publiés par Roger Dachez.[2] Ils dateraient de 1776 et Dachez estime qu'ils pourraient provenir de « Strasbourg ». Ce manuscrit portant sur l’Écossais de Saint-André est en fait très superposable à celui de Namur (par rapport aux rituels de Stricte Observance bien connu datant de 1775 et déposé à la bibliothèque de Lyon).

 

2è surprise. On trouve, parmi les rituels provenant de la collection du marquis de Gages (déposé à la BnF) et qui suit les rituels « des Dames », un grade intitulé :

« Réception du Sublime Grade d'Écossais d'Allemagne dit de Saint-André. La Loge est tendue en rouge. Le bijou de ce Saint Patron se porte à un ruban vert à la boutonnière. »

Ce rituel est également fort court, il donne une impression d'archaïsme mais est tout à fait superposable à ceux de Namur et de Strasbourg, chacun y tenant donc sa place. Il serait, soit de 1763, soit de 1767, selon une datation discutée. Les termes de "maître écossais de Saint-André" se retrouve déjà sur un rituel allemand à Berne vers 1744 (Klaus Bettag). Voir aussi la discussion de Pierre Mollier portant sur les Chevaliers Écossais, à propos d'une tenue de 1743 de la Loge Union à Berlin où, à cette date, se rencontrent déjà certains éléments que nous trouvons dans les rituels discutés ici.[3]

L'ouverture des travaux de Namur est très proche de celle de « Strasbourg », et ne comporte pas non plus l'invocation : « Au nom de tous les Supérieurs de l'ordre » comme chez Gages.

Par contre, à Namur, les santés du banquet qui suit le sacre, sont les suivantes : « Les quatre santés sont celles 1° Gr∴ Mtre de l’ordre ; 2° de tous les supérieurs de l’ordre ; 3° de tous les chev∴ de l’ordre ; 4° en commémoration de ceux qui ont été et qui ne sont plus. »

 

Il faut être Maître pour accéder à ce grade (et non porteur du grade précédent), ce qui est conforme au système de la Stricte Observance mais étonne s’agissant du 25e degré de la série du rite primitif. Néanmoins, ceci est conforme au règlement qui avait été envoyé au Grand Orient de France lors de l’« agrégation » de la Loge à l’Obédience en 1808.

Le Maître est « sacré » Chevalier Écossais de St André : il s’agit donc d’un sacre, tout comme pour le Chevalier de l’Intérieur (31e) : il y a cohérence. Cette cohérence est renforcée par le fait que l’on accède à l’Ordre Intérieur en tant qu’Écossais de St André (et non comme Grand Élu de la Vérité, 29e, ou un autre grade intermédiaire), ce qui est à nouveau conforme au système de la Stricte Observance. La couleur n’est ici pas précisée (rouge et vert pour Gage, rouge et vert pour Strasbourg1776). Notons que la couleur pour le novice est verte alors que celle du Chevalier de l’Intérieur est le rouge.

 

De façon très évidente, ce sacre n’est rendu possible qu’après avoir été conduit au supplice (l’impétrant doit subir le coup de maillet qui tue Hiram au 3e grade). Il est sauvé in extremis ; on lui fait grâce pour sa « science ». Très logiquement, ceci renvoie à la passion et à la résurrection de Jésus-Hiram ; c’est évoqué dans le rituel et le mot sacré en témoigne. De nombreux grades évoquent des tortures et autres supplices à supporter par l’impétrant mais ici c’est central. Et cela prenait, ne l’oublions pas, aux XVIIIe et début du XIXe siècles, une connotation de vécu et de cérémonial dans un espace civil qui n’existe plus aujourd’hui : « D’ordinaire, l’échafaud, la potence, le bûcher, la roue, suivant les cas, étaient dressés sur le Marché Saint-Remi, en face de l’hôtel de ville [ndr : de Namur]. Le condamné, encadré des Consolateurs, s’avançait portant au cou un chapelet de six dizaines, en ambre, terminé par une tête de mort sculptée, en ivoire. Ce chapelet, qui appartenait à la Confrérie, existe encore. » Il s’agit de la Confrérie de la Miséricorde (ou de Saint-Jean le Décollé). Le registre des condamnés, tenu par la Confrérie court de 1748 à 1825, contient cent onze mentions. La guillotine fait son apparition avec la période française.[4] Ajoutons que la thématique de la miséricorde est présente dans ce grade, on fait grâce au condamné, tout comme il devient explicite dans celui de l’Élu de la Vérité ou de Chevalier de l’Intérieur (voir plus loin).

 

L'instruction namuroise reprend aussi de façon très proche les demandes et réponses du rituel de Strasbourg, mais dans un ordre différent. Elle comporte en outre des demandes et réponses supplémentaires, parcourant les étapes du candidat, comme dans l’instruction de Gages.

 

Rappelons que le rituel de Gages ne reprend, dans son catéchisme, aucune des demandes-réponses qui ont trait spécifiquement à chacun des quatre animaux, tout comme le rituel dit de « Dresde » de 1774 [5], que nous allons utiliser comme comparatif. Ajoutons que le nom de ce grade dans ce rituel est « die Scottischen Meister », que son texte est assez court et passablement ressemblant, mais qu’il ne représente manifestement pas une filiation directe avec Namur.

 

Le terme « Saint-André » peut faire problème. On pourrait avancer l'hypothèse que le nom d'« Écossais de Saint-André » est ancien, et que ce serait à la suite de la réforme du convent de Kohlo de 1772 que le qualificatif « Saint-André » aurait été occulté, puis qu’il aurait été repris dans la réforme willermozienne.

 

On peut se demander si le rituel un peu particulier découvert par Dachez ne provient pas de traductions françaises (ou peut–être même ayant été écrits directement en français) d'anciens rituels, qui auraient circulé dans l'espace allemand / autrichien (c'est ce que suggèrent le titre et la datation du rituel de Gages). Dans ce cas il n'appartiendrait pas à la « filiation » franco-allemande Weiler (post-Kohlo), mais plutôt à une filiation praguoise pré-Kohlo, vers 1763-4, époque de l’implémentation de la Stricte Observance dans ces régions catholiques (et entériné par le convent d’Altenberg de 1764). Car n’oublions pas qu’à cette époque les Pays-Bas méridionaux faisait partie de l’espace autrichien tout comme la Bohème (États héréditaires habsbourgeois). Cela reste cependant une hypothèse.

 

D’autre part, une origine strictement allemande de l'« Ecossais de Saint-André » doit être tempérée par l'existence d'un grade d'« Écossois » ou de son souvent équivalent « Architecte » (4e grade non hiramique), manifestement précurseur d'autres rituels, repris dans le livre « Les Francs-maçons écrasés » de 1747 à Amsterdam, attribué à l'abbé Larudan, où l'on trouve les premières descriptions de cinq animaux (lion, singe, renard, pélican, colombe), dont trois sont reprises par le grade namurois (et plus généralement les rituels équivalents) avec les mêmes significations. Néanmoins, les premiers rituels d'Écossais de Saint-André semblent être ceux en langue allemande de Berne.[6]

Une hypothèse plus générale, concernant ces grades de Stricte Observance dans un espace catholique, sera proposée lors de la discussion sur le dernier grade du système namurois, celui de Commandeur de l’Intérieur (à venir).

 

Notons donc le tetramorphe dont use ce rituel.

Ce n’est pas inhabituel dans les rituels maçonniques. L’évocation du tétramorphe représentant les quatre apôtres (Mathieu = homme, Marc = lion, Luc = boeuf, Jean = aigle), ou les « quatre vivants », peut également être trouvé dans plusieurs rituels et/ou tableaux de grade, dont les Chevaliers d’Orient et d’Occident, certains Écossais de Saint-André, le Prince du Royal Secret, mais aussi le Royal Arche.[7]

 

Voici un tableau comparatif de quelques éléments de l'ouverture et de l'instruction :

Gages 1763/7 (?)

Strasbourg 1776 (?)

Namur

Dresde (traduction)

Jouvre la loge Ecossaise de St. André au nom du grand architecte de l'univers, au nom du grand maître et au nom de tous les Superieurs de l'ordre

J'ouvre la Loge de St. André, au nom du Grand Architecte de l'Univers, au nom du Grand Maître, et au nom de tous les Maîtres de Loge, et au nom de tous les Maçons répandus sur la surface de la terre.*

J'ouvre la Loge de St. André, au nom du gr Arch de l'Un au nom du gr Mtre de l'ordre, au nom de tous les Mtres et au nom de tous les chev qui sont rependus sur la surface de la terre.

J'ouvre donc cette Loge aux noms des Supérieurs de l'Ordre, par les nombres sacrés, avec tous les honneurs dus à la maçonnerie écossaise.

D : estes vous Ecossois de St Andre

R : oui sans replique*

D : Etes-vous Ecossais de St. André

R : oui je le suis.

D : Etre-vous Écoss  de St André ?

R : oui sans replique

D : Etre-vous un Maître Écoss   ?

