1959 : la rupture des relations GLdF - GOdF.

Publié le 10 Octobre 2012

L'attrait morbide de la « régularité anglaise ».

 

Pour comprendre l'attrait quasi "morbide" de la direction actuelle de la GLdF (Grande Loge de France) pour la "régularité anglaise", cela vaut la peine de (re-)lire, non seulement le "Livre blanc 1960 des Pays-Bas", mais aussi le compte-rendu du Convent de la GLdF des 19 au 21 septembre 1957, qui s'est cru au centre de l'univers maçonnique, traitant le GOdF (Grand Orient de France) avec une condescendance tout à fait étonnante, sûr de leur fait et de leur stratégie géniale, convaincu qu'ils allaient faire plier la GLUA (Grande Loge Unie d'Angleterre), avec l'aide de leurs amis américains ... rompant deux ans après avec le GOdF ... on connaît la suite !!!

 

Nous sommes en décembre 1959, soit 3 mois après la suspension des relations avec le GOdF et deux mois après la réunion de Londres, voici ce que déclarait encore le GM Richard Dupuy: "Il faut que les décisions cruelles mais indispensables, que nous avons prises soient respectées dans la dignité et la fermeté. Il faut que l'on sache, à droite comme à gauche, que la position traditionnelle initiatique et symbolique que nous avons adoptée, nous n'en démordrons pas, que nous ne nous laisserons attirer ni à droite, ni à gauche. Et je vous jure bien que nous la réaliserons cette unité française, dans le cadre de la régularité qui comporte obligatoirement le respect de la liberté de conscience et qui ouvrira à tous l'accès de la vie universelle de l'ordre, sans laquelle les frères réunis dans une loge, qui disent à un profane, en lui retirant son bandeau 'les dix millions de francs-maçons répandus sur la surface de la terre du globe viendront tirer leurs glaives pour vous défendre si vous êtes en péril', ne sont en vérité que des imposteurs." (Bulletin Intérieur, décembre 1959, GLdF, pp 29-30)

 

Heureusement au bout de ce premier calvaire, la base a désavoué le sommet, mais la GLdF y a perdu quelques plumes (en Loges et Frères).

 

Les choses seraient rentrées dans l'ordre, si le Suprême Conseil de France (SCdF), structure faîtière de la GLdF ne s'était pas, ensuite, déchiré suite à la nouvelle convention à caractère purement administratif entre le GOdF et la GLdF (1964), entraînant une petite partie des deux obédiences (GLdF et SCdF) vers la GLNF (Grande Loge Nationale de France), cette dernière connaissant aussi une scission avec la création de la GLTSO (Grande Loge Traditionnelle et Symbolique - Opera).

Notons que si Charles Riandy est souvent mis en avant de cette seconde rupture, il n'était pas seul, loin de là, par exemple Georges Hazan, ex-Grand Maître de la GLdF lors du fameux Convent de 1959, ainsi qu'Emmanuel Drapanasky, l'ont suivi.

 

En Belgique, cette rupture interne du SCdF aura des conséquences très réelles. D'une part la GLB suspendra puis rompra ses relations avec la GLdF, pour suivre le mouvement vers une reconnaissance de la GLNF, avec à la clé la reconnaissance de la GLUA qui intervient en 1965. D'autre part, la vieille loge liégeoise, la Parfaite Intelligence et l'Étoile réunie, fondatrice de la GLB, n'acceptera pas cette rupture, se constituera en loge indépendante, puis rejoindra le GOB.

 

Aujourd'hui, apparemment, on serait reparti pour un tour !?

 

En tout cas cette petite phrase, signée GLdF, en dit long sur cet attrait à la reconnaissance "anglaise" et donc à la "régularité à l'anglaise" : "Les nouvelles obédiences, nées de la scission de la GLNF qui a perdu toute reconnaissance internationale en septembre 2012, sont également invitées à prendre part à ce travail." (Communiqué annonçant la Conférence de presse calamiteuse du 15 janvier 2013).

