Le cheval de Troie

Publié le 12 Novembre 2012

 

Le document pré-Convent de juin 2014 (circulaire n°35) produit par la GLdF le 7 mai 2014 est surprenant à plus d'un titre.

 

 

A sa première lecture, il donne l'impression de vide : cela semble peu construit et volontairement confus.

 

 

Est-ce une rupture sans le dire, puisqu'il n'y aurait rien à dire? Ou une non rupture dans la rupture puisqu'il n'y aurait rien à déchirer, passer muscade, rien à voir ...

Rester à tout prix dans l'ambiguïté.

La première proposition (ci-dessous) soumise au Convent donne une impression forte d'absurdité, entre les déclamations lénifiantes du long préambule et la position de la bande des "5" continentales  au niveau de l'appel de Bâle qui est et reste (apparement) sans ambiguïté, elle!  Pour ce qui est du souhait d'un pôle "traditionnel" fort, l'écart est évident avec la réalité qui ressemble surtout à un sauf-qui-peut ... 

 

Voici cette première proposition:

 

"Donne mandat au TRGM

 
  • de poursuivre la constitution en France d'un pôle maçonnique Traditionnel, Initiatique et Humaniste,

  • d'engager sans délai les démarches nécessaires à l'établissement de liens avec les cinq obédiences européennes singataires de la Déclaration de Bâle."

 

Telle quelle, cette proposition nous apparait très claire compte tenu de sa référence à l'appel de Bâle! Rupture avec le GOdF et les autres maçonneries "libérales". Mais placée dans le melting pot des explications et des questions-réponses qui précèdent cette proposition, cela ne veut plus rien dire, sinon offrir sa signature en bas d'un document vierge que la direction de la GLdF remplira selon ses humeurs et sans le moins du monde devoir rendre compte.

 

 

[ Les analyses de la "Maçonne" et ici, ainsi que de "Sous la Voute étoilée" et ici et ici et ici sont de qualité. ]

 

Et c'est bien ce qui se passe, lorsqu'on analyse le courrier-proposition de modifications des statuts du 10-7-2014, n°351. A lire l'excellente analyse de Gerard Contremoulin (même ref.). L'attachement à une situation harmonieuse avec les obédiences libérales est balayée devant l'attrait irrésistible vers une "reconnaissance" GLUA. Il faut donc avancer dans l'exclusion, c'est à dire limiter les droit d'intervisites avec les Loges "libérales": Propositions de modifications des statuts de la GLdF "La Grande Loge de France et ses Loges respectent les Principes Fondamentaux de la Franc-Maçonnerie Universelle. La Grande Loge de France n’entretient de relations, dans un cadre initiatique et rituélique, qu’avec des Obédiences respectant ces mêmes Principes. Les Frères de la Grande Loge de France s’engagent à respecter ces principes pour toutes les Tenues initiatiques auxquelles ils participent."

 

On va droit à un malentendu volontairement entretenu comme celui réalisé par la GLB qui fut une des causes de la scission interne en 1979 et la création de la GLRB. En effet, selon Ernest Duys (ayant eu de nombreuses responsabilités au sein de la GLB, contemporain des événements, c'est donc un observateur/acteur de premier ordre), une différence nette avait été introduite entre:

  • la déclaration officielle d'un GADLU=Dieu
  • et des Constitutions "internes", restées discrètes ("cachée" selon les termes de Ernest Duys), avec un GADLU uniquement symbole libre d'interprétation.

 

Cela avait été mis en place pour contenter à la fois la GLUA et les membres de l'Obédience GLB. ("La véritée cachée concernant la reconnaissance de la GLB." In "La Lumière (ne) luit (pas toujours) dans les ténèbres ...", Ernst Duys, Trigonum Coronatum, hors série, 2008, pp 56-93)

 

 

Le blog du Myosotis Dauphiné-Savoie ne s'y trompe pas non plus, et surfe allègrement sur ce brouillard qui trompe seulement ceux qui veulent être trompé (et beaucoup préfèrent une tromperie qui rassure qu'une vérité qui dérange et ainsi on peut y trouver aisément ce que l'on cherche ...).