R : oui sans réplique***

D : qu'els sont les qualites d'un Ecossois

R : La finesse, la Sagesse, la rapidite, la force dans toutes les entreprises pour l'ordre, figurée par l'embleme du renard du singe de l'epervier et du lion

D : Comment connaîtrais-je que vous l'êtes

R : Aux quatre points fondamentaux qui sont marqués dans le tableau traçé.

D : Qui sont-ils ces quatre points emblématiques

R : Le singe, le renard, l'epervier et le lion.

D : Comment connaitrai-je que vous l'êtes ?

R: Aux quatre points fondamentaux qui sont marqués dans le tableau, et qui indiquent les qualites d'un Ecoss .

D : quels sont-ils ?

R : le lion, le singe, l'epervier, et le Renard.

D : Combien d' emblèmes figurent*** un maître écossais ?

R : Quatre. Un lion, un renard, un singe, un épervier.

D : Cela signifie ?

R: Un écossais doit encore ajouter aux qualités du Maître, le cœur du lion, la ruse du renard, l'astuce du singe et la vitesse d'exécution du faucon.

D : ou avèz vous été recu ?

R : dans les ijles** de l'Ecosse ; dans un lieu préposé pour le Suplice.

Néant

Néant

D : Où avez-vous été reçu ?

R : Dans les îles d'Écosse.

D : A quel endroit ?

R : À un endroit préparé pour le jugement.

*En gras, des parties de sentence qui se trouvent dans Gages et, soit dans Strasbourg, soit dans Namur et en italique des parties communes entre  Strasbourg  et Namur.

**Graphie qui semble typiquement flamande  (plus haut dans le rituel, c'est « dans l'Ille d'écosse ») : île s'écrit « eiland » en orthographe actuelle néerlandaise, mais ijland (même prononciation) est une vieille graphie flamande/néerlandaise (en allemand, Insel).

Est-ce une indication de la langue du traducteur et/ou d'un rituel d'origine ?

Notons que ceci rejoint l'analyse des rituels de Gages réalisée par P. Cockshaw et R. Gillard, montrant une origine brabançonne du papier et une transcription régionale des textes.[8] Notons que cette réplique ne se trouve ni dans Strasbourg, ni dans Namur, mais bien dans Dresde.

*** Certains mots particuliers de Gages peuvent être utilisés pour la traduction de Dresde, même si d'autres conviendraient également : « Ja, ohne Widerrede » / « Wie viel Sinnbilder legt man einem schottischen Meister vor ? »

 

Le rituel namurois ne possède pas de descriptif du décor de la loge, et le « tableau » est présenté allégoriquement au cours de la cérémonie. La Croix de Saint-André est épinglée à la boutonnière, sans qu’aucune couleur ne soit mentionnée. Nous trouvons le mode des quatre scrutins, comme à Strasbourg, mais qui n’est pas chez Gages. Par contre, par rapport à Strasbourg, le rédacteur de Namur a manifestement oublié de transcrire la question spécifique concernant le Renard, tandis que celles concernant les trois autres animaux s'y trouvent.

 

Nous devons souligner la précocité du rituel de Gages dans l'espace francophone et/ou autrichien (1763 ou 1767) et sa proximité avec le rituel de Dresde.

 

Ne faut-il pas rapprocher cette « activité » rituélique de type SOT de l'affirmation de René Le Forestier ?

« Au début de 1766 la Stricte Observance dominait vingt-cinq Loges réparties dans la Basse-Saxe, la Prusse, le Hanovre, le duché de Brunswick, le Danemark : il vint même des adhésions de Bohême.

Ces débuts étaient encourageants, aussi Bode projetait-il de se rendre, au cours de l'année 1766, d'abord en Hollande où l'appelaient des Frères avides de s'instruire, puis dans les Pays-Bas autrichiens, enfin en Russie ».[9]

 

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Sacre au 25e grade : Grand Écossais de Saint-André.

 

 

Ouverture de la L∴

Le Gr∴ Mtre frappe un coup de mal∴ pour commander le silence et dit : « GG∴ 1er et 2d Surv∴, comme nous sommes à couvert au dehors, voyez chacun sur votre Col∴, si tous les FF∴ sont Chev∴ et légitimes Ecoss∴ de St André et prenez de chacun d’eux le mot de passe, la parole, le signe et l’attouchement que vous viendrez me rendre. »

Les Surv∴ exécutent l’ordre.

Le Gr∴ Mtre dit : « Comme nous sommes convaincus que nous sommes des vrais et légitimes Écoss∴ de St André, GG∴ 1er et 2d Surv∴, et Gr∴ Mtre de cérém∴, avertissez les Chev∴ que je suis d’intention d’ouvrir la L∴ de St André en la manière accoutumée, et que je les prie de prêter silence et de m’aider dans mes trav∴ »

Les Surv∴ et le Mtre des cérém∴ répètent l’annonce car, dans ce gr∴, tout s’exécute par quatre.

Le Gr∴ Mtre dit : « À l’ordre, mes FF∴ ».

Tous se lèvent et se mettent à l’ordre (dans la position du signe).

Le Gr Mtre frappe 000-0|000-0|000-0|000-0

Les Surv∴ et le Mtre des cérém∴ répètent.

Le Gr∴ Mtre dit : « Attention, mes FF∴, la main droite à vos armes. »

Tous, guidés par le Gr∴ Mtre tirent l’épée en quatre temps, savoir : 1° on la tire ; 2° on la porte droit devant soi, le bras tendu ; 3° on la pose sur la main gauche ; 4° on la laisse appuyer contre l’épaule gauche.

On se remet ensuite à l’ordre.

Le Gr∴ Mtre dit : « J’ouvre la L∴ de St André, au nom du Gr∴ Arch∴ de l’U∴, au nom du Gr∴ Mtre de l’ordre, au nom de tous les Mtres et au nom de tous les Chev∴ qui sont répandus sur la surface de la terre. La L∴ de St André est ouverte. »

Les Surv∴ et le Mtre de cérém∴ répètent l’un après l’autre : « La L∴ de St André est ouverte. » On applaudit.

 

Lorsqu’il y a réception, le Gr∴ Mtre dit : « Gr∴ 1er Surv∴, pourquoi sommes-nous assemblés ? »

Le 1er Surv∴ répond : « Pour la propagation de l’ordre. Un F∴ Mtre demande d’être reçu Écoss∴ de St André, à votre agrément et celui de tous les Chev∴ Écoss∴, le F∴ N… en répond. »

Le Gr∴ Mtre dit : « Puisque ce Mtre a toutes les qualités requises et le F∴ N… en répond, Gr∴ Mtre des cérém∴, passez le scrutin. »

Le Mtre de cérém∴ présente à chaque F∴ un petit bulletin carré sur lequel chacun écrit oui ou non à sa volonté, et plie ensuite ce bulletin en quatre.

Cette opération finie, le Mtre des cérém∴ passe avec une boite devant tous les FF∴ ; chacun dépose son bulletin dans cette boite. Le Mtre de cérém∴ y dépose aussi le sien. Il porte ensuite la boite au Secrét∴ qui en sa présence et celle de l’Orat∴, compte les bulletins et en fait le dépouillement. Après quoi, il annonce le nombre de suffrages, tant pour que contre l’admission.

S’il y a une ou plusieurs voix contre l’admission, on procède à un deuxième, à un troisième, et s’il le faut, à un quatrième scrutin. Mais si à la quatrième fois, il se trouve encore un ou plusieurs votes négatifs, le candidat sera refusé et ne pourra plus être proposé.

Si tous les suffrages sont pour l’admission, le Gr∴ Mtre dit : « Réjouissons-nous, mes FF∴ ».

On fait l’applaudissement.

Le Gr∴ Mtre informe le Chev∴ qui a proposé le candidat des conditions auxquelles il sera reçu et du jour de la réception.

 

Réception

 

Au jour fixé pour la réception, et une heure au moins avant l’ouverture des trav∴, on conduira le récipiendaire dans la chambre des réflexions. Il sera en bottes et en éperons.

Les trav∴ étant ouverts, le Mtre des cérém annonce au 2d Surv∴ que le candidat est prêt.

Le 2d Surv∴ répète l’annonce au 1er Surv∴ qui la transmet au Gr : Mtre.

Le Gr∴ Mtre dit : « Gr∴ Mtre des cérém, allez-vous assurer si le candidat persiste à vouloir être reçu Écoss∴ de St André. S’il persiste, faites-vous remettre, pour preuve de sa soumission, son épée, son chapeau et le nombre de briques fixé. »

Le Mtre de cérém va exécuter l’ordre et revient dans la L∴ après s’y être fait annoncer par la batt∴ du gr∴, et dans la forme accoutumée. Il remet l’épée, le chapeau et les briques au Gr∴ Mtre. Le Trésor∴ se charge des briques et le Secrét∴ en fait mention dans le tracé des trav∴.

Le Gr∴ Mtre dit : « Gr∴ Mtre des cérém∴, allez et amenez le candidat. »

Le Gr∴ Mtre des cérém∴ se rend derechef auprès du récipiendaire. Il lui place un tablier de Mtre sur la poitrine, lequel il lui attache faiblement sous ses aisselles, afin qu’on puisse le lui arracher. Il conduit ensuite le candidat à la porte de la L∴ à laquelle il frappe par la batt∴ de Mtre.