C'est signé GLdF, et c'est affirmer clairement qu'il n'y a de reconnaissance internationale que celle octroyé par la GLUA!!! (septembre 2012, c'est la date de la décision du retrait de la reconnaissance de la GLUA envers la GLNF)

 

 

 

 

Les discours de 1957 et 59 de Richard Dupuis, GM de la GLdF à l'époque

 

Le premier discours!

 

Le premier dicours est prononcé au Convent de la GLdF de 1957. Tout va bien, la GLdF a le vent en poupe, et en pleine exaltation essaye de faire passer le GOdF sous les fourches caudines de sa "régularité".

Notons qu'à ce Convent, la GLdF s'appuie sur la maçonnerie américaine pour faire plier la GLUA (qui avait senti le danger et avait officiellement reconnu la GLNF, depuis un petit temps déjà).

 

De plus l'ambivalence du discours est manifestement déjà présent au sein de la GLdF, entre un GADLU mécaniste et un GADLU "dieu révélé". A preuve ce petit extrait: "La position négative, voire agnostique, a toujours eu des adeptes. C'est une position de paresse qui ne peut être celle d'un Maçon. Certains bons esprits disent encore : "Oui... l'existence d'un Dieu créateur est une hypothèse intéressante... Ceci est absurde car toute hypothèse, en langage scientifique, doit être ou confirmée ou remplacée par une autre - ce qui ne peut être ici le cas." (GLdF. Les Cahiers. Bulletin intérieur n°39, octobre 1956, p 54. Ce Cahier fut édité juste après les discussions non abouties de la GLdF avec la GLNF en vue de leur fusion (1955). Voir également le document "Henri Jullien".)

 

 

Le second discours!

 

Le second discours est fort triste. Les choses coincent : les GL de la Convention de Luxembourg de 1954 estiment, en 1959, que la GLdF ne répond pas aux critères, (l'échéance pour répondre aux critères était le 5 mai 1959).

 

Qu'importe, allons de l'avant !

Plusieurs réunions exploratrices visant l'union avaient eu lieu au cours de l'année 1959, avant les mois d'été, entre le GOdF, la GLNF et la GLdF, sans résultat tangible.

Le Convent du GOdF avait eu lieu les 7-11 septembre 1959. Richard Dupuy y est convié. Il est tout miel et la fleur fraternelle à la bouche. Il est y fortement applaudi.

Le convent de la GLdF suit 1 semaine après, le 17 septembre 1959. Le ton est bien différent. A ce même Convent est votée et donc décidée la suspension des relations obédientielles avec le GOdF, l'interdiction de double appartenance et d'intervisite ... interdiction qui sera peu suivie d'effet.

(Que peut-on penser d'une telle attitude à une semaine d'intervalle ?)

On peut trouver de courts extraits du discours dans le compte-rendu du Convent ici.

 

Que de tels discours pourraient encore être prononcés aujourd'hui, s'en étonnerait-on ? Quelque part, ils n'ont pas pris une ride ?!

 

 

Aujourd'hui ?

 

 

[Pour mieux comprendre ce qui suit, il est utile de nous poser la question de l' "autorité" de la direction de la GLdF ?

Sans qu'il faille prendre l'extrait suivant au pied de la lettre, il montre un comportement pyramidal de l'obédience (du même type que celui du SCdF dont elle est issue), ce qui rend le sommet relativement "autiste" à sa base et certainement à celle de sa périphérie: "... aujourd'hui quant une loge de la Grande Loge de France a envie de changer trois lignes du rituel c'est un drame, il y a un inspecteur qui vient, etc." (dans Chaîne d'Union, n°63, p 34). Ce qui en soi est peu compréhensible puisque les rituels actuels sont de fait assez éloignés de ce qui se faisait au début du XIXème!]

 

Voici un exemple étonnant de cette sorte de "continuité" depuis les événements des années 50-60.

Dans le petit "Que sais-je" concernant la Grande Loge de France (p46) édité en 2008 par un ancien GM de la GLdF, Alain Graesel : pas un mot sur ces épisodes des années 1957 et 59. Pas un mot sur la suspension des relations de son obédience avec le GOdF de 1959, mais cette petite phrase qui en dit beaucoup sur l'attrait irrésistible, quasi morbide pour la "régularité" : c'est "en 1964 cette fois, que la Grande Loge, tournant le dos à son histoire, adopta avec le Grand Orient une convention administrative ..."