Il a raison en parlant de coup de griffe et rancœur maladroits vis à vis de la GLTSO et de la LNF. Il relève avec beaucoup de pertinence la relégation du GADLU aux accessoires symboliques, c'est assez stupéfiant. Bref, le rêve s'est évanoui, mais cachons-le! Bonne analyse également.

 

 

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Entre-temps, notre ami Koch a publié, le 7 juin 2014, 2 documents importants qui éclairent singulièrement le débat. Ils datent respectivement du 25 mars (SCdF) et du 17 avril (GLdF) en réponse à l'injonction de la première.

En effet, le SCdF a récemment modifié ses règlements généraux, interdisant à ses membres la fréquentation d'ateliers "irréguliers" (tel que libellé, il s'agit tout autant d'ateliers symboliques que de hauts-grades), belle ingérence dans l'obédience symbolique GLdF, apparement une tentative (?) en retard d'une guerre d'atteindre le saint-graal: nous sommes face à un remake, quasi point par point de 1959.

Mais c'est aussi une sorte d'allignement sur le SCPF. Pourquoi?

Remettons ces deux documents, antérieurs à la circulaire 35, en perspective, et les choses s'éclairent beaucoup mieux. Ajoutons dans cette perspective diachronique les mouvements crispés de quelques loges (voir plus bas), cela reste logique. Plaçons la sortie anti-Contremoulin (Sous la Voute Étoilée) de Trebuchet dont la préface du dernier livre est signée par Collin SGC du SCdF, ainsi que celle de Graesel, un ennemi acharné du GOdF (il suffit de lire ses nombreux posts et articles), qui se situe dans la même perspective.

On perçoit ainsi beaucoup mieux l'existence de lignes de fracture au sein de la GLdF.

Gageons que cette circulaire est connue de nos amis anglais, car elle serait faite aussi pour eux (c'est l'écran de fumée), mais elle aura eu l'effet inverse que celui souhaité.
La GLUA, plus encore que le GOdF, n'admet aucune interférence des hauts-grades dans son fonctionnement et celui de ses ateliers. Et quand c'est aucune, c'est vraiment aucune: pas le moindre soupçon. Ceci a dû certainement faire partie des documents qui ont précipité la décision anglaise de re-reconnaissance de la GLNF, prévue ce 11 juin, qui n'est attachée à aucun fil de type Suprême Conseil (c'est le paradoxe, grâce à FS!).

 

Un autre élément, le réel cette fois, ne doit pas être sous-estimé. Il y a une probable anticipation sur la reconnaissance de la GLNF. En effet, cette reconnaissance place le SCPF dans une position de plus en plus improbable.

Il est de notoriété publique que les deux SC ne s'entendent pas. Dans la perspective de la reconnaissance par la GLUA de la GLNF, le système des hauts-grades suivra inéluctablement. Cela prendra du temps, mais cela se fera. Et dès lors soit la SCPF se rapproche de la GLNF et devra rompre avec la GL-AMF, soit ne le fait pas et perd ses reconnaissances.

La sagesse voudrait, compte tenu de ceci, que le SCPF se sépare en deux: une partie vers la GLNF emmenant avec elle la Confédération des Suprêmes Conseils, & l'autre fusionne avec le SCdF. Ce serait trop beau pour être vrai !!!

 

 

Le nouveau communiqué, isolé, du nouveau GM de la GLRB, du 16 juin 2014 (en attaché), au lendemain du congrès de la GL-AMF (hasard?), appuyant la CMF, sans y mettre le bout de son pied, entretient ces ambiguïtés. Ceci est probablement lié aux relations existantes entre le SCPF_GL-AMF et le SCdB_GLRB, et sans doute aussi entre la GL-AMF et la GLRB.

 

Nous savons qu'un nombre certain de membre de la GLNF l'ont quitté pour se faire membre de la GLRB. La vraie question est : Combien de ces transfuges nouveaux membres GLRB sont également membres de la GL-AMF? Posez cette question iconoclaste, c'est probablement apporter une réponse à la récente mise au point de la GLRB sur l'interdiction maintenue des intervisites avec la GLNF ... sans un mot sur la GL-AMF (il n'y a pas de raison de le faire, elle n'est pas reconnue par la GLUA!). Incroyable non?