Le F∴ tuileur annonce au 2d Surv∴ qu’on frappe en Mtre à la porte de la L∴.

Le 2d Surv∴ rend l’annonce au 1er Surv∴ qui le transmet au Gr∴ Mtre∴.

Le Gr∴ Mtre dit : « Faites voir qui frappe. »

Cet ordre parvenu au F∴ tuileur par les Surv∴, celui-là se rend à la porte, et après l’avoir entrouverte, il demande : « Qui frappe ? »

Le Mtre des cérém∴ répond : « C’est un Mtre qui demande d’être reçu Gr∴ Écoss∴ de St André. »

Le F∴ tuileur s’approche du récipiendaire et lui arrache son tablier qu’il jette entre les deux Col∴ ; après quoi il lui referme la porte au nez.

Le Mtre des cérém∴ dit au candidat : « Mon F∴, je suis étonné de ce qui vient d’arriver et vous devez assurément avoir parlé contre l’ordre. »

Le récipiendaire répond qu’il n’a parlé à personne.

Le Mtre des cérém∴ lui dit : « Je vais essayer une seconde fois, pour voir si je réussirai à vous faire introduire. »

Il frappe une seconde fois en Mtre.

L’annonce faite comme à la première fois, le Gr∴ Mtre dit : « Faites voir qui frappe ? »

Le F∴ tuileur ayant entrouvert la porte, demande : « Qui frappe ? »

Le Mtre des cérém∴ répond : « C’est le candidat qui demande derechef d’être reçu Gr∴ Écoss∴ de St André. »

Le Gr∴ Mtre dit : « Qu’on lui demande son nom, son prénom, son âge, ses qualités et le lieu de sa naissance. »

Cet ordre exécuté et la réponse du récipiendaire parvenue au Gr∴ Mtre en la forme ordinaire, celui-ci frappe un gr∴ coup de maill∴ et dit : « Qu’il entre, le dos tourné vers l’Or∴, et qu’on le place entre les deux Col∴. Debout et à l’ordre mes FF∴ ».

On ouvre les portes avec fracas et on entraîne le récipiendaire entre les deux Col∴, le dos tourné à l’Or∴.

Le Gr∴ Mtre lui dit : « Téméraire, il est encore temps de vous retirer ; et je vous le conseille. »

Le récipiendaire fait la réponse suivante que lui dicte le Mtre des cérém∴ : « Je persiste dans la résolution d’être reçu Gr∴ Écoss∴ de St André. »

Le Gr∴ Mtre dit : « GG∴ Surv∴, faites votre devoir. »

Les Surv∴ s’emparent du récipiendaire et le garrottent comme un criminel, avec les cordes qui sont dans l’intérieur du bloc : ils lui passent la corde au cou et le font ensuite asseoir sur le bloc toujours le dos tourné à l’Or∴.

Ils disent ensuite l’un après l’autre : « Tout est préparé. »

Le Gr∴ Mtre frappe un coup et dit : « Qu’on le mène au supplice. »

On place sur le front du récipiendaire un ou plusieurs mouchoirs liés l’un sur l’autre, mais sans le priver de vue. Dans cet état, on le conduit, toujours le dos tourné à l’Or∴, jusque vis-à-vis du trône, sur la troisième marche duquel on le fait placer.

Le Gr∴ Mtre s’arme du gros maill∴ de carton et dit : « Qu’on le fasse retourner. »

Aussitôt que le candidat est retourné, le Gr∴ Mtre lui frappe un coup de son maillet∴ sur le front, à l’endroit où les mouchoirs sont placés.

Tous les FF∴ crient : « Grâce, en faveur de sa Science. »

Le Gr∴ Mtre dit au récipiendaire : « L’ordre vous fait grâce, en faveur de votre Science. »

On le délie, on le fait mettre à genoux sur le coussin placé sur la quatrième marche ; on lui fait placer la main droite sur l’Évangile et dans cette position, le Gr∴ Mtre lui fait prêter l’obligation suivante .

 

Obligation

En présence du Gr∴ Arch∴ de l’U∴, devant cette R∴ assemblée et le Gr∴ Mtre qui me reçoit, je jure et promets, sur ma parole d’honneur, de garder inviolablement les secrets dont on va me faire part, de ne les révéler à qui que ce soit, même sous aucun signe emblématique tel qu’il puisse être, et de ne les écrire, ni buriner en aucune manière.

Je promets en outre de ne jamais conférer ce gr∴ à aucun F∴, sans en avoir préalablement obtenu la permission du Gr∴ Mtre et le consentement de toute la L∴.

Ainsi Dieu m’aide et son Saint Évangile ! Amen ! »

 

Le Gr∴ Mtre le fait relever et lui dit : « Demeurez toujours fidèle à l’engagement que vous venez de contracter. »

Il lui donne le tablier et lui dit : « Voilà l’habit que vous porterez dorénavant. »

Il lui donne des gants, en lui disant : « Vous porterez toujours ces gants en L∴ ».

Le 1er Surv∴ le décore du grand cordon et le Gr∴ Mtre lui dit : « Voilà l’habit que vous porterez dorénavant. »

Il lui donne des gants en lui disant : « Vous porterez toujours ces gants en L∴ »

Le 1er Surv∴ le décore du grand cordon et le Gr∴ Mtre lui dit : « Ce cordon est la marque de votre nouvelle dignité. »

On lui rend son épée et son chapeau et le Gr∴ Mtre lui dit : « Vous serez toujours armé et couvert en L∴ ».

 

Il lui donne ensuite le mot de passe, la parole, le signe et l’attouchement.

 

Mot de passe : Le mot de passe est Notuma.

Parole : La parole ou mot sacré est Jehova.

Signe : Le signe est de porter la main droite à la hauteur de la tête du F∴ auquel on le fait, les doigts étendus et crochus comme si on voulait le prendre par ses cheveux.

Attouchement : L’attouchement se fait en donnant la grippe de Mtre et la glissant ensuite réciproquement la main sous l’aisselle droite.

 

Le Gr∴ Mtre dit : « Gr∴ Mtre des cérém∴, conduisez le F∴ à chaque Chev∴, selon leur rang, afin qu’il s’y fasse reconnaître. »

Cet ordre étant exécuté, le Mtre des cérém∴ place le récipiendaire entre les deux Surv∴ et dit : « Gr∴ 2d Surv∴, le récipiendaire s’est fait reconnaître à tous les Chev∴ ».

Le 2d Surv∴ fait la même annonce au 1er Surv∴. Celui-ci la transmet au Gr∴ Mtre.

 

Sacre

 

Le Gr∴ Mtre dit au candidat : « Mon C∴ F∴, il ne me reste plus qu’à vous sacrer. » Il ajoute : « Gr∴ Mtre des cérém∴, conduisez le C∴ F∴ au trône. »

Le Mtre des cérém∴ exécute l’ordre, accompagné des Surv∴.

Arrivé au pied du trône, le récipiendaire se met à genoux sur le coussin qui est sur la quatrième marche.

Le Gr∴ Mtre dit : « Chev∴, faites votre devoir. »

Tous les FF∴ viennent se ranger à côté du récipiendaire et croisent leurs épées sur sa tête.

Le plus jeune Chev∴ met de l’encens dans l’encensoir, lequel il présente ensuite au Gr∴ Mtre.

Le Gr∴ Mtre encense ensuite la tête du candidat, au-dessus des épées croisées. Il rend l’encensoir au Chev∴ qui le lui a présenté, puis frappe un petit coup de son épée sur chaque épaule, sur la tête et sur le front du récipiendaire, en disant : « À la gloire du Gr∴ Arch∴ de l’U∴, au nom du Gr∴ Mtre de toutes les LL∴, au nom de tous les Mtres de cette L∴ et au nom de tous les Chev∴ de l’ordre, je vous sacre Gr : Écoss∴ de St André. »

 

Il lui dit ensuite : « Levez-vous, mon C∴ F∴, afin que je vous décore du bijou de Chev∴ ».

Il lui attache la croix de St André à la boutonnière et lui donne ensuite la baiser de la paix de cette manière : sur les deux joues, sur le front et sur le menton.

 

Le Gr∴ Mtre frappe un coup et dit : « En place, mes FF∴ ».

Tous les FF∴ reprennent leurs places.

Le Mtre des cérém∴ conduit le nouveau Chev∴ entre les deux Surv∴.