Faut-il ajouter que c'est ce même GM (de 2006 à 2009) qui décida le retrait de la GLdF de la déclaration commune de 2002 des "9" obédiences françaises (sauf la GLNF) en 2005.

 

Était également symptomatique de ces rapports détériorés, le clash entre le GM de la GLdF (Alain-Noël Dubart) et le GM du GOdF (Pierre Lambicchi) lors du Convent de la GLdF du 21 juin 2009, et ce dans un climat de révisionisme historique étonnant de la GLdF. Faut-il souligner que Alain-Noël Dubart est un des artisants des discussions actuelles entre la GLdF et les 5 obédiences "régulières".

 

Ou l'interview du nouveau GM de la GLdF, Marc Henry, paru dans FM-Mag n°18 (sept 2012), évoquant la "régularité à l'anglaise" de la GLdF "Mais nous n'avons jamais eu le sentiment d'être irréguliers. Nous avons les même landmarks ...", ainsi que ses relations notamment avec le GOdF : "Quant aux liens avec les autres obédiences, il y a sans doute, peut-être un modèle innovant à trouver." Le modèle actuel n'est donc pas satisfaisant ?

Il semblerait, c'est à confirmer, quoique néanmoins cohérent, que lors de son Convent de 2012, la GLdF ait retiré la possibilité de double affiliation, pour ses membres, entre elle et les (des?) autres obédiences, officiellement du moins ?

 

Serions-nous repartis pour un tour ? Ce n'est pas entièrement certain, quoique ! L'idée poursuivie pourrait être un peu différente, prenant en compte un certain nombre d'options possibles selon évolution. C'est, me semble-t-il, ce qui ressort de la circulaire aux Loges de la GLdF du 28 novembre 2012, où le GM de la GLdF y explique : "... sont une incitation à recevoir fraternellement nos Frères en provenance de quelque obédience que ce soit, pour autant qu’ils veuillent travailler selon la Tradition et la régularité de notre Rite, et surtout pour autant que vous les reconnaissiez pour tels, car là est le critère essentiel depuis les premiers rituels de la Franc-maçonnerie naissante."

Ou cette déclaration de la conférence de presse du 15 janvier 2013, reprise du blog de Jean-Laurent: La GLdF recevra des frères d'autres obédiences non membres de la "confédération" "pour autant qu’ils pratiquent notre rite, qu’ils acceptent de travailler à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, sur les trois grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie (volume de la Loi Sacrée qui est la Bible, compas et équerre), et qu’ils passent avec succès l’examen du Tuilage"

 

C'est assez flou comme déclarations?! Mais cela ressemble à une stratégie à géométrie variable : les Loges pourraient décider (?) de recevoir ou non les membres d'autres obédiences selon leur bon vouloir (et moyennant réciprocité), et nous, obédience GLdF, nous nous en lavons les mains ! Cela permet un rapprochement avec des obédiences "régulières", surtout avec la GL-AMF issue du SCPF qui refuse les intervisites avec le GOdF, selon le bon vieux principe d'une main droite qui ignore ce que fait la main gauche !!! Et peut-être dans l'espérance lointaine de récupérer ses anciennes relations internationales? Serait-ce là le "modèle innovant" ?

 

Notons à ce sujet un avis, quelque peu prémonitoire et/ou anticipé ?, du Grand Maître du GOdF Jose Gulino lorsqu'il déclarait en mars 2013: "La Grande Loge de France et la Grande Loge Traditionnelle Symbolique-Opéra représentent une autre forme de maçonnerie. Pour ce qui est de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française et de la Grande Loge Indépendante de France, que nous accueillons dans nos locaux, si elles refusaient aux frères du Grand Orient de rentrer dans leurs propres locaux, je leur demanderais d’aller s’héberger ailleurs." (interview à "Humanisme" n°299, avril 2013, p9, repris sur le site de la Voute étoilée en date du 16 avril 2013.)