(Alors que nous apprenons dans les faits -et c'est cela qui est normal- que des dignitaires de la GLRB vont en visite es qualité à la GLNF ... ceci explique sans doute cela.) 

 

En tout état de cause, le SCdF se met à l’affût pour récolter à tout le moins les débris et, quitte à ne pas être reconnu "régulier à l'anglaise", prendre la place auprès de la GL-AMF, à la faveur, soit d'une fusion, d'une disparition ou d'un déplacement vers la GLNF, du SCPF.
D'une certaine manière, c'est un peu ce qu'a essayé le GLdF lors de la désintégration partielle de la GLNF au niveau des loges bleues.
Il n'est pas sûr que cette stratégie ne provoquera pas finalement en son propre sein une nouvelle rupture ...

 


Car la tendance "libérale" est bien présente au sein de la GLdF et semble totalement écartée, oubliée, méprisée ?


Ceci permet de mieux mesurer le gouffre d'arrogance qui sépare un quarteron de "vieillards(?)" 33ème qui dirige le SCdF et qui maintient ce cable entre la GLdF et son SC (comme le regrettait amèrement Lantoine, et nos amis anglais).

Ceci replace correctement les sorties Graesel/Trebuchet qui jettent de l'huile sur le feu pour imposer la ligne SCdF: car nous devons à présent parler d'une ligne (de fracture?) SCdF au sein de la GLdF qui va traverser ce Convent qui approche. Et le grand écart de Marc Henri dans sa circulaire n'en est qu'une expression.

Véritablement, Koch nous a offert deux documents importants. Merci.

 

 

Le Convent de la GLdF a eu lieu les 13-15 juin 2014 et le blog de la "Maçonne" nous livre une fort belle analyse, merci."

 

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Cette circulaire n°35 pré-Convent est donc un bien triste document qui suinte la grisaille. Où va-t-on? La dispute picrocholine autour de l'IMF (Institut Maçonnique de France)  et de la foire aux livres maçonniques montre que cela vole en rase-mottes ces derniers temps !  Nervosité églement dans cette motion d'une loge demandant le retrait de son obédience GLdF de la CMF ou ce courrier du 15 mai 2014 de Lyon repris sur le site de la Voute Étoilée. Nervosité face à des rapports humains internes qui sont pris, à tort ou à raison, pour des pressions intolérables à voter selon le souhait des "chefs". Nervosité toujours présente après le Convent et l'analyse qui est faite.

 

 

Beaucoup plus intéressant se trouve dans l'évolution de la relation GL-AMF - GLdF. Quel avenir pour cette dernière si elle reste dans l'enquistement de la CMF ?

 

Je pense qu'elle a compris que la question existentielle commence à se poser pour elle face à sa loge-mère (la GLNF) qui avance à grand pas vers son rétablissement complet dans la « régularité à l'anglaise ». Elle s'y ré-installe aujourd'hui comme si rien ne s'était passé, une éclipse en somme: ce qui se passe à Bucarest (World Conference of Grand Lodges) en ce mois de mai 2014, où la GLNF est non seulement présente, mais choisie pour faire partie du Comité exécutif pour représenter le continent européen, est très significatif. La GL-AMF n'a pas réussi à contrer la reconstruction internationale de la seconde, qui se réalise avec une vigueur que personne, il y a un an, n'aurait soupçonné, alors qu'elle-même fait du surplace dans une CMF qui perd son attractivité. La récente convention avec le GOdF et son article sur les intervisites pour le moins étonnant (maladroit? non!) montre que la GL-AMF commence à sortir du bois, d'autant que le SCPF va de plus en plus mal. Des évolutions significatives sont à attendre de ce côté là.

 

 

Essayons de raisonner à tête reposée.

 

Ce document, brouillard qui se veut intelligent, est lourd du point de vue de la GL-AMF. Lisez-le avec des yeux de "réguliers à l'anglaise" qui veulent le redevenir !!!

 

Le retrait de la GLTSO est également lourd de signification pour la GL-AMF car c'est l'Obédience dont elle est naturellement proche et avec laquelle elle partage des valeurs identiques (croyance en Dieu, etc.), outre une origine commune. Merci à la GLdF d'avoir remis la GLTSO pleinement dans le courant des maçonneries libérales.