Le Gr∴ Mtre dit : « Gr∴ Orat∴, donnez l’explication du tableau. »

 

L’Orat∴ dit : « Mon F∴, vous avez vu que Hiram fut assassiné. Présentement le voilà qui se relève, pour vous aider et vous encourager, afin que votre zèle et votre constance vous fasse parvenir, avec l’aide du Gr∴ Arch∴, aux grades les plus éminents. Vous voyez ces quatre animaux, un lion, un singe, un épervier et un renard. Le premier annonce la force et le courage qu’un Écoss∴ doit avoir dans le danger, afin de ne point se laisser abattre. Le deuxième annonce la malice que doit avoir un Écoss∴, tant dans ses propos que dans ses actions, afin qu’on ne puisse jamais le prendre au dépourvu. Le troisième signifie la rapidité avec laquelle un Écoss∴ doit saisir toutes les occasions favorables d’être utiles à l’ordre. Le quatrième dénote la finesse avec laquelle un Écoss∴ doit prévoir tout ce qu’on va lui demander et même la conversation au but qu’il se propose, pour le bien de l’ordre.

Les lettres F∴E∴C∴C∴, qui sont au milieu des colonnes, signifie les principales vertus des Écoss∴, foi, espérance, charité et courage. »

 

Le Gr∴ Mtre frappe un coup et dit : « Chev∴, réjouissons-nous de la promotion d’un nouveau Chev∴. On fait l’applaudissement.

 

Catéchisme

D. Êtes-vous Écoss∴ de St André ?

R. Oui, sans réplique.

D. Comment connaîtrais-je que vous l’êtes ?

R. Aux quatre points fondamentaux qui sont parqués dans le tableau et qui indiquent les qualités d’un Écoss∴.

D. Quels sont-ils ?

R. Le lion, le singe, l’épervier et le renard.

D. Que signifie le lion ?

R. Il marque la force qu’un Écoss∴ doit avoir dans le danger afin de ne point se laisser abattre.

D. Pourquoi ?

R. Notre R∴ Mtre Hiram nous le montre en se relevant pour nous remettre en possession des biens que nous avions ci-devant, et qu’on nous a enlevés. Il n’y a que la force, le courage et cette union sincère qui règne parmi nous, qui, avec l’aide du Gr∴ Arch∴, puisse nous faire récupérer cette possession.

D. Que signifie le singe ?

R. La malice qu’un Écoss∴ doit avoir pour ne point se laisser surprendre dans ses propos, ni dans ses actions.

D. Que signifie l’épervier ?

R. Son vol rapide dénote la promptitude avec laquelle un Écoss∴ doit saisir les instants favorables où il peut être utile à l’ordre.

[ndr : il manque manifestement, dans ce rituel, la D-R consacrée au renard. Dans le rituel Strasbourg-Dachez :

D. Que signifie le renard.

R. La finesse d’un Écossais à prévoir ce qu’on va lui proposer et de tâcher de mener ce propos au but qu’il s’est proposé sans qu’on puisse s’en apercevoir.]

D. Où avez-vous été reçu Écoss∴ de St André ?

R. Dans une des îles de l’Écosse, dans un lieu préparé pour le supplice.

D. Comment avez-vous été reçu à la porte du temple ?

R. J’ai été repoussé vivement et l’on m’a arraché mon tablier.

D. Que fit-on de vous lorsque vous fûtes entré en L∴ ?

R. Je fus lié et garrotté, ayant la corde au col et le front couvert d’un mouchoir.

D. Que fit-on de vous ensuite ?

R. On me traîna à l’autel où je devais subir les supplices, ayant le dos tourné à l’Or∴.

D. Que vous arriva-t-il alors ?

R. On me tourna vers le Gr∴ Mtre qui me frappa au front ; mais en considération de ma Science, il me fut fait grâce ; je fus mis en Liberté ; et je prêtai mon obligation.

D. Qu’ordonna ensuite le Gr : Mtre ?

R. De me faire passer à son côté droit.

D. Que vous arriva-t-il alors ?

R. Le Gr∴ Mtre me donna la parole, le signe, l’attouchement et un mot de passe.

D. Ensuite ?

R. Il ordonna au Mtre de cérém∴ de me conduire aux FF∴ Chev∴ pour m’y faire reconnaître.

D. Que fit le Gr∴ Mtre, lorsque vous fûtes reconnu ?

R. Il dit au Mtre de cérém de me conduire au trône, pour m’y sacrer. Sacré, il me décora et me donna le baiser de paix.

D. Que signifie ce baiser ?

R. Il signifie cette paix et cette union qui ne doivent jamais s’éloigner de nous, Écoss∴.

D. Donnez-moi le signe.

R. (On le donne.)

D. Donnez-moi la parole ?

R. Jehova

D. Donnez-moi le mot de passe.

R. Notuma.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Seize ans.

 

Cloture

 

Le Gr∴ Mtre frappe un coup et fait les questions suivantes.

D. Gr∴ 1er Surv∴, à quelle heure finissent les trav∴ de Gr∴ Écoss∴ de St André ?

R. À minuit plein.

D. Gr 2d Surv∴, quelle heure est-il ?

R. Il est minuit plein.

Le Gr∴ Mtre dit : « Puisqu’il est ainsi, GG∴ 1er et 2d Surv∴, Gr Mtre des Cérém∴, avertissez les Chev∴ que je suis d’intention de fermer la L∴ en la manière accoutumée, et que je les prie de faire silence et de m’aider dans mes trav∴.

Les Surv∴ et le Mtre de cérém∴ répètent l’annonce.

Le Gr∴ Mtre dit : « Debout et à l’ordre, mes FF∴ ».

Tous se lèvent et se mettent à l’ordre.

Le Gr∴ Mtre frappe 000-0|000-0|000-0|000-0

Les Surv∴ et le Mtre de cérém∴ répètent.

Le Gr∴ Mtre dit : « Attention mes FF∴ ».

Tous, gardés par le Gr Mtre, détachent l’épée de l’épaule gauche, la portent à la main droite, la portent ensuite en avant le bras tendu, et la remettant dans le fourreau. Cela s’exécute en quatre temps. On se remet à l’ordre.

Le Gr Mtre dit : « Je ferme la L∴ de St André, au nom du Gr∴ Arch de l’U∴, au nom du Gr∴ Mtre de l’ordre, au nom de tous les Mtres et au nom de tous les Chev∴ répandus sur la surface de la terre. » Il continue et dit : « La L∴ de St André est fermée. »

Les Surv∴ et le Mtre de cérém∴ disent l’un après l’autre : «  La L∴ de St André est fermée. »

On applaudit par la batt∴ du gr∴.

Le Gr∴ Mtre donne le baiser au Surv∴, aux Off∴ et aux Chev∴, qui se rendent tous au trône, l’un après l’autre et selon leur rang.

 

Banquet

 

Le banquet doit être servi par quatre ou par seize plats et la table éclairée par quatre chandeliers à quatre branches.

Les quatre santés sont celles 1° Gr∴ Mtre de l’ordre ; 2° de tous les supérieurs de l’ordre ; 3° de tous les Chev∴ de l’ordre ; 4° en commémoration de ceux qui ont été et qui ne sont plus.

Elles s’annoncent par le Gr∴ Mtre, les Surv∴ et le Mtre de cérém∴.

Elles se tirent comme suit : « La main droite à vos armes. - Hauts les armes. - En joue. - Feu. - Petit feu. - Grand feu. - Le plus pétillant de tous les feux. »

On remet les canons en quatre temps : 1° On le porte à la hauteur de l’estomac, à gauche. 2° de la droite. 3° on le lève jusqu’au front. 4° On les porte sur la table en frappant .

On peut, sous quel prétexte que ce soit, se dispenser de tenir L∴ et At∴ de table, le jour de St André, 30 9bre.

 

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Brevet Stassard. 1785. Grand Orient de Bouillon. Collection musée ducal de Bouillon. Credit photo Alain Burnonville, 2005.

 

 

Sublime Prince du Royal Secret (26e

(Le rituel est disponible sur Latomia et retranscrit ici)

 

Le Sublime Prince du Royal Secret ou Chevalier de Saint-André, Gardien fidèle du Trésor Sacré (26e). Notons cependant que le titre repris dans la « Circulaire » de 1818 [10] est : « Maç:. du Secret ». D’ailleurs dans le rituel, le titre de « Maç:. du Secret » lui est également préféré, ce qui est un archaïsme intéressant.

C’est un rituel parmi les plus ésotériques qui soient en franc-maçonnerie. Mais celui-ci ne se laisse pas approcher facilement. Peu d’auteurs ont essayé de soulever le voile. Je ne peux que conseiller la lecture des livres de Claude Guérillot à ce sujet : Le Rite de Perfection (1993) ; La Rose maçonnique, tome 2 (1995) ; et Les Degrés ultimes (2005).

Le rituel namurois, bien qu’assez concis, est assez complet sans fioriture. Il comporte à la fois des archaïsmes et parfois se rapproche des premiers rituels du REAA du début du XIXe siècle. Il n’y a pas d’évocation du roi de Prusse, ni de dissertation sur les croisades et les templiers (qui sont des rajouts qu’on ne trouve pas dans le manuscrit Francken (daté de « 7783 », bibliothèque GO des Pays-Bas). N’oublions que la date de transcription de ce rituel par Marchot est 1812 : d’où vient l’original, qu’a-t-il modifié lors de cette transcription, nous ne le savons pas. Mais en 1812, il n’avait d’évidence pas encore atteint le XXXIIe grade au REAA. En effet, le Consistoire de Royal Secret à Bruxelles (REAA), à la loge des « Amis Philanthropes », est créé en 1813 par le Suprême Conseil de Paris. Il n’en fait pas partie à ce moment-là : son nom n’apparaît pas dans les listes des « Amis Philanthropes ». Il n’y apparaît, précisément au XXXII grade, qu’au moment de la constitution du Suprême Conseil des Amis Philanthropes en 1817).