Constatant l'absence de réactions positives des GL-AMF et la GLIF (au contraire elles ont accentué leur position d'exclusion des membres notamment du GOdF -voir le protocole additif, ci-dessous-), le GOdF a appliqué ce qu'il a prévenu. Le GM Gulino a donc demandé aux Loges des la GL-AMF et la GLIF de quitter les locaux appartenant au GOdF, pour faire place aux nouvelles Loges qui se créent au sein de cette dernière, qui peinent à se loger, et ce à partir de septembre 2013.

 

On voit donc bien s'affirmer une distanciation entre la GLdF et le GOdF. Les ponts ne sont pas rompus, mais chacun sa partie. De ce point de vue, la non présence d'un officiel du GOdF au dernier Convent de la GLTSO (13 avril 2013) est quand même assez surprenante, même si la maladie en serait la cause. Quand à la GL-AMF ou la GLIF, il faut examiner la réalité du propos (on parle de locaux, non d'atelier) : cela dénote à tout le moins une indifférence quand au devenir de ces obédiences.

Toujours est-il que le GM Gulino du GOdF propose une rencontre de clarification des conventions qui lient la GLdF et la GLTSO avec le GOdF compte tenu de l'évolution des rapports entre ces obédiences. On ne saurait être plus clair: main tendue, mais à vous de voir, la situation est sérieuse, prenez en la mesure !?

 

Un premier pas vers ce grand écart a été effectivement réalisé lors de l'organisation d'une première tenue commune entre les "4", le 27 février 2013, (les "5" sont devenus "4" depuis le retrait de la LNF du 21 février 2013, à savoir GLIF, GLTSO, GL-AMF et GLdF), avec exclusion des membres des autres obédiences françaises, (sauf ceux de la GLNF?), pour ce type de réunion. La machine à exclure devrait donc se re-mettre en route, petit-à-petit, comme dans les années 1950.

 

Un second pas est réalisé par la signature du "Traité", le 14 juin 2013, mettant en place la "Confédération Maçonnique de France". Cette "Confédération" impose ses landmarcks dans son article 1. Notons que la définition du GADLU n'y est pas (encore) précisée, la laissant à l'appréciation de chaque obédience! La problématique des intervisites y est abordée de façon disparate: la GL-AMF, par un protocole additif, continue à refuser toute visite de membres d'obédiences qu'elle considère comme "irrégulière" et vice-versa; par contre la GLdF maintient actuellement les intervisites mais avec l'obligation de signature au bas d'un déclaration! (Comme les anglais avec les membres d'obédiences non reconnues durant la 1ère moitié du XXème, ou le "Tyler's Oath" ou "Serment du Tuileur" des américains pour des Frères non connus qui doivent prêter serment de croyance, le temps de la réunion !!!)

Ce qui frappe dans cet assemblage, c'est le fait que cette nouvelle Confédération n'a de réel sens qu'avec la GL-AMF. Et vraissemblablement elle y a imposé son point de vue. A court terme, manifestement elle sort vainqueur des luttes d'influences internes, car, sans rien lâcher de ses relations au sein de la nouvelle Confédération, elle reste fermement liée au SCPF, qui vient également de créer une Confédération des Suprêmes Conseils européens réguliers (quelque part c'est aussi une machine anti-SCdF), lui gardant une certaine ouverture internationationale vers les "réguliers à l'anglaise", ouverture qu'elle se garde de façon exclusive. Cependant, à moyen ou long terme, les questions qui fâchent demeurent.

 

Ce qui est très surprenant aussi, c'est la tiédeur de l'accueil fait à ce montage. Par exemple le groupe Facebook "Franc-maçonnerie", d'origine GLdF, n'a recueilli, 15 jours après, que 21 "j'aime" sur l'annonce du "Traité" alors que le groupe compte plus de 2000 inscrits! Par contre, les très nombreux commentaires avaient plutôt une allure critique, sinon crispée ? (Indicatif ? En tout cas interpellant!)