 

Merci au prédécesseur de Keller d'avoir mis en tension le problème des locaux pour la GL-AMF. Ceci explique en partie la convention d'aujourd'hui GOdF-GLAMF: Keller recueille les fruits des graines semées par son prédécesseur.

 

Enfin, manifestement la relation de la GL-AMF avec la GLdF est devenue toxique pour elle, à partir de maintenant.

 

Et donc pour la GL-AMF, quelle sortie (en ce compris pour le SCPF) ?

Elle n'en a, raisonnablement que deux:

  • soit se rapprocher de la GLTSO, et pour cela elle doit se rapprocher du GOdF, ce qu'elle fait.

  • soit se rapprocher de la GLNF, plus difficile, mais plus prometteur.

 

Gageons que les discussions sont en cours vers ces deux côtés, et que la GL-AMF gardera ces deux fers au feu le plus longtemps possible, dans la discrétion, pour pouvoir dégager le meilleure solution pour elle.

 

 

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Les événements étant annoncés, ils se sont réalisés, les trois Grandes Loges britanniques viennent de reconnaître à nouveau la GLNF (respectivement les 5, 11, 12 juin). Chacun est donc face à ses responsabilités: GLdF, GL-AMF et les 5 GL continentales.

 

La fuite en avant des dirigeants de la GLdF semble donc le choix de ceux-ci (voir plus haut, la lettre_proposition de modifications des statuts du 10-7-2014, N°351), malgré les appels à l'appaisement proposés par de nombreux délégués du Convent de cette Obédience.

 

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Mon encre n'a pas eu le temps de sécher, que voici un nouveau développement qui va accélérer la fuite en avant des dirigeants de la GLdF. La déclaration de Berlin (!!!) de la bande des 5 continentales du 23 juillet 2014. Elle ne change rien sur le fond, mais, faute de pouvoir contourner la GLNF, la bande des 5 se dévoile et confirme de façon évidente son ingérence dans l'espace maçonnique français: "Les Grandes Loges signataires, suite à d'intenses discussions avec la direction de la GLNF, comprennent que les traces laissées par la crise prendront du temps à s'effacer." Ou: Elles considèrent à présent le paysage maçonnique français comme étant de facto un territoire "à partager" par toutes les parties concernées. (GLNF et CMF)

 

 

Bien à propos, le blog du Myosotis Dauphiné Savoie nous rappelle une autre "déclaration" de Berlin du 28-7-2012 (aaah les vacances!) par les "5", soit un mois après l' appel de Bâle : "Against this background, any attempt of foreign Grand Lodges to set up French districts of their own would be extremely unhelpful. Based on the erroneous concept that France is now an "open territory", such moves would be totally unacceptable as it would imply a violation of intemationally accepted Masonic rules. In case these rules should indeed be so violated by a foreign Grand Lodge, the five undersigned Grand Lodges would not hesitate to take all necessary measures". (" Dans ce contexte, toute tentative d'une Grande Loge étrangère d'y implanter son propre district français serait particulièrement inefficace. Basés sur le concept erroné que la France est maintenant un "territoire ouvert", de tels mouvements seraient totalement inacceptables car ils impliqueraient une violation des règles maçonniques internationalement acceptées. Dans le cas où ces règles seraient quand même violées par une Grande Loge étrangère, les cinq sous-signées Grandes Loges n'hésiteraient pas à prendre les mesures nécessaires.")

Cela ne manque pas de sel !

 

La fuite en avant, l'aveuglement et les egos sont en ordre de bataille. La RPME n'en finit pas, car la RPMF, elle, est bel et bien terminée, les positions se sont figées en tout état de cause. La réponse chèvre-choutiste du 25 juillet 2014 des représentants de la CMF montre seulement que le "malentendu volontaire" exposé dans un paragraphe précédent est en marche, et certainement pour la GLdF.

 

Tout cela va laisser de profondes blessures dans la "maçonnerie régulière à l'anglaise continentale".