L’impétrant est ici créé et constitué « Maç:. du Secret » : il est simplement rajouté «  Subl:. Pr:., chev:. de St André, gardien fidèle du trésor sacré ». Notons que « Ralliement des Princes Sublimes » est le titre donné, sans jamais le rajout Royal Secret, du grade décrit dans le manuscrit de Saint-Domingue de 1764 (dit manuscrit Baylot), manuscrit essentiel qui permet de comprendre la création du Rite de Perfection à ses origines premières. On peut donc penser que là se trouve un des archaïsmes trouvés dans le rituel namurois. Un autre serait par exemple l’absence d’évocation des croisades et des templiers, ainsi qu’une séquence de Q-R.

 

Il s'agit du grade terminal du rite de Perfection de Morin, que l'on trouve au REAA à la 32e place. Les séquences du rituel sont assez semblables, mais placées dans un ordre différent. Les noms des tentes sont identiques, sauf un : pour la tente X, celui des Élus, le nom est « Sterkin » au lieu de « Phaleg » que l’on trouve dans tous les autres rituels de Royal secret. Le mot Phaleg appartient à la maçonnerie noachite et n’apparaît pas au niveau des Élus. Le mot Sterkin désigne un des trois assassins d’Hiram, ce qui serait cohérent pour le groupe des « Élus ». On peut donc retourner la question : pourquoi Phaleg dans la filière Perfection-REAA ? Les références au roi Frederick et aux Chevaliers de Malte ne s'y trouvent pas, contrairement au rituel éponyme du rite de perfection (déjà dans le manuscrit « Saint-Domingue 1764 ») ou du REAA. Ce n’est peut-être pas anodin compte tenu des discussions, parfois des polémiques concernant les Grandes Constitutions de 1786, attribuées au roi Frederick III.

 

On considère généralement que le grade de Royal Secret est apparu, avec le rite dit de Perfection, aux Îles (Saint-Domingue) et non en France. Dans ce rite (filière Morin) et au REAA qui s’ensuivit, il est considéré comme un grade coiffant ou complémentaire du Kadosch. Il est donc surprenant qu’il soit placé avant eux, comme ici ; c’est un grade préparatoire. Cependant il s'agirait bien d'un grade à caractère templier, et donc il a toute sa place dans la filière namuroise.

On ne connaît pas précisément son origine, Il est évoqué pour la première fois par Morin en 1763 à son arrivée à Saint-Domingue. On en retrouve trace dans le manuscrit Saint-Domingue 1764, avec ses références sur Frederick III et les Chevaliers de Malte. Lors de son départ de Bordeaux en 1761, il n’en était pas question. Entre-temps, lorsqu’il fut fait prisonnier par les Anglais, il en profita pour parcourir les Îles britanniques dans une quête maçonnique et notamment en Écosse. Cette quête dura quatorze mois. Pierre Mollier suggère que l’origine de ce grade pourrait peut-être se trouver là ?[11] Dans une telle hypothèse, il pourrait être lié à sa racine, non pas au Chevalier Kadosch, mais au Royal Arche dont il partagea un tétramorphe représentant là les quatre apôtres (les « quatre vivants »). Notons l’importance des « quatre vivants » chez les Ancients, puisqu’ils ornent la page de couverture de l’Ahiman Rezon de Laurence Dermot (1751).

 

La question de préséance des grades est donc posée. Elle est illustrée par un diplôme de la loge Saint-Charles de la Parfaite Harmonie, au Grand Orient de Bouillon, daté du 30 avril 1785, dit « certificat Stassard ».

 

Le Royal Secret était peut-être connu dans la région dans le dernier quart du XVIIIe siècle, puisque Bouillon [12] se trouve entre Namur et Luxembourg, près de Sedan.

 

Sur ce diplôme, la plupart des signataires utilisent l’acronyme "SPRS", ce qui correspond à « Sublime Prince du Royal Secret »[13], il n'y a aucun doute à ce sujet.

 

Le diplôme est signé par neuf personnes, y compris le récipiendaire. Cinq signent simplement "SPRS", dont le prince de Rohan-Geméné, Vénérable Maître (Jules Hercule Meriadec fils?) et le prince de Rohan (Henri Louis Marie?). Mais un certain Trecourt signe de deux acronymes dans cet ordre : « SPRS CKS». Un autre utilise l'acronyme « RC» et le dernier signe avec la mention « Chevalier de l'Orient ».

 

L’acronyme « SPRS » représente manifestement le Royal Secret qui aurait, dans ce cas, été ramené des possessions françaises des Amériques où les Rohan furent fort présents [14] (ce serait en tout cas l'explication la plus simple). La double mention « SPRS CKS » chez Trecourt est curieuse et indiquerait que, pour ce signataire local (un imprimeur que l'on trouve notamment à Mezière, Liège et Bouillon), les deux grades sont à tout le moins équivalents ou que, si une gradation existe, elle placerait le Kadosch au-dessus du Royal Secret, comme à Namur, alors que pour les autres signataires ce ne serait peut-être pas le cas.

 

Il est donc possible que le rituel de Namur, avec ses archaïsmes, mais aussi ses ajouts et corruptions (comme de coutume!), ne se situe pas dans la lignée directe du rite de perfection et a fortiori du REAA, mais résulte d’une tradition « à-coté » comme le GO de Bouillon (géographiquement très proche du comté de Namur) nous le suggère. Cela reste cependant une hypothèse.

 

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Brevet Stassard. 1785. Grand Orient de Bouillon. Détail. Collection musée ducal de Bouillon. Credit photo Alain Burnonville, 2005.

 

Élévation au 26e grade : Sublime Prince du Royal secret.

 

Ouverture.

 

Le Souv:. des Souv:. se fait assurer par le Gr:. Capit:. des gardes que les issues au consistoire sont parfaitement gardées.

Il se lève et dit : Salix.

Les deux Lieut:. Comm:. se lèvent et disent l’un après l’autre : Noni.

Tous se lèvent et disent ensemble : Tengu.

Le Souv:. des Souv:. frappe cinq coups (o oooo), les Lieut:. Com:. en font de même ; le Souv:. des Souv:. dit : Le consistoire des Maç:. du Secret est ouvers.

Les Lieut:. Comm:. répètent, tous font le signe ; applaudissent et disent cinq fois Huzha.

 

 

Réception.

 

Le fr:. conducteur accompagné des récipiendaires frappe en maç:. du Secret:.

Le Capitaine des gardes l’annonce en dedands : « Subl:. 2me Lieut:. Comm:. on frappe à la porte du consistoire en maç:. du Secret ».

Cette annonce transmise au Souv:. des Souv:. qui ordonne de faire voir qui frappe.

R. C’est le fr:. N. Gr:. Ecos:. de St André qui demande la faveur d’être reçu dans le consistoire des Vail:. et Sub:. Pr:. du Royal Secret.

Cette réponse est transmise au Souv:. des Souv:. qui dit : « Que l’entrée lui soit accordée ».

Le Capitaine des gardes l’introduit et conduit au 2e Lieut:. comm:. qui lui dit Polkal.

Le récipiendaire répond : Pharaxal.

Ils s’embrassent et disent : Nikamaka.

Le Souv:. des Souv:. dit au candidat : « mon Fr:. le Subl:. consistoire de maç:. du Secret consens à vous admettre dans son sein. Le zèle que vous avez manifesté dans les différents gr:. auxquels vous avez élevé précédemment, les connaissances que vous avez acquises dans la longue carrière que vous avez parcourue, la discrétion dont vous n’avez jamais cessé de donner de preuves, nous engagent à vous dévoiler nos mystères. Vous allez recevoir la récompense que vos trav:. vous ont méritée.

Approchez et venez par un engagement solemnel serrer les nœuds qui vont vous unir à nous ».

Le conducteur amène le récipiendaire auprès de l’autel où il le fait agenouiller.

 

 

Obligation

 

Je, N., de ma libre volonté en présence du G:. A:. D:. L’U:., en consistoire des Sub:. Pr:. du Royal Sec:., chev:. de St André, gardiens fidèles du trésor sacré, jure et promet solemnellement sous toutes les peines auxquelles je me suis soumi par mes précédentes obligations, de ne jamais révéler ni faire connaître à quelque Fr:. que ce soit, directement ou indirectement la moindre chose de ce gr:. Royal, à moins d’avoir dument reconnu ce fr:., et de m’être assuré par examen sévère qu’il a été régulièrement initié dans ce gr:. Royal.

Je jure et je promets sous les mêmes peines, de me conformer aux statuts et règlements qui sont sous mes yeux et de me conduire de manière à ce que ni mes paroles ni mes actions ne puissent jamais imprimer la moindre tache sur ce consistoire royal, ni sur moi-même. Que Dieu me maintienne dans la justice et l’équité. Amen ! Amen ! Amen ! Amen ! Amen !