 

Nouvel épisode, un peu glauque faut-il le dire, c'est le communiqué "à toutes les Grandes Loges en amitié" du 10 juillet 2013, signé par la bande des "5" européennes (c'est une histoire de "bande", car ils agissent de concert par exclusion de ceux qui leur sont les plus proches, sous le prétexte d'inclure d'autres pour autant que ceux-là excluent, ticket d'entrée dans la bande!). "Glauque" parce qu'il s'agit d'un communiqué justificiatif, d'abord à l'adresse des autres Grandes Loges "régulières à l'anglaise" réunies à Genève les 27 et 28 juin, et qui commencent à réellement se poser des questions quant à pertinence, sinon l'honnêteté, de la démarche des "5". "Glauque" parce que la ligne est tout, sauf fraternelle. Nous avions commencé avec l'appel de Bâle du 10 juin 2012 qui, constatant une situation de faillite de la GLNF, entendait en profiter pour remettre en selle l'attrait quasi morbide de la GLdF pour la régularité à l'anglaise, avec de surcroît un appel à peine voilé aux membres de la GLNF de la quitter (!!!). Cet appel fut suivi d'un communiqué d'étape insignifiant du 12 septembre 2012. Enfin, nous avons ici, pour la première fois, une charge réellement "méchante" contre la GLNF, laquelle est en train de reprendre des couleurs -"in progress", le reste étant de belles déclarations sans portée réelle.

 

 

  • Appel de Bâle du 10 juin 2012 des "5".

    1. Comme suite à leur déclaration de Londres du 17 décembre 2011, les cinq Grandes Loges ont entrepris, chacune selon ses statuts, constitution et règlements, le processus en vue du retrait de reconnaissance de la Grande Loge Nationale Française. Elles regrettent à avoir à officialiser à présent ce retrait qui devient effectif à partir de ce jour.

    2. Dans ce contexte, elles se doivent de relever avec fermeté que leur décision est basée sur le fait que la Grande Loge Nationale Française, sous l'autorité de la présente gouvernance, se trouve en dérive irrémédiable. En effet, la crise sans fin qui la traverse démontre une méconnaissance impardonnable des principes maçonniques et landmarks tandis que les processus de vote ainsi que la composition des collèges électoraux la privent définitivement de toute légitimité, maçonnique ou autre. La récente scission intervenue en son sein, loin de résoudre ses problèmes, ne fait quant à elle, que souligner son état de déliquescence.

    [...]

    5. Ceci étant, les cinq Grandes Loges réaffirment leur détermination de ne pas abandonner les très nombreux frères de la Grande Loge Nationale Française ou issus de celle-ci qui désirent continuer à pratiquer une maçonnerie de Tradition dans un cadre d’une organisation reconnue et intégrée dans la chaîne universelle régulière.

  •  

  • Communiqué du 10 Juillet 2013 des "5":

    Les cinq Grandes Loges rappellent par ailleurs que leur appel de Bâle s'adresse à tous ceux qui souhaitent s'inscrire dans une Maçonnerie Régulière de Tradition et, nonobstant leur retrait de reconnaissance, donc à la Grande Loge Nationale Française aussi. Elles estiment néanmoins qu’il appartient à celle-ci de prendre conscience au préalable des causes réelles et profondes de sa crise intérieure et dont certaines relèvent à leur sens d’une longue dérive qui ne peut s’expliquer par les excès d’un seul. Elles considèrent en effet que le retour au calme et l’apaisement intérieur qui se seraient installés au sein de la Grande Loge Nationale Française n’opéreront pas à eux seuls sa rénovation effective et durable, mais que des actes concrets s’attaquant aux causes véritables de sa récente tourmente devront suivre.

  •  

    Nième communiqué de la "bande des 5", ce 29 janvier 2014. La mise au point de Derek Dinsmore a produit ses effets. Le lâchage de la GLdF était au menu et pour le reste, une fin peu glorieuse de la RPMF, pourtant ouverte avec tambours et trompettes (mais avec une dernière tentative de déstabilisation de la GLNF via le SCPF). Comme quoi il ne faut jamais vendre la peau de l'ours (GLNF) avant de l'avoir tué et il ne faut pas s'ingérer dans les pays d'autrui. Que dire de plus, les obédience adogmatiques en sortent renforcées, car elles sont restées parfaitement stables et clairvoyantes, et c'est tant mieux. Elles peuvent bâtir. Laissons les "réguliers à l'anglaise" à leur démon de l'exclusion d'autrui.