 

 

La réponse du 29 juillet de la GLNF est conforme à ce qui est dit et à ce qu'on en attendait. Pas d'ingérence. Pour ce qui est de l'ouverture du territoire, elle fait remarquer les risques (en forme de boomerang) qu'une telle position ferait prendre aux maçonneries "régulières à l'anglaise" de s'engager dans cette voie, tant cette problématique est délicate à manier. Le développement qui s'en suit est fort intéressant. Nous y trouvons aussi affirmation que ce sont les Obédiences qui doivent s'adapter aux Landmarcks de la "régularité à l'angaise" et pas l'inverse. C'est une vieille affirmation. La réalité est un peu différente. L'interprétation a en fait toujours existé, mais seulement là où l'Obédience n'était pas mise en concurrence. Au niveau des commentaires de l'excellente analyse de cette réponse par Gerard Contremoulin sur le blog de "La Voute Étoilée", le commentaire de Michel Singer est clair: "la messe est dite". Oui, mais depuis fort longtemps!

 

A lire également les analyses de "Sous la Voute étoilée" et de la "Maçonne". Cette dernière met le doigt sur des différences et pour tout dire les contre-vérités entre l'appel de Bâle et la déclaration de Berlin, qui ne manquent également pas de piquant, et démontrent l'amateurisme, mais aussi quelque part la suffisance des signataires.

 

 

La question s'est dès lors déplacée: comme je le dis et l'écris depuis fort longtemps la RPMF se double d'une RPME. La partie française se termine progressivement dans la confusion de ceux qui l'ont suscitée, et la nervosité que l'on perçoit au sein de la GLdF en est une illustration.

L'entretien accordé par l'ancien double GM Barras de la GLdF, un poids lourd de cette obédience, au journaliste Koch, publié le 14 octobre 2014, met en lumière cette ligne de fracture qui était devenue visible depuis peu au sein de la GLdF (voir plus haut) et qui manifestement se creuse. Quelle sera la réponse de la direction actuelle de la GLdF : un avertissement bienvenu, silence sur toute la ligne ou fuite en avant ? Ce sera probablement déterminant pour l'avenir de cette obédience.

 

La réponse semble être contenue dans les menaces de radiation de la loge bretonne Ar-Vreur de la GLdF qui a émis une opinion contraire à la ligne défendue par la direction de la GLdF. La descente disciplinaire des officiels ad-hoc de l'obédience dans cette loge se fera le 27 octobre 2014. Cela pourrait être déclencheur d'une réaction plus large, difficile de le dire. Ceci dit, la loge est restée "en place", ce qui constitue en soi une bonne nouvelle. Tout aussi inquiétant est la reconnaissance par Marc Henri, le GM de la GLdF, au journaliste Koch, le 24 octobre 2014, que la décision de réaliser, par son obédience, un salon du livre concurent au Salon du livre "officiel" une semaine après celui-ci, a été dictée par des considérations d'inimité personnelle envers Roger Dachez. Stupéfiant et lamentable. Rappelons-le, il s'agit d'une manifestation inter-obédiencielle et les disputes personnelles ne devraient y avoir strictement aucune place. Tout cela n'augure pas d'un avenir raisonnable.

 

 

Je suis heureux que l'aspect international soit soulevé par Roger Dachez, cependant toujours surtout d'un point de vue français: il faut véritablement faire l'effort de sortir de ce carcan de réflexion et prendre un point de vue d'au-delà l'hexagone, pour éventuellement y revenir. La question est: pourquoi 5 Grandes Loges modestes "régulières à l'anglaise" se sont lancées dans cette aventure?

 

Le deuxième problème sera la manière dont la bande des 5 va reconnaître la GLNF car les dissensions au sein de celle-ci sont nettes si l'on compare le communiqué du GM de la GLRB du 16 juin 2014 (en attaché ci-dessous) par rapport à la déclaration de Berlin de juillet regroupant les 5 GM (de la bande des "5"): "Les signataires croient que la GLNF [...] devraient en conséquence être à nouveau reconnue."

Cette proposition de re-reconnaissance n'est absolument pas évoquée dans ce communiqué isolé du GM de la GLRB du 16 juin, au contraire: "Il convient de rappeler que les décisions en matière de reconnaissance sont prises en toute indépendance par chaque Grande Loge en vertu du principe de souveraineté. La décision des Grandes Loges britanniques prise ce 12 juin n’engage donc qu’elles-mêmes et n’est qu’une composante du processus de recomposition du paysage maçonnique français."!!!