 

Le Souv:. des Souv:. se lève et pose son épée sur la tête du récipiendaire et dit : « A:. L:. G:. D:. G:. A:. D:. L’Univ:., en vertu des pouvoirs dont je suis revêtu et du consentement unanime des membres qui composent ce consistoire royal, je vous fais, crée, et constitue Maç:. du Secret, Subl:. Pr:., chev:. de St André, gardien fidèle du trésor sacré, pour par vous jouir à toujours des droits et prérogatives attachés à ce Sub:. Gr:. .

Il frappe cinq coups de son sceptre sur la lame de l’épée (o oooo). Il relève le candidat et lui donne les signes et mots du Gr:. .

 

 

Signe

Mettre la main droite sur le coeur, la porter ensuite en l’air en avant, la paume en bas, en la laissant tomber sur le côté droit.

 

Mots de Passe

Il y a trois mots de passe : le F:. qui interroge dit : Polka (signif : séparés). Celui qui répond dit Pharaxal (signif : se réunir pour exécuter et venger). Les deux s’embrassent ensuite et disent Nikamaka (signif : je suis vengé).

 

Mots sacrés

 

Il y a trois mots sacrés : l’un dit Salix, l’autre Moni, et tous deux disent ensemble Tengu.

 

 

_______________________

 

Le Souv :. des Souv :. continue et dit :

« La véritable signification des trois mots de passe est Schaddai (---, omnipotent). Trigramme ou nom de Dieu en trois lettres emblème du Delta. En prononçant ce trigramme, notre Gr:. Mait:. J:. M:. qui met toute son espérance en Dieu prononça ces mots en passant de cette vie à la vie éternelle : Spes mea en Deo est.

 

Le fr:. conducteur conduit le candidat au bas du tableau par la marche du gr:. qui est de cinq pas, le premier détaché des quatre autres.

L’orat:. donne ensuite lecture de la légende.

 

 

 

Légende du Grade

 

Le Gr:. Maît:. commandant en chef, Souv:. des Souv:. est avec une armée de Gr:. Ecoss:. de St André, de chev:. du Soleil, de Subl:. Eco:., de RR:. ++:., de chev:. de la Palestine, de chev:. d’or, de chev:. Royal Arche, de Maît:. en la parfaite Arch:., d’Ecoss:., de Maît:. Ill:., d’El:., de Maît:. Parf:., de Maît:. Comp:. & app:. maç:.symbol:. .

Le tableau est composé d’un enneagone dans lequel est inscrit un heptagone ; dans celui-ci est un pentagone, au milieu duquel est un triangle equilateral et dans le triangle, un cercle.

Le triangle représente le centre de l’armée : il indique la place où doivent être les maç:. du Secret:., gardiens fidèles du trésor sacré.

 

Entre l’heptagone et le pentagone, sur les côtés de celui-ci, sont placés les pavillons ou drapeaux des cinq princes porte-étendard. Ces pavillons sont désignés par les lettres t:. e:. n:. g:. u:. dont la réunion forme Tengu.

Le pavillon T porte pour armoirie un lion d’or tenant dans sa gueule une clé de même métal et ayant au col un collier aussi d’or, sur lequel est gravé 515. Le fond est d’azur. Sur ce pavillon est écrit : ad majorem Dei gloriam.

Le pavillon E porte pour armoirie un coeur enflammé de gueules ayant deux ailes fond sablé, surmonté d’une couronne de laurier sinople. Le champ est d’argent.

Le pavillon N porte pour armoirie un aigle à deux têtes, les ailes étendues avec une couronne d’or qui réunis les deux têtes, tenant un épée dans sa serre droite et un coeur sanglant dans sa gauche. Le champ est vers d’eau.

Le pavillon G porte pour armoirie un bœuf fond de sable sur champ d’or.

Le pavillon U porte pour armoirie l’arche d’alliance avec un flambeau allumé de chaque côté : deux palmiers verts environnent le tout. Le champ est pour pourpre. Sur le devant de l’arche est écrits : Laus Deo, ou les deux lettres initiales L:. D:. .

 

L’heptagone représenté dans le tableau désigne le campement destiné pour les Gr:. Ecos:. de St André, les chev:. du Soleil et les Sub:. Ecos:. : ils sont là pour recevoir les ordres des cinq princes porte-étendard placés dans le pentagone.

 

Sur les côté de l’enneagone sont neufs tentes, et sur les angles neuf flammes appartenant à ces tentes : les flammes sont distinguées par des chiffres ; les tentes par des lettres S:. A:. L:. I:. X:. N:. O:. N:. I:. disposées de droite à gauche, et dont la réunion forme les mots Salix Noni.

Ces tentes et ces flammes désignent les campements des mac:. de tous gg:. .

La tente S, flamme blanche, tachetée de rouge, s’appelle malachias, et désigne le camp des RR:. ++:., des chev:. de la Palestine des chev:. d’occ et des Pr:. de Jerusalem, 22è, 21è, 20è & 18è grades.

La tente A:. flamme vert clair s’appelle Zorobabel, et désigne le camp des chev:. de l’or:., 17è grade.

La tente L:. flamme rouge s’appelle Nehemias ; elle désigne le camp des Royal Arche, et des maît:. de la Parfaite Arch:. 15 et 14è grades.

La tente I:., flamme noire, s’appelle Hoben ; elle désigne le camp des El:. des XV, et de l’Inconnu, 8è & 7è grades.

La tente X:., flamme rouge et noire, s’appelle Sterkin ; elle désigne le camp des Maît:. Il:. & des El:. des IX, 9è et 6è grades.

La tente N:. flamme noire et rouge s’appelle Joiada : elle désigne le camp des El:. Parf:., 10e grade.

La tente O:., flamme rouge et verte s’appelle Ooliab ; elle désigne le camp des Maît:. Ecos:., Comp:. Ecos:., App:. Ecos:. et Maît:. Irlandais, 13è, 12è, 11è & 5è grades.

La tente N:. flamme verte, s’appelle Josuée : elle désigne le camp des Maît:. Parf:. 4è grade.

La tente I:., flamme bleue, s’appelle : Esdras ; elle désigne le camp des Maît:., des Comp:. & des app:. maç:. Symb:. 3è, 2è & 1e grades.

 

L’heure fixée pour le départ de l’armée est la cinquième, après le coucher du soleil. Elle sera annoncée par cinq coup de canon ; une pause après le premier coup et les quatre autres précipités (o oooo).

Le premier rendez-vous est au port de Naples ; le second à Malthe, le troisième celui de Rhodes, le quatrième celui de Chypre. Là se rassembleront les forces navales de toutes les nations. Le cinquième rendez-vous sera au port de Joppé. Là se rassembleront toutes les forces de terre pour se rendre à Jerusalem où elles seront jointes par nos fidèles gardiens.

Les cinq princes porte-étendard se nomment : Béséléel, Ooliab, Menchem, Garimont, Emerex.

Chaque jour de la semaine a ses mots d’ordre, ainsi qu’il suit.

Jours / Mots / Réponses

Dimanche / Cyrus / Ezechiel

Lundi / Darius / Daniel

Mardi / Xercès / Habacuc

Mercredi / Alexandre / Sophonias

Jeudi / Philadelphe / Aggée

Vendredi / Herode / Zacharias

Samedi / Ezechias / Malachias

 

_________________________

 

Cloture

 

Le Souv:. des Souv:. se lève et dit : Salix.

Les deux Lieut:. Comm:. se lèvent et disent l’un après l’autre : Noni.

Tous se lèvent et disent ensemble : Tengu.

Le Souv:. des Souv:. frappe cinq coups (o oooo)

Les Lieut:. Comm:. en font de même.

Le Souv:. des Souv:. dit :

« Le Consistoire des maç:. du Secret est fermé ».

Les Lieut:. Comm:. répètent.

Tous font le signe, applaudissent par o oooo & font la quintuple acclamation.

 

__________________________

 

Hiérogliphes des Pr:. du Royal Secret.

(Assez semblables à ceux repris par le rituel de Royal Secret du Quesada (REAA-Espagne, 1813-1821), un peu moins à ceux repris par le rituel REAA-1804, (l’un et l’autre rituels disponibles sur Latomia.)

 

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Prométhée enchaîné. Vase datée de ~550 avant JC. Collection du Vatican. Image Wikicommon.

 

Chevalier de l'Aigle noir (27e)

(Ce rituel est disponible sur Latomia et retranscrit ici.)

 

Le Chevalier de l'Aigle noir de Namur (27e) est un rituel très court. L’allégorie traitée est celle d’un innocent sacrifié à la place du coupable (agissant par prévarication) : que faire du coupable ?

Son correspondant dans les rituels alchimiques de Tschoudy (Metz) est l'Aigle noir n°1 (il y a trois grades de Chevalier de l'Aigle noir dit Rose-Croix chez Tschoudy)[15]. Toujours cette dorsale « est » qui nourrit Namur.