     

    J'avais écrit "fin" un peu vite, les péripéties peu glorieuses se poursuivent ici, ici et ici :(

     

    Il faut donc prendre très au sérieux les accusations de guerre de personne, plus que de guerre d'obédience, contenue dans l'article paru sur le blog du Myosotis Dauphiné. A contrario, on peut penser que lorsque les Grandes Commissions des GL Alpina et Régulière de Belgique changeront, leur politique s'infléchira.

     

     

    Irions-nous, immanquablement si cela se confirmait sur le terrain et si cela devait durer dans le temps, en fait vers une nouvelle rupture GOdF-GLdF ? C'est, en tout cas, un jeu dangereux.

     

    Effectivement, ce sont bien les intervisites qui sont une pierre d'achoppement majeure, cela fait l'unanimité des commentateurs ...

     

    En effet, sur le plan des principes qui régissent les rapports entre obédiences, c'est relativement inacceptable : il y a eu un exemple de ce type, mutatis muntandis, en 1960, qui a conduit en très peu de temps vers la rupture interne. C'est lorsque le Suprême Conseil de Belgique a décidé de ne recevoir que les frères de certaines loges bleues du GOB à l'exclusion d'autres : très rapidement la majorité des Chapitres et Aéropages ont fait sécession, créant une nouvelle obédience de hauts-grades dès 1961.

    ... Et laissant ce Suprême Conseil, comme l'a joliment dit Corneloup, tel un état-major sans troupe !

     

     

    1ère partie : les données, suite.

    L'article suivant.

    L'article précédent.

    Où l'on voit que la GLdF "tournait le dos à son histoire" (selon Graesel) déjà en 1949 !!!

    Où l'on voit que la GLdF "tournait le dos à son histoire" (selon Graesel) déjà en 1949 !!!

    Rédigé par

    Commenter cet article

    Anne 02/05/2013 07:30

    Rapidement, le DH accepte la double affiliation pour les sœurs avec la GLFF, avec réciprocité, et t avec le GODF

    Christophe 11/04/2013 09:41

    Dans l'article "les franc-maçonnes sur les chemins de la liberté" de Cécile Revauger paru dans "Chaine d'Union" n°64 d'avril 2013, il y est dit que le DH n'accepte pas encore la double affiliation pour les femmes, alors qu'il l'accepte pour les hommes.

    Christophe 27/03/2013 08:39

    Merci pour l'info.

    Je connais moins bien la situation en France. En Belgique, la possibilité est très large entre obédiences (GOB, GLB, DH, Lithos, Memphis-Misraïm, GLFB). Avec l'obédience régulière (GLRB), elle n'est pas possible, mais ... les cas sont nombreux!

    Pour la France, le GOdF accepte les doubles affiliations, le DH aussi. La GLFF n'accepte toujours pas, à ma connaissance, la double affiliation. Pour la GLMF, la situation était plus confuse, je ne sais pas si elle a évolué. Et pour la GLNF, ce n'est pas possible. Et puis il y a la réalité de terrain ... je pense qu'il y a beaucoup d'exception là aussi !

    Ma connaissance est donc bien incomplète à ce sujet pour la France ... il faut la compléter, merci!

    Claude-Roger 26/03/2013 18:59

    Une des premières mesures insidieuses prise par la GLDF, c'est d'interdire la double appartenance de ses membres avec une autre puissance maçonnique, y compris celles considérées comme amies jusqu'alors. (décision du convent de juin 2012). Qu'en est-il pour les autres obédiences entre elles, cette interdiction est-elle également en vigueur ?

    Christophe 18/02/2013 20:44

    Je rejoins votre analyse. Il me semble qu'un moyen de résister à cette triste perspective est d'en parler.

    Lacavire 18/02/2013 19:16

    Une analyse pertinente et hélas dramatique. Le problème de la GLDF vient en réalité de son dispositif unique de hauts grades - qui n'est pas démocratique- et qui en réalité dirige implicitement les loges bleues. Si d'aventure ce projet de radicalisation allait au bout, il existe un risque d'éclatement entre la base et les hauts grades.