Ou encore toujours pour la GLRB, le "Key Facts #1 de juin 2014" (fin juin, voir plus haut, et en attaché) avec l'interdiction renouvellée d'intervisite avec la GLNF, malgré la re-reconnaissance par les Trois des Iles britanniques.

Cette juxtaposition de textes démontrent à l'évidence les tensions internes à la bande des "5".

Notons qu'il s'agit de signataires, ceux-ci n'engagent pas leurs obédiences respectives!

 

Complémentairement, si re-reconnaissance il y a (et pourquoi pas!), sera-t-elle réciproque? La GLNF, obédience nettement plus importante que les 5 réunies, reconnaîtra-t-elle à son tour les "5", ou certaines des "5" ? D'autant que le chancelier de la GLUA Derek Dismore a clairement spécifié que rien ne se ferait sans la GLNF (d'où les "intenses discussions" entre les "5" et la GLNF, nous affirme la déclaration de Berlin, sans succès faut-il le préciser).

J'ai l'impression que les "5" se mettent dans une impasse face aux autres obédiences "régulière à l'anglaise", en ce compris la GLNF, en déclarant que le "paysage maçonnique français est de facto un territoire à partager" !

[Alors que la GLUA avait déclaré de façon constante que le territoire français n'était pas ouvert : "La France reste un territoire fermé et notre Grande Loge ne verrait pas d'un oeil bienveillant qu'une autre Grande Loge essaye de s'installer dans le territoire français par la création de Loges ou par reconnaissance de Loges existantes." ]

 

Lorsqu'on examine les différentes publications de "Masonic Times" (soit son blog, soit sa page Facebook), la réhabilitation de la GLNF a été suivie pas à pas, ce qui démontre le choc de la suspension de cette Obédience dans le monde "régulier à l'anglaise", on y lit aussi l'élection de Keller à la tête du GOdF, mais pas un mot sur la bande des "5", sauf une annonce factuelle en juin 2012 concernant l'appel de Bâle, ensuite plus rien, ni sur la GLdF ou la GL-AMF. Pour la CMF, seulement 1 article du 7 janvier 2013, dont le titre résume parfaitement la situation d'aujourd'hui :"A French Masonic Confederation to reestablish French Masonic status in Europe and not to obtain UGLE's recognition?!" ... Interpellant le "?!", non!?

 

Reste une véritable inconnue, que le document de la GLdF soulève, ainsi que les documents suivants.

Quid de la réelle position des "5 continentales" qui se sont engagées. Cette position est bien plus complexe qu'il n'y paraît tant les mouvements "libéraux" (centrifuges) au sein de deux d'entre elles au moins sont profonds. Que va-t-il se passer au niveau d'Alpina et des Grandes Loges Unies d'Allemagne. Elles furent déjà rétives lors des événements de 1959-60. Les menaces et suspensions de la GLUA en vinrent à bout. Mais cela laisse des traces. Il y a des relations couvertes fortes et anciennes entre membres (loges) de ces obédiences et membres (loges) d'obédiences libérales (je ne suis certes pas le seul à le dire) et pas seulement avec une GLdF instrumentalisée qui leur est apparu comme un cheval de Troie possible dans la maçonnerie "régulière à l'anglaise".

 

Et dès lors, ce faisant, ces dirigeants mettent aujourd'hui en danger leurs propres obédiences, comme le fit naguère Davidson pour le GOdPB (voir la Conférence d'octobre 1958 à Bruxelles, le livre blanc du GOdPB et la lettre de démission de Davidson).

 

Pour moi, là se situe l'enjeu maçonnique des mois qui se présentent, car, comme ce fut déclaré de façon constante, pour ce qui concerne la "régularité à l'anglaise" et la "reconnaissance" qui s'y rattache, et les pages de ce blog fourmillent d'exemple, rien ne se fera en France sans la GLNF. La réponse du mois d'août 2014 des GL britanniques à la "déclaration de Berlin du 23 juillet 2014" est absolument sans équivoque à cet égard.

 

 

 

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En piste !

Epoque mycéenne.

Epoque mycéenne.

2 documents de la GLRB concernant la re-reconnaissance de la GLNF.

Rédigé par Christophe

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