Le rituel de Namur est très succinct et pauvre, il n’y a pas d’explication de tableau, et l’action dramatique est courte et peu lisible. Les mots, signes, attouchement et marche sont quasi les mêmes et l’instruction est très proche. Notons cette curiosité : alors que le rituel de Metz ne donne pas la prononciation cabalistique du mot, Namur le fait (à la fin de l’instruction). Il serait intéressant d’examiner où Namur aurait pu le trouver. Notons que le titre de ce grade est apparemment évoqué dans le diplôme Roquet (Parfaite Union – Bonne Amitié, orient de Namur) de 1768, sous les termes «  RC & de l’Aigle noir ».

En première analyse, il ne s’agit pas d’un grade templier mais hiramique. Cependant, il a en commun l'aigle comme le montre très bien les deux images reprises pour ce grade et celui de Kadosh. D'autre part il traite d’un sujet qui sera central dans le 32è grade (préfet de l’Intérieur) : celui de la substitution, ou de l’utilisation des équivalences symboliques qu’on nomme à ce grade-là des hiéroglyphes. En cela, il est bien à sa place et est préparatoire à l’Ordre Intérieur.

Guérillot propose une courte analyse de ce grade « cabalistique ».[16]

 

(NB : Il existe une famille de rituels très semblables entre eux, à ne pas confondre avec ce rituel-ci : le 3e Chevalier de l’Aigle noir – Rose Croix de Tschoudy peut se comparer au Vrai Rose-Croix d’Allemagne ou chevalier de l’aigle noir, ou au 3e grade du Rite écossais philosophique Le Grand Prieur du Chevalier de l’aigle noir Rose-Croix, etc. [17]

Notons que le frère de Jean-Baptiste Willermoz créa un chapitre de l’aigle noir à Lyon, ou qu’il existe un Ordre militaire de l’Aigle noir en Prusse, qui n’est certes pas maçonnique, cependant n’oublions pas que la Stricte Observance est par bien des côtés une ordre militaire.)

 

Image se trouvant dans le rituel du 29e degré, mais correspond nettement mieux au grade de Chevalier de l'Aigle noir.

 

Élévation au 27e grade : Chevalier de l’Aigle Noir.

 

Ouverture du Chap:.

 

Le chev:. Gr:. M:. frappe un coup de maillet.

Les chev:. Gr:. Prieur et Gr:. Surv:. répondent.

G.M. Chev:. Gr:. Prieur et Gr:. Surv:. aidez-moi à ouvrir le chap:. de l’aigle noir.

Il fait le signe, les chev:. Gr:. prieur et Gr:. Surv:. lui présentent la pointe de leurs épées et tous les chev:. se mettent à l’ordre.

Le Gr:. Maît:. fait ensuite les questions suivantes.

D. Chev:. Gr:. prieur, quelle heure est-il ?

R. La pointe du jour.

D. Chev:. Gr:. Surv:. quel est votre devoir ?

R. De m’assurer si le chap:. est couvert.

D. Assurez-vous en.

R. J’en répond sur ma tête.

D. Chev:. Gr:. prieur et Gr:. Surv:. reprenez vos maillets.

Le Gr:. M:. frappe six coups (00 00 00) et dit « j’annonce au Ven:. chap:., que les trav:. sont ouverts. » Le gr:. Prieur et le Gr:. Surv:. répètent les 6 coups & l’annonce. Tous les chev:. saluent le G:. M:. avec affabilités.

 

Réception

 

Dans la réception on prend le candidat pour le coupable à la place duquel un innocent a péri.

On lui bande les yeux, on lui attache les bras et les mains derrière le dos avec un nœud coulant passé au cou.

Dans cet état, on le conduit dans la chambre noire où se trouve un mannequin représentant un cadavre audessus duquel se trouve un aigle noir.

On débande les yeux du récipiendaire et on le laisse près de cette représentation.

Le Gr:. Prieur vient ensuite le chercher et le conduit à la porte du chap:. où il frappe en chev:. de l’aigle noir & annonce le candidat comme désirant être reçu à ce gr:.

Le récipiendaire est introduit de la manière accoutumée.

Le Gr:. Maît:. le complimente sur son courage. Le fait agenouiller et prêter l’obligation suivante.

 

Obligation

 

« Moi -N- ici présent je jure et promets devant le Gr:. A:. D:. l’Un:. de toujours cacher les secrets de chev:. de l’aigle noir. Si j’y manque, que trois de mes FF:. enfoncent leurs épées dans chacune de mes machoires et dans ma poitrine : que mon coeur soit arraché et mon corps brûlé. Que le Souv:. Arch:. me soit en aide. Amen ».

Le Gr:. Maît:. le reçoit ensuite chev:. et lui communique les paroles signes et attouchements.

 

Marche du gr:.

On pose les pieds en équerre et on fait de la manière suivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Signe

 

Porter les deux mains tendues, les doigts appuyés en se touchant le cou ; les baisser ensuite dans la même position et les placer sur les tetons.

On y répond en portant la main sur la garde de son épée et ensuite sur la poitrine du chev:. qui fait le signe de demande.

 

Ordre

 

Fermer le petit doigt & le pouce de la main droite : on place les trois autres doigts tendus sur le coeur.

 

Mot de passe

 

Eliahel

 

Mot sacré

 

Jabamiah

 

Attouchement

 

Le premier touche la main en app:. et dit « notre F:. est retrouvé ». Le second touche en compagnon et dit : « Alpha et Omega ». Le 1e fait ensuite la griffe de Maît:. et dit : « un grand aigle l’a gardé ». Le second en tournant les mains dessus dessous dit : « Kirié ». Ensuite on s’embrasse.

 

Le chev:. se fait ensuite reconnaître par les FF:. Gr:. Prieur et Gr:. Surv:.

 

Instruction

 

D. Pourquoi le chap:. est-il décoré de noir ?

R. Pour marquer que nos secrets doivent être dans la plus profonde obscurité tant pour les prof:. que pour les maç:. au dessous de notre Sub:. Gr:. .

D. Pourquoi les col:. sont-elles blanches ?

R. Pour indiquer que les chev:. de notre gr:. sont les col:. qui soutiennent l’ordre. Et que leurs actions sont pleine de candeur.

D. Pourquoi les chapitaux et les …(pieds distaux?) sont-ils d’or ?

R. Pour indiquer la dignité et la pureté des Chev:.

D. Que signifient les 12 col:. et les 12 noms que l’on distingue sur elles ?

R. Chaque col:. indique la nature humaine de l’auteur du nom, et les noms sont les douze particules divines qui marquent le trinité gravé sur la façade triple de la pentacle de Salomon.

D. Que signifie le triangle lumineux ?

R. C’est la merveille qui paru dans le ciel au moment de la découverte du corps de notre Maît:. Hiram. Il nous représente aussi par sa brillante lumière, la grandeur des trois GG:. Maît:; qui soutiennent nos trav:. .

D. Que signifie les lettres qui sont gravés dessus ?

R. C’est le nom incommunicable, le grand nom cabalistique, auquel nous en avons substitué un autre.

D. Que signifie l’aigle ?

R. Il représente celui qui garda la fosse de notre Maît:. Hiram, de peur que quelque bête ne vint le déterrer et s’en repaître ; et aussi que les maît:. l’eurent découverte, il saisit la branche d’acacia que les assassins y avaient placée et s’envola dans les airs triomphant d’avoir si bien gardé ce précieux dépôt.

D. Que représentent le soleil et la lune ?

R. Ils nous rappëlent que ces astres servent à éclairer les Maît:. pendant tout le temps qu’ils furent à la recherche du corps de notre R:. M:. sans qu’ils s’obscurcissent jamais.

D. Que signifie l’Étoile flamboyante & le lettre J:. qui se trouve dans le milieu.

R. Elle représente celle qui parut tout à coup & se fixa sur la fosse de notre R:. M:. . La lettre du milieu est l’initiale du mot sacré qui a été substitué à celui que se voit dans le triangle lumineux.

D. Que signifie les 9 Lumières ?

R. Elle représentent les neuf Maît:. qui furent à la recherche de notre maît:. Hyram. Celle qui est séparée et qui est près du tombeau représente le fr:. qui le releva et le tira de la fosse.

D. Pourquoi les cierges sont-ils jaunes ?

R. Pour marquer la douleur des maît:.

D. Que signifient notre habillement noir et l’ornement blanc et rouge ?

R . Le noir signifie le deuil que nous portons pour notre maît:. assassiné. Le blanc est la marque de notre innocence ; le rouge est l’emblème du sang répandu qu’il nous faut venger.

D. Quel est le mot de passe ?

R. Eliahel.

D. Quel est le mot sacré ?

R. Jabamiah.

D. Que signifie notre signe ?

R. D’avoir les deux côtés de la machoire & l’estomac percés si nous venions à prévariquer.

D. Que signifie notre attouchement ?

R. Il nous rappelle le gr:. que nous avons obtenu et nous fait reconnaître pour les soutiens de l’Ordre, la forte col:. du chap:. où nous nous trouvons aujourd’hui.

D. Que signifie l’ordre ?

R. Que nous consentons à avoir le coeur arraché, si nous prevariquons.

D. Pourquoi appuyez-vous les trois doigts sur le coeur & non toute la main ?

R. Les trois doigts sont l’emblème du nombre mystérieux que nous ne devons jamais oublier.

D. Que signifie les six pas de notre marche et les six coups de notre batterie ?

R. Ils représentent les six prononciations cabalistiques du mot sacré. Nous avons un autre mot qui ne se prononce qu’à l’oreille du Gr:. Maît:., aussi tôt qu’on entre au chap:., & avant de prendre place ; c’est Arinipliosansnoenia.

D. Pourriez-vous me donner l’explication de ce dernier mot ?

R.Le Gr:. Arch:. n’a pas permis que le Sub:. mist:. que ce mot renferme ne fut connu ; mais j’ai l’espoir que par mon travail mon zèle et ma conduite irréprochable un jour viendra que j’obtiendrai la connaissance de ce myst:.

 

Cloture

 

Le Gr:. M:. frappe un coup qui est répété et dit :

GM. Chev:. G:. Prieur et Gr:. Surv:. aidez-moi à fermer le chap:. de l’aigle noir.

Il fait le signe, les chev:. Gr:. Prieur et Gr:. Surv:. lui présentent la pointe de leurs épée et les chev:. se mettent à l’ordre.

GM. Chev:. Gr:. Prieur, quelle heure est-il ?

R . L’entrée de la nuit.

GM. Chev:. Gr:. Prieur & Gr:. Surv:. reprenez vos maillets.

Le gr:. M:. frappe six coups (00 00 00) et dit :

Chev:. Gr:. Prieur et Gr:. Surv:. annoncez au Ven:. Chap:. que les trav:. sont fermés.

Ils font l’annonce et chacun se retire en saluant le Gr:. M:. .

 

 

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Dessin se trouvant dans le rituel REP du chevalier de l'Aigle noir. Mais il s'agit plutôt d'un tableau portant sur le Kadosh, donc convenant mieux pour ce rituel-ci ou le suivant. On trouve exactement le même dessin dans les archives de la bibliothèque du Grand Orient des Pays-Bas (ref 3).

Chevalier Kadosch (28e)

Suit un grade de Chevalier Kadosch (28e) dont le rituel est manquant. Dans la mesure où le grade suivant, le Grand Élu de la Vérité, est également un grade Kadosch, sans se nommer ainsi, il devient difficile de spéculer sur le contenu de celui-ci puisque cette configuration n’a pas été, semble-t-il, rencontrée ailleurs.

 

Cependant, dans le grade suivant, on explique que l’échelle est déjà connue par le candidat et la description de cette échelle n’y est d’ailleurs pas proposée, alors qu’elle l’est dans le rituel dit de Quimper [18] ou celui repris dans le livre de Naudon [19] (nous examinerons cela plus en détail lors de l'étude du grade suivant). On peut donc penser que c’est dans ce grade-ci que la description de l’échelle (ascendante) est proposée. En effet, la double échelle semble apparaître dans les années 1770.[20] Ce ne semble pas le cas ici, la seconde échelle est décrite au grade suivant.

 

D’autre part, les différentes évocations de contenu qui se trouvent dans le grade suivant, montrent que celui-ci est un grade templier Kadosch, non expurgé comme celui de Willermoz. Notons que nous trouvons dans les rituels du marquis de Gages (déposé à la BnF FM4 79) un « Grand Ellu ou le Cher Saint » qui est aussi un rituel de « Kados » (sic) reprenant l'échelle à sept échelons, mais qui, comme celui de Willermoz, a été complètement « dé-templarisé ». En fait, à peu de chose près, celui-là est semblable au rituel de Willermoz 1761. [21] 

 

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Ce tableau et sa notice font partie de la fameuse "Circulaire" de 1818.

 

Références

  1. Pierre Mollier. Contribution à l'étude du grade du Chevalier du Soleil. Renaissance Traditionnelle n° 91-2 & 93 & 94-5 & 107-8 ; 1992, 1993, 1996.

  2. Roger Dachez. Une version inconnue du grade de Maître écossais de saint-André et des grades de l'Intérieur. Renaissance Traditionnelle, n° 106, 1996.

  3. Pierre Mollier. La Chevalerie Maçonnique. Dervy, 2005, 2008, p79.

  4. Félix Rousseau. Dans le vieux Namur, autour de St Jacques. Namur, 1967.

  5. Dresdner Ritual. Abschrift aus dem Jahre 1774. Hergestellt für Br im fotoelectrischen Transverfahren. Günter Stramm, 1976. Rappelons que Dresde n'est qu'à 150 km au Nord-Ouest de Prague, et qu'une de ses Loges, Les Trois Grenades, fut à la source des discussions avec Les Trois Étoiles couronnées de Prague, en 1763-64, dont le but était l'entrée de la Loge praguoise dans la Stricte Observance. Ces discussions aboutirent finalement à l'envoi de délégués des deux Loges à Jena -à 150 km à l'Ouest de Dresde- où se trouvait George Frederik Johnson, un de ces aventuriers qui traversèrent l’histoire de la Stricte Observance.

  6. Klaus Bettag. Le rite de Zinnendorf et la Grande Loge des Francs-Maçons d'Allemagne. In Templiers et templarisme en Franc-Maçonnerie. Cahiers de Villard de Honnecour n°119, 2021.

  7. Dominique Jardin. Voyage dans les tableaux de Loge du XVIIIe siècle. In Le Rite écossais ancien et accepté, l’esprit du rite. Cahier Villard de Honnecourt n°115. 2017, pp 91-111.

  8. P. Cockshaw et R. Gillard. Les rituels du Marquis de Gages. Examen du manuscrit dans son contexte historique. In Dierkens, Le Marquis de Gages, déjà cité, pp 77-81.

  9. René Le Forestier, La Franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles. (1970). Reprint : Table d'émeraude, 1987, tome I, p 141.

  10. La circulaire date du 19 mars 1818 (j’en possède une copie, merci à B.N. de me l’avoir transmis). Celle-ci a été reprise (recopiée), ainsi que d’autres éléments intéressant ce rite, dans les « Annales Chronologiques littéraires et historiques de la Maçonnerie des Pays-Bas », tome troisième (1818-1819), pp 488-505, 1824.

  11. Pierre Mollier. Nouvelles lumières sur la Patente Morin et le Rite de Perfection. In Deux siècles de Rites Écossais Ancien Accepté en France. Éditions Dervy, 2004, pp 31-57.

  12. Le tout petit Duché de Bouillon est un territoire indépendant, revendiqué par la principauté de Liège et dans la zone d'influence de la France. Son (6e) Duc régnant était Godefroid-Charles-Henri de la Tour d'Auvergne, dont le père Charles-Godefroy (5e Duc) était l'oncle de Bonnie Prince Charlie (le prétendant Charles-Edouard Stuart) qui trouva d'ailleurs refuge, à partir de 1758, pendant quelque temps, dans le duché de Bouillon.

  13. Michel Gourdin. La Loge Saint-Charles de la Parfaite Harmonie à Bouillon au Siècle des Lumières. In De la Meuse à l'Ardenne, n°38, 2006, pp 43-66. Le diplôme est conservé au musée ducal de Bouillon, dont l'auteur de l'article est le conservateur.

  14. Non seulement ils ont eu un gouverneur de Saint-Domingue de 1766 à 1769 (le frère de Jules-Hercule-Meriadec fils) mais ce sont surtout des grands propriétaires terriens de l'île (la branche Rohan-Montbazon, c'est à dire précisément les Rohan, signataires du diplôme).

  15. Tschoudy. Tous les rituels alchimiques du Baron de Tchoudy. Éditions Arma Artis. (publié vers 1980).

  16. Claude Guerillot. La Rose maçonnique. Tome 2. Éditions Vega, 2011, pp 293-297.

  17. Pierre Mollier. Le Chevalier de l’Aigle Noir : un haut grade magique au siècle des Lumières. Franc-Maçonnerie Magazine, 2012, 6 mars.

  18. André Kervella et Philippe Lestienne. Un haut-grade templier dans les milieux jacobites en 1750 : l’Ordre Sublime des Chevaliers Elus aux sources de la Stricte Observance. In Renaissance Traditionnelle n°112, 1997.

  19. Paul Naudon. Histoire, rituels et tuileur des Hauts Grades Maçonniques. Éditions Dervy, 1993.

  20. Dominique Jardin. Rituels et tableaux de loge du grade de Kadosh. In Templiers et templarisme en Franc-Maçonnerie. Cahiers de Villard de Honnecourt n°119, 2021.

  21. Alain Bernheim. La Stricte Observance. Mai 1998. http://www.ordo-ab-chao.org/ordo/Docs/stricte-observance.pdf

 

 

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Rédigé par Christophe de Brouwer

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J
Félicitations pour cet excellent 6e article de la série sur le Rite Écossais Prmitif, <br /> Salutations fraternelles du Sri Lanka, Jacques H.